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vendredi 5 août 2022

Et maintenant chantons !


Peut-on dire que vous êtes arrivé lorsqu'un de vos tubes est repris par un groupe surf rock de Nashville ? En 1968, la réponse est : absolument ! Et ce sont d'ailleurs les appropriation de "Alfie" à partir de la fin des années 60 qui vont assurer à la composition de Burt Bacharach sa postérité et son statut de "standard". 

Car si nous observons la carrière de la chanson de la semaine une fois passée l'hystérie des années 1966-1968 et que nous prenons en compte des critères d'évaluation clairs et objectifs, nous obtenons : chanté par Barbra Streisand : check !, entonné comme on le ferait lors d'un office du dimanche à Harlem : check !, repris en bossa nova : check ! Détourné en mélopée des îles : check ! Aucun doute possible : "Alfie" est bien devenu un classique et ce, en à peine 5 ans. 


Nous vous laisserons découvrir les interprétations récentes de "Alfie" qui pullulent, et à l'occasion vous pourrez nous dire ce que vous pensez de celle de Joss Stone qui officia lors du remake du film avec cette fois Jude Law dans le rôle de Michael Caine en 2004. 

Même Lara Fabian s'est laissée séduire, de même que Olivia Newton John ou Alisson Moyet (comment va-t-elle ?). Nous avons une certaine affection pour la cover de Randy Crawford, qui a la gentillesse de nous épargner les violons mais c'est bien parce que c'est Randy et qu'on lui pardonne tout. 


En fait, il ne vous reste plus qu'à vous précipiter sur tous, ou presque, ce que nous avons pu écouter depuis lundi et l'inflation étant ce qu'elle est, ce sont 17 perles qui s'offrent à vous. De quoi satisfaire même l'oreille la plus monomaniaque. 









Et nous savons que vous savez comment faire :) 

jeudi 4 août 2022

Et maintenant chantons !


Généralement, lorsqu'arrive jeudi et le 4e épisode de nos sagas musicales, nous partons faire un petit tour du monde et aujourd'hui, c'est principalement au Québec que nous allons poser nos valises puisque la Belle Province est incontestablement le lieu où le plus d'"Alfie" virent le jour, avec parfois des paroles différentes mais toujours la même émotion, y compris lorsque le titre fut enregistré par Michèle Richard. 

Pas de méprise, nous n'avons rien contre Michèle, elle a même quelque fois été mise à l'honneur sur ces pages. Mais nous comprenons que son côté "Panzer division" peut parfois freiner les oreilles délicates. 

En tout cas, à 76 ans, elle est toujours parmi nous, ainsi que Nanette Workman, également 76. Raymond Berthiaume, que nous aimons beaucoup, nous a malheureusement quitté en 2009, rendant orphelins tous les amoureux du Sinatra de Laval (l'autre Laval, pas le chef-lieu de Mayenne). 


Savez-vous que lorsqu'il faut encore chaud mais que la soirée déjà s'annonce, nous aimons déguster un verre d'Aquavit frappé sur notre terrasse en écoutant Sylvia Vrethammar dans le texte ? En tout cas, maintenant vous le savez et pensez que notre suavitude n'a pas de frontière. C'est vrai. La variété suédoise notamment est un monde que nous devons encore explorer mais entre Sylvia et Monica entendue hier, voilà l'assurance de grands bonheurs musicaux. Et si Monica nous a quitté en 2005, Sylvia est toujours bon pied bon oeil à 76 ans... décidément le chiffre du jour. 

Finalement, peut-être en raison de son immense succès international, peu nombreuses furent les adaptations de "Alfie", qu'on préféra chanter en anglais, à l'exception des Pays-Bas où d'ailleurs "Alfie" devint "Frankie" sans explication convaincante. 

En Italie, il fallait aussi une diva pour s'emparer du titre. En 1971, c'est à dire sur la fin de la folie internationale pour la chanson, Mina en donnait sa version. Mais il n'était sans doute pas besoin de le préciser, ayant déjà utilisé les termes "diva" et "Italie". Mina quoi. Qui nous ouvre donc les portes des années 70 et de la suite et fin des aventures d'"Alfie", mais ça, c'est pour demain. 

mercredi 3 août 2022

Et maintenant chantons !


Nous l'évoquions hier, en 1966 (non, nous n'avons toujours pas bougé depuis lundi), la chanson de Hal David et Burt Bacharach "Alfie" va être vue comme une aubaine pour à peu près tout le monde afin, rêvons, de décrocher un hit. Et cela va être particulièrement vrai pour une catégorie un peu à la peine en cette deuxième moitié des années 60 : les chanteuses de jazz. 

L'exemple le plus parfait est certainement le cas de Carmen McRae, que nous vénérons, là n'est pas la question, et qui en 15 ans de carrière, s'est, certes, fait un nom et une place parmi les plus grandes mais n'a jamais décroché un seul titre classé dans les meilleures ventes. Ce sera le cas avec "Alfie", qui va, en 1967, lui offrir sa seule et unique entrée dans le top, mais le top 200, et à la 150e place ! 

Alors maigre consolation mais preuve tout de même que "Alfie" fonctionne. Et même si le titre a déjà été enregistré des dizaines de fois en quelques semaines, toutes ces dames pensent qu'elles peuvent apporter quelque chose de personnel à la composition. Et c'est l'avalanche. 


Et lorsque même les grandes divas suédoises s'y mettent, c'est qu'il se passe quelque chose. Notons enfin qu'Ella va aussi s'emparer d'"Alfie", en concert, et qu'il existe une très belle version de son interprétation sur Youtube à Los Angeles accompagné par l'orchestre de Duke Ellington. Hélas, son propriétaire a interdit la publication sur d'autres sites. L'égoïsme : une des limites de la suavitude ! 

Mais le moment n'est-il pas choisi pour une confidence dont, nous le savons, vous êtes friands. Même lorsque nous organisons ne serait-ce qu'un BBQ sans prétention, notre modèle est toujours l'émission "Playboy After Dark" que lança Hugh Hefner sur CBS pour deux petites années, en 1969 et 1970. Peut-on faire plus suave ? Difficilement. La prochaine fois nous engageons une chanteuse, c'est décidé. 

mardi 2 août 2022

Et maintenant chantons !


Il est fort possible que ce qui se produisit en 1966 avec "Alfie" de Bacharach et David soit un cas relativement unique d'hystérie collective à propos d'un titre qui ne fut jamais numéro 1 mais, au mieux, un gentil numéro 15 grâce à Dionne Warwick, un an cependant après la création de la chanson. 

Cela s'explique sans doute par la position de Burt dans cette deuxième moitié des années 60 et son statut de hit maker international, enchaînant les numéros 1 en Angleterre depuis 1958 (Michael Holliday, Frankie Vaughan, Sandy Shaw, Cilla Black) et les top 10 aux USA avec Dionne bien sûr, Gene Pitney, Tom Jones ou Jackie de Shannon. Et ne précisons même pas l'envergure que prendra Burt en 1967 qui sera une année encore plus miraculeuse avec "The look of love" et "I say a little prayer"

Donc pour le dire en peu de mots : en 1966, tout le monde s'arrache les chansons de David et Bacharach et "Alfie" a absolument tout pour plaire : une ballade à la mélodie dévastatrice, pouvant se prêter à quelques démonstrations vocales si on le souhaite (Whitney hier), une avalanche de violons, un soupçon de mélodrame et une premières phrase suffisamment répétée, "What's it all about", pour qu'on la mémorise sans même s'en rendre compte. C'est plaisant, c'est Bacharach, donc tout le monde s'y met. 


Un dernier élément va jouer dans la folie "Alfie", qui va durer de 1966 à 1969 et ne s'éteindre (sous sa forme un peu débridée) qu'en 1972 : la création d'un classement "Easy Listening" par le magazine Billboard, bible absolue et officielle des ventes de disques aux USA. Jusqu'à la fin des années 50, les chiffres publiés étaient ceux des meilleurs ventes, sans distinction de genre, à l'exception du top country et du top R'n'B. Mais devant le succès inattendu du rock n'roll et la multiplication des radio refusant d'en diffuser, on créa le top "Easy Listening", dans lequel vous retrouviez inévitablement si vous n'étiez classable, ni dans le rock, la country ou le R'n'B. 

Si nous regardons ce classement pour 1965, on y retrouve des gens aussi divers que Jack Jones, Ray Charles, Herb Alpert ou Elvis Presley, qui quittait les charts généralistes dès lors qu'il chantait une ballade pour entrer dans le top "Easy Listening". En gros : les Rolling Stones, Sunny and Cher, les Beachboys : top 100. Petula Clark, Frank Sinatra ou Ray Conniff : top Easy Listening. 

Et en 1966, si vous n'êtes pas rock, vous voulez absolument entrer dans le top Easy, que vous soyez une jeune chanteuse prometteuse née 10 ans trop tard, une chanteuse de jazz déjà sur le retour désespérée de vendre des disques ou un arrangeur star ayant pris la décision de monter son propre orchestre. Et forcément, lorsqu'arrive sur le marché une chanson comme "Alfie", qui semble écrite pour le classement "Easy listening", on achète les droits sans se soucier du prix. Et cette folie va durer 6 ans. Et pour les vieilles chanteuses, rendez-vous demain. 

lundi 1 août 2022

Et maintenant chantons !


Comme beaucoup de personnes qui n'étaient pas de ce monde en 1966 et qui, par conséquent, n'ont pu assister à la bataille qui eut alors lieu des deux côté de l'Atlantique, nous avons longtemps cru que "Alfie" était un de ces succès de Hal David et Burt Bacharach composé pour Dionne Warwick, alors qu'il n'en est rien. Et c'est encore plus intéressant que cela, puisque destiné évidemment à la bande originale du film du même nom, le titre devait être interprété par Sandy Shaw, qui le refusa, puis fut offert à Cilla Black qui le trouva inintéressant. 

Dans un délire très "Peau d'âne fait tout ce qu'elle peut pour décourager son père de l'épouser", Cilla, qui hésitait à répondre un franc "non", exigea que Bacharach écrive lui-même l'arrangement, qu'il vienne à Londres superviser l'enregistrement, l'accompagne au piano et dirige l'orchestre. A sa grande surprise, il accepta tout et en novembre 1965, la chanson était enfin en boite après des dizaines de prises, conformément au légendaire perfectionnisme de Burt. 

Le film de Lewis Gilbert, dont tout le monde ignorait forcément qu'il allait devenir le succès de l'année et lancer la carrière de notre invité de la semaine, sortit sur les écrans anglais en mars 1966. Depuis janvier, on entendait à la BBC la chanson éponyme. Aussi on fut un peu surpris de découvrir qu'on n'entendait pas Cilla Black dans le film et que sur la bande originale, vers laquelle on se rua dès qu'elle fut disponible, "Alfie" était interprété par... personne ! Du moins au Royaume-Uni. 


Ce qui se passe dans la tête des distributeurs et des producteurs est parfois très mystérieux : les seconds ne voulurent pas que la chanson soit une source de distraction pour les spectateurs, aussi ils optèrent pour une version instrumentale qu'on entend sur le générique de fin. Quant aux distributeurs, il jugèrent que Cilla Black n'était pas une assez grosse pointure pour faire de "Alfie" un tube planétaire, aussi on engagea la jeune Cher et on fit figurer sa version sur le pressage de la bande originale aux USA. 

Dans les deux cas, la manœuvre ne fut pas vraiment payante puisque le "Alfie" de Cher ne dépassa pas la 32e place des charts aux USA (et Cilla se hissa péniblement à la 95e). A Londres, Cilla, qui sortait d'un numéro 1 dut se contenter d'une 9e place dans les hit-parade, et il en fut ainsi partout dans le monde. De Sidney à Copenhagen, "Alfie" ne décolla pas. 

Fin 1966, Dionne Warwick accepta enfin d'enregistrer la chanson, pratiquement en dernière minute d'une session pour son nouvel album, qui comprenait déjà "What the world needs now", "I just don't know what to do with myself" ou encore "Trains and boats and planes". Ce n'est pas qu'elle était vexée de n'avoir pas eu la primeur de la chanson, c'est qu'entre janvier 1966 et ce mois de novembre, 42 "Alfie" avaient été enregistrés, dont un par sa propre soeur Dee Dee. Pourquoi donc un 43e ? 


Et en espérant que notre conseil ne vous parvienne pas trop tard, nous vous demandons de ne pas prêter attention aux images qui accompagnent la version de Dee Dee Warwick. 

Dionne Warwick, selon la légende, accepta finalement de se confronter à "Alfie" à la demande expresse de Burt Bacharach, désespéré que le titre ne soit pas un plus gros succès et réalisant un peu tard que seule Dionne pouvait sans doute en faire quelque chose de grandiose. Bon choix cette fois-ci, sortie pourtant après tout le monde, la version de Dionne Warwick fut celle qui grimpa le plus haut et est depuis devenue un classique de la chanteuse. Mais tout de même : 43 covers de la même chanson la même année (et cela ne s'arrêta pas, ni en 1967, ni en 1969), voilà de quoi nous occuper pendant 5 jours, facile. 

Car c'est bien avec "Alfie" que nous allons passer la semaine, "Alfie" qui court dans la famille Warwick puisque chanté par Dionne et sa soeur Dee Dee, il demeura l'un des titres préférés de la cousine, qu'elle interpréta régulièrement en concert et qui est même l'une des dernières choses qu'elle entonna avant de disparaitre en 2012 à l'âge de 48 ans. Vous la connaissez certainement, une certaine Whitney...

vendredi 27 août 2021

Et maintenant chantons !


Suaves visiteurs, terminons cette dernière saga et cet été par une confidence : nous adorons nous occuper de "Soyons-Suave en vacances" et aimons particulièrement nos pérégrinations musicales, qui nous permettent généralement de nous débarrasser de quelques obsessions et de nous aventurer fréquemment dans des territoires inconnus. 

Retracer l'histoire d'une chanson, découvrir d'invraisemblables ou de somptueuses adaptations, nous pourrions passer nos journées à ne faire que cela. Mais la vie prenant déjà assez souvent l'apparence d'une saga, cela ferait un peu trop pour le petit blog artisanal (mais qui perdure) que nous sommes. 

Jamais, par exemple, nous n'aurions pu imaginer qu'au détour d'une composition de Burt Bacharach, nous allions faire la connaissance de cette étrange créature qu'est Nicole Felix, qui semble pourtant si familière aux dizaines d'admirateurs qui chantent ses louanges sur Youtube, quand de notre côté, nous pensions sincèrement qu'il s'agissait d'un feu de paille québécois. Alors que pas du tout. 



























Qui est ou qui fut Nicole Felix (puisque nous ne savons même pas si elle est toujours parmi nous), mystère. Il y a bien une vague biographie reprise un peu partout qui circule sur les Internet mais quelque chose nous dit qu'il faut sans doute l'envisager avec précaution. 

Elle serait née à Paris, aurait abandonné une carrière prometteuse dans le hockey dans les années 50 (qui était, comme personne ne l'ignore, un sport féminin alors très couru...) pour se lancer dans la chanson, particulièrement en RDA pour revenir finalement s'installer à Angers. Et elle aurait connu un immense succès en créant "Ciao ciao bambino" :  aucune trace. 

Une chose est certaine : elle a véritablement existé et enregistré essentiellement sur des labels hongrois et tchèques, parfois américains ou allemands mais jamais hexagonaux. Et sa carrière n'est composée que de reprises, généralement épouvantables (c'est subjectif évidemment... enfin...) mais qu'on devine terriblement sincères. 



Il fallait bien Stan Getz pour nous remettre des fortes émotions que n'aura pas manqué de susciter Nicole. Et déclencher cette irrésistible envie de posséder autant de versions de "Any old time of the day", en anglais, en espagnol ou en italien que nous avons pu dénicher. Nous vous laissons découvrir les adaptations croates ou catalanes qui vous tendent les bras quelque part, n'en doutons pas. 

C'est donc généralement le moment où vous allez enfin pouvoir cliquer. 









Mais évidemment que vous savez comment faire ! 

jeudi 26 août 2021

Et maintenant chantons !


Si aux Etats Unis, la composition de Burt Bacharach pour le 3e album de Dionne Warwick, "Any old time of the day" en 1964 ne va pas vraiment faire de vagues, dans les semaines qui suivent sa création, elle va à l'inverse provoquer en France une bataille de yéyé. Et avec des paroles en français signée Michèle Vendôme, ce sont deux stars du microsillons qui vont tenter d'en faire un succès : Dalida et Sheila. Ce qui nous donne donc trois personnalités à observer et gageons qu'une seule des trois à vraiment besoin de présentation. 

Michèle Vendôme. Voilà un nom bien trop parfait pour être honnête et effectivement, derrière ce patronyme se cache Michèle Wraskoff, fille du compositeur et chef d'orchestre Raymond Wraskoff, une des figures du music-hall parisien, acolyte de Fred Adison et un temps musicien au cabaret Tabarin dont la seule évocation nous fait toujours un peu rêver, sans qu'on sache vraiment pourquoi.  

Michèle, pour revenir à elle, fut une des très rares parolières dont la carrière débutera avec Edith Piaf et s'achèvera avec Claude François dans les années 70 pour lequel elle écrira des dizaines de chansons. Avec un cv long comme le bras, elle n'écrira pas pourtant d'énormes tubes, si ce n'est cette adaptation de Burt que vont enregistrer à un mois d'intervalle miss Egypte et miss Je vends des Roudoudous sur les marchés. 


En 1964, si Dalida est une énorme star, et ce depuis "Bambino" en 1956, Sheila vient juste de connaître l'année précédente son premier succès avec "L'école est finie". Pour elle, le meilleur reste à venir, elle n'a pas encore 18 ans, l'année de sa mise en orbite sera 1965 et "Chaque instant de chaque jour" va contribuer à cette montée en puissance puisque son 45 tours se vend très bien, alors que celui de Dalida reste un peu derrière. 

Forcément, on n'est pas dans le métier depuis 10 ans sans en connaître toutes les ficelles. Dalida est battue en France, qu'à cela ne tienne, l'Europe est un grand territoire et dans une dynamique très "Petula Clark et Chariot", elle enregistre une version italienne et une version espagnole, l'allemand étant un peu trop ambitieux lorsqu'on a un peu de mal avec les "R". 


Paraissant à chaque fois en face B, parfois même d'énormes tubes comme "Zorba", les versions de Dalida ne vont pas vraiment marquer les esprits et pour beaucoup, "Chaque instant de chaque jour" reste un tube de Sheila. Un des tubes évidemment. 

Alors qu'en Espagne, "Cada Instante" reste le tube de Franciska. Et nous vous laissons chercher si vous souhaitez en savoir plus sur elle et par exemple l'adresse de son coiffeur. 

mercredi 25 août 2021

Et maintenant chantons !


Sans doute parce que Dionne Warwick peina, malgré ses efforts, à en faire un hit en 1964, peu d'artistes s'attaquèrent à "Any old time of the day", à l'exception de Sue Raney comme nous le savons tous depuis lundi, ce qui, pour un titre de Burt Bacharach, fut et reste encore fort inhabituel. 

Quatre ans après sa création, la chanson apparaît cependant sur l'album "What's an uggams ?" de Leslie Uggams en 1968 et nous lui disons merci puisque voilà enfin l'occasion rêvée de parler un peu d'elle sur nos pages, ce qui n'est presque pas arrivé jusqu'à aujourd'hui. 

Et si Uggams jouit d'une relative notoriété internationale aujourd'hui, à presque 80 ans, grâce à la série "Empire" ou aux deux "Deadpool", reconnaissons qu'avant cela et qu'en dehors des USA, son nom ne brilla pas en lettres de feu aux quatre coins de la planète. Alors que...


































































S'il y eut Lena Horne, puis Diahann Carroll et quelques années plus tard Diana Ross, Leslie Uggams fut certainement la chanteuse et actrice noire que les américains virent le plus à la télévision dans les années 50 et 60, et gageons que pour certains d'entre eux, ce fut même la première noire qu'ils y aperçurent. 

Car enfant prodige de la chanson, Leslie y commença sa carrière à l'âge de 9 ans dans l'extrêmement populaire show (on ne comprend toujours pas pourquoi) "Sing along with Mitch Miller", une sorte de karaoke télévisé animé par un monsieur fort barbu. 

Et loin de sombrer dans l'oubli une fois la puberté venue, Leslie remporta un Tony à Broadway, fut la première femme noire à avoir son propre show tv, créa un ouragan en épousant en 1965 son manager australien et blanc et traversa sereinement les années 70 grâce à la série "Roots". Et finalement, elle ne s'est jamais arrêtée depuis 60 ans. 
























Leslie Uggams est donc, elle-aussi, une institution. Mais revenons à "Any old time of the day" qui figure donc sur son 8e album, enregistré juste après son Tony pour la comédie musicale "Hallelujah baby" et qui propose 4 chansons de Burt Bacharach, en face A, à la suite, à commencer par "What the world needs now", tube pour Jackie DeShannon en 1965. 

On imagine les conversations en studio et dans les bureaux du label : "Chérie tu es hip en ce moment donc on y va à fond avec Bacharach !". L'album n'ira nulle part et prouvera donc que pour faire un succès, il faut certes Burt mais sans doute autre chose aussi. 

Mais ce qui est à la fois drôle et triste, donc un peu ironique, est qu'en face B de l'album, Leslie hérita d'une composition originale, signée de deux autres géants de la pop US des années 50 et 60, Jerry Leiber et Mike Stoller, en l'occurrence "Is that all there is", qui n'ira, elle non plus, nulle part, jusqu'à ce que, l'année d'après, Peggy Lee n'en fasse un  numéro 1 et relance par la même occasion sa carrière. 























Et l'ironie s'emballe lorsqu'on découvre que "Any old time of the day" sortit en face B de "Is that all there is", nous permettant une nouvelle fois d'écrire que lorsque ça ne veut pas, ça ne veut pas. 

Quittons-nous donc plutôt sur un triomphe, LA chanson de "Hallelujah Baby" qui offrira un Tony à Leslie, aux accents relativement streisandien et dont le titre permet à l'ironie de tirer un bouquet final : "Etre bon, ce n'est pas assez". Franchement...

mardi 24 août 2021

Et maintenant chantons !


Comme c'est le cas pratiquement chaque semaine depuis le début de l'été, il est très rare que nous ayons fait la connaissance de la chanson de la saga hebdomadaire et musicale dans sa version originale. Et cette dernière aventure ne déroge pas à la règle puisque c'est après être tombé amoureux de "Any old time of the day" que nous avons découvert qu'il s'agissait d'une composition de Burt Bacharach et Hal David pour Dionne Warwick (premier gasp), que nous n'avions jamais, mais alors jamais (second gasp) entendue où que ce soit. 

A l'origine, la chose se trouve sur le 3e album de Dionne datant de 1964, en ouverture de la face B et dut alors subir la concurrence de la plage A1 : "Anyone who had a heart", A3 : "Don't make me over" et B5 : "This empty place". Peu de chance, par conséquent, pour que "Any old time of the day" devienne un tube, alors que pourtant Dionne y croyait et qu'on y croyait également dur comme fer en France, qui fut le seul pays, sur les disque Vogue, à sortir le titre en single. 

Aux USA, le titre ne fut que la face B de "Walk on by", tiré pourtant de l'album précédent de Dionne et seuls les aventuriers qui eurent l'idée de retourner leur vinyle purent découvrir cette charmante petite chose.




 



















Pour une fois, nous pouvons affirmer que la France fut un peu en avance sur les USA où, dans les 2 premières années de sa carrière en tout cas, les singles de Dionne Warwick sortirent un peu n'importe comment, sans vraiment de rapport avec la parution des albums. En Angleterre, ce fut encore bien pire puisqu'on préféra souvent faire réenregistrer les chansons de Dionne par des artistes locaux, ce qui explique que "Anyone who had a heart" n'alla nulle part alors que la version de Cilla Black monta jusqu'à la première place des charts. 

Très populaire en France grâce à Burt Bacharach qui la présenta à Marlène Dietrich qui la présenta au public parisien, Dionne tenta cependant de propulser "Any old time of the day" en se rendant à la télévision, en l'intégrant à son tour de chant à l'Olympia et en la promenant dans les clubs de la cousine germaine : la Belgique.

Cela donne des documents intéressants qui prouvent : 1) qu'il est important de ne montrer que son profil droit lorsqu'on a un bouton sur le gauche 2) que la version enregistrée était un chouia trop haute et qu'un ton au-dessous, la chanson devient encore plus jolie, bien que ressemblant toujours à un grand-huit mélodique mais on ne refait pas Burt Bacharach. 


Considérée comme une des chansons Warwick/Bacharach/David qui auraient pu être un tube mais ne le fut pas, "Any old time of the day" ou "Any old time of day", possède cependant son fan club, qui généralement, et comme Dionne d'ailleurs, déteste "Do you know the way to San Jose". 

On l'aime même tellement qu'on la trouve parfois trop courte. Partageons donc ce remix réalisé par un inconditionnel du titre qui parvint à allonger la chanson de presque 2 minutes. 

Et nous ne commencerons pas ici de débat sur la taille et la longueur...

samedi 2 janvier 2021

C'est samedi : soyons musical !










Parce que ceci est notre premier rendez-vous musical de 2021, parce que vous êtes sur Soyons-Suave et parce que finalement nous n'avons pas vraiment besoin de raisons pour nous tourner une nouvelle fois vers Burt, les MP3 du weekend ne sont pas peu fiers de vous proposer, afin de débuter janvier, une compilation qui fait les délices de nos trajets en voiture depuis de longues semaines et que vous gardions au chaud en attente de la parfaite occasion. 

Burt Bacharach donc. Encore ? Oui, encore. Et même toujours, serions-nous tentés d'ajouter, tant les surprises que semble nous réserver le maître absolu de la musique suave n'ont visiblement pas de limite. 

Comme l'évoquait récemment un ami le soir d'ailleurs du réveillon, après peut-être un long drink de trop : "Finalement, Burt Bacharach, c'est comme mon tiroir à chaussettes, j'y découvre toujours quelque chose !". Et ce n'est pas complètement faux. 























Nous vous proposons donc aujourd'hui de découvrir ce qui fut pour nous une révélation, mais que vous maîtrisez peut-être déjà parfaitement : les aventures du jeune Burt, à peine sorti des longues jambes de Marlene dont il fut l'accompagnateur et l'arrangeur jusqu'au début des années 60 mais avant qu'il connaisse le succès en compagnie de celui qui allait devenir son parolier attitré : Hal David. 

Nous sommes entre 1955 et 1963, Burt veut composer et décrocher son premier hit. Comme n'importe quel aspirant compositeur, il produit beaucoup et vend occasionnellement des chansons à des éditeurs, sans connaître forcément l'identité de la glotte qui va s'emparer de ses croches. Les paroles n'ont d'ailleurs pour lui qu'un intérêt relatif. Il travaille avec qui veut bien mettre des mots sur ses notes et croise parfois des paroliers expérimentés, à l'image de Mack David, qui tente de convaincre son petit frère Hal de ne surtout pas s'engager dans la même carrière que lui. 

Peine perdue, évidemment. 





   












Où trouve-t-on donc les premières compositions de Burt d'avant "Make it easy on yourself" et "Don't make me over" ? Eh bien un peu partout à vrai dire : en face B de 45 tours, en plage 8 d'albums qu'il faut bien remplir, et parfois dans les juke-box puisque ces premiers pas sont tout de même formidables et rencontrent parfois un certain succès. 

Sont-ce des tubes ? Pas encore mais presque, et le talent évident du futur pape de l'easy pousse même les dénicheurs de succès du monde entier à tenter les adaptations. Et en France nous sommes particulièrement gâtés.














Nous vous proposons donc 13 Burt d'avant Hal, que nous n'avions pour la plupart jamais entendu de notre vie, plus la mystérieuse version massacrée de "Make it easy on yourself", premier véritable tube de Bacharach et David, devenue par les Isley Brothers "Are you lonely by yourself" et le très rare "Baby it's you" des Shirelles chanté en anglais dans le texte par Sylvie qui ravira ses fans en devenant "Baby c'est vous". 

Il y a Jane Morgan et Nancy Sinatra, de la série Z d'épouvante et Jo Stafford. Et même Marlena Shaw dans un titre qui échoua entre les mains d'Etta James. Inutile d'ajouter que finalement tout le monde est là pour la nouvelle année.

1. Gene McDaniels - Tower Of Strength

2. George Hamilton - Little Betty Falling Star

3. Helen Shapiro - Keep Away from Other Girls

4. Jane Morgan - With Open Arms

5. Jo Stafford - Indoor Sport

6. Patti Page - Keep Me In Mind

7. The Five blobs - The Blob

8. Andy Williams - Dont You Believe It

9. Petula Clark - Le tu sais quoi (VF de Indoor sport)

10. Sylvie Vartan - Baby its you

11. Nancy Sinatra - The Answer To Everything

12. Perry Como - You're Following Me

13. Marlena Shaw - Waiting for Charlie to Come Home

14. The Isley Brothers - Are You Lonely By Yourself

15. Orlando - Toute ma vie (VF de Tower of strength)


Et pour télécharger tout ceci au format Zip, vous savez comment faire. 

vendredi 6 mars 2020

Le vendredi, c'est Scarabées !

Parce que nous n'avons jamais été réellement convaincus de la suavitude des Fab Four, tentons, chaque vendredi, de remédier à cela en parcourant le monde sans pour autant trop nous éloigner de Liverpool.



Selon votre degré de suavitude, il vous faudra de 1 à trois mesures pour vous écrier : "Mais enfin, ce premier album de Cissy Houston en 1970, n'aurait-il pas été arrangé par Burt Bacharach ?"

vendredi 20 décembre 2019

Et maintenant chantons !



C'est la plage 8 de notre suave compilation de Noël. Et il ne reste que 4 jours pour perfectionner la chorégraphie...

samedi 10 juin 2017

C'est le weekend : soyons musical !

































Il y a quelques semaines, le Quizz mettait en lumière la divine Illeana Douglas dont nous rappelions à quel point sa prestation dans "Grace of my heart" n'avait d'égale que la suavitude de la bande-son du même film. Nous vous disions alors que nous ne serions pas sans revenir sur cette magnifique ode aux années 60. Oh joie : c'est aujourd'hui. 

Les mp3 du weekend vous proposent donc, si ce n'est pas déjà le cas, de découvrir l'une des plus chouettes tentatives de faire revivre une époque bénie, celle du Brill Building, où enfermés dans des placards, de talentueux compositeurs produisaient à la chaîne des tubes immortels. Et dit comme cela, avouez qu'on regrette vraiment cette période. 




















Petit retour en arrière au cas où vous auriez loupé un épisode : en 1996 sortait sur les écrans le film d'Alisson Anders "Grace of my heart" qui racontait de façon plus ou moins détournée la vie de Carole King, compositrice, entre autre, de "You make me feel like a natural woman" et qui rencontrera la célébrité à 30 ans avec son album "Tapestry" et après des années d'anonymat. 

Un tel projet devait évidemment être musical mais ne s'agissant pas d'une superproduction et n'ayant pas véritablement l'accord de Carole, il était impossible d'utiliser le moindre enregistrement authentique. Que faire donc ? Eh bien imiter. 




Puisque la carrière de Carole King la fit écrire pour des artistes tels que les Shirelles, les Drifters ou Lesley Gore, ce sont des chansons "à la manière de" que l'on retrouve sur la bande originale, si bien produites et composées qu'on dirait que alors que pas du tout. 

Et là où la chose devient fort suave c'est que pour retrouver le son des années 60 et de ces tubes passés à la postérité, on fit appel par exemple à Gerry Goffin, ex mari et partenaire de Carole King, à Burt Bacharach ou... Lesley Gore, qui se chargea du titre supposé rappeler ceux de... Lesley Gore. 

Si on ajoute à cela Joni Mitchell, embarquée dans l'aventure parce que son mari produisait le tout, nous avons une photographie assez exacte de ce que furent ces années si mélodieuses. 



L'ultime curiosité de la bande son reste "God give me strength", coécrit par Burt Bacharach et Elvis Costello qui à la suite de cette collaboration connurent une lune de miel qui entraîna un album, une série de concert et un étrange phénomène d'identification de la part d'Elvis qui épousa par la suite une ravissante blonde du nom de Diana Krall quand 30 ans plus tôt, Burt ravissait Angie Dickinson.

















































Retrouvez donc ces 15 perles sous influences, avec en plus, la version du film de "God give me Strength" interprétée par Kristen Vigard qui double Illeana Douglas dans le film et qui ne figure pas sur l'album, plus de charmants groupes ayant disparus depuis mais qui font ici très bien ce qu'on attend d'eux.

Et selon les pistes ci-dessus avec une image qui s’agrandit, évidemment.


Et pour télécharger tout ceci au format zip, vous savez comment faire. Mais si. Vous pensez peut-être avoir oublié mais non. 

lundi 10 avril 2017

Et maintenant dansons !



S'il nous est possible de reconnaître une mélodie de Burt Bacharach en 10 secondes et demie, nous sommes encore à ce jour incapable d'écrire Engelbert Humperdinck sans avoir à regarder sur Wikipedia. 

vendredi 24 février 2017

Et maintenant dansons !



Il y a des génériques, comme ça, qui ne donnent pas envie d'arriver en retard à la séance... Burt Bacharach sans doute, ou le charme de ces quatre sympathiques jeunes femmes, qui ont dans l'ensemble disparu du paysage audiovisuel depuis... 

mercredi 22 juin 2016

Et maintenant chantons !



Vous l'avez sans doute déjà aperçue mais bon : d'abord on ne résiste pas à une nouvelle version d'un tube de Burt Bacharach et surtout, frissons inattendus à 2m24 (on ne résiste toujours pas non plus à de belles harmonies) et 2m32 (Chita Rivera !!!). 

vendredi 15 août 2014

dimanche 20 octobre 2013

Les très suaves heures de l'Histoire Contemporaine : le jour où Burt Bacharach se mit à détester les animaux.















En avril 1966, Burt Bacharach est un peu nerveux. Depuis quelques années sa vie a pris un tour nouveau : il est passé de pianiste accompagnateur à compositeur de génie. Après avoir travaillé pour Vic Damone ou Marlene Dietrich, il aligne les hits en compagnie de son parolier Hal David. En 1966 Burt Bacharach est une star, non seulement aux USA mais surtout en Angleterre qui a été le premier pays à lui offrir des numéros 1. 

Régnant sur la musique pop, Burt, qui a épousé en 1965 l'autre célèbre paire de jambes après Marlene qu'est Angie Dickinson, est tenté de s'attaquer à Hollywood où il n'y a pas de raison que ses chansons n'y rencontrent pas le même succès qu'à la radio. Après une première tentative au succès modéré que fut la bande originale de "The blob", Burt vient de signer la musique d'une production du nom de "What's new pussycat" dont le titre est rapidement devenu numéro 3 des charts US. Ce sera le plus gros succès de Tom Jones et cela donne évidemment ceci : 


En avril 1966, Burt se rend très angoissé à la cérémonie des Oscars où son petit chaton est en compétition pour recevoir la statuette de la meilleure chanson originale. Les Oscars étant ce qu'ils sont, on a demandé à des célébrités d'interpréter les titres concurrents et c'est Liza Minnelli (???) qui demande en direct des nouvelles de Pussycat. 

A l'issue d'un affrontement fort ironique, la statuette ira à la chanson titre de "The Sandpiper", curiosité minnellienne avec Liz Taylor et Richard Burton, plus connue sous le titre "The shadow of your smile". Rappelons à cet instant à nos suaves visiteurs qui ne seraient pas ornithologues que le chevalier des sables est un petit oiseau qui vient donc de ridiculiser le matou de Burt. Fin du premier round. 




Un an plus tard, Burt est de retour à la cérémonie des Oscars avec un nouvel espoir : "Alfie", composé pour le film du même nom et qu'on entend partout chanté par Dionne Warwick. Cette fois-ci, Burt frôle la dépression nerveuse, tant il estime que sa chanson n'a aucune chance.

Il faut dire que l'histoire entourant "Alfie" est littéralement rocambolesque. Les producteurs de ce film britannique souhaitant une chanteuse anglaise, on demanda donc à Cilla Black de l'interpréter et la chanson passa inaperçue. Pour la sortie américaine, on fit rapidement enregistrer le titre à Cher, qu'on entend donc au générique de fin, pendant que Dionne Warwick entrait en studio.  Sa version grimpa à la 15e place quand Cher stagnait à la 32e. Tout cela était bien compliqué et l'Oscar fut remis à la chanson titre de "Vivre libre", composée par John Barry. C'était cette fois un gros lion qui abattait Burt. Fin du deuxième round.




En 1968 et donc pour la troisième année consécutive, Burt Bacharach est de nouveau nommé dans la catégorie de la meilleure chanson avec "The look of love", tirée du film "Casino Royale" qui vient d'obtenir un succès certain. Dusty Springfield, qui confirme la relation privilégiée de Bacharach avec les britanniques, est en train d'en faire un très gros succès, même si ce n'est pas totalement du goût de Burt.

Dusty en a, en effet, réenregistré une version un peu différente de celle arrangée pour le film. Les spectateurs peuvent donc être un peu déroutés puisque ce n'est pas exactement la même chose qu'on entend dans les salles et à la radio mais tout cela n'est pas très grave. 



Cela n'est pas grave car, contre toute attente, "The look of love" est en train de devenir un succès encore plus phénoménal chanté par Sergio Mendes et Brasil 66, qui est, en cette fin des années 60, l'un des plus gros vendeurs de disques du continent nord-américain. C'est ben simple, tout ce qu'enregistre Sergio (les Beatles, des brésiliens, des succès de Broadway) devient un hit et ce n'est pas pour rien que ce sont Mendes et les Brasil 66 qui viennent chanter "The look of love" aux Oscars.

La participation du compositeur brésilien à la cérémonie va asseoir considérablement sa popularité et permettre de faire découvrir aux téléspectateurs la beauté sidérantes de ses chanteuses dont nous reparlerons prochainement. Mais, Burt Bacharach ne combat pas ce soir là un charmant volatile ou un énorme félin : c'est à la faune toute entière qu'il fait face. L'Oscar est remis à la chanson titre de "Docteur Doolittle" et cela donne ceci :



Fin du troisième round. Dans de nombreuses interviews, Burt Bacharach expliquera que ses trois défaites en trois ans vont profondément l'affecter et motiver en partie son absence de la 41e cérémonie des Oscars. En 1968, Bacharach se tint aussi éloigné qu'il le put de Hollywood et sans doute du moindre animal.

Les belles histoires étant encore plus belles lorsqu'elles ont une fin heureuse, en 1970, Burt était de retour aux Oscars et à Hollywood avec la bande originale de "Butch Cassidy et le kid" dont personne n'a oublié une formidable promenade à vélo avec en fond, "Raindrops keep fallin' on my head"/"Toute la pluie tombe sur moi" si vous préférez Sacha Distel. Cette quatrième tentative fut la bonne : Burt décrocha enfin un Oscar. Champagne !























Une fois lancé, Burt ne s'arrêta pas et remporta un second Oscar en 1981 pour le thème de "Arthur", chanté par Christopher Cross. Entre temps cependant, il avait connu le pire échec de sa carrière avec la bande originale de "Horizons perdus", s'était brouillé avec Hal David et avait affronté au tribunal Dionne Warwick pour de sombres histoires de royalties.

Mais nous supposons qu'au milieu de tous ces tourments, il s'était réconcilié avec la gent animale. Lorsqu'il décrocha enfin la précieuse statuette en 1970, ce fut en battant un concurrent en particulier, la chanson "Come saturday morning" à laquelle nous avions consacré des mp3 du weekend ici-même. Ce titre était tiré du film "The Sterile Cuckoo" que nous traduirons sauvagement par "Le coucou stérile". Fair-play la victoire ? Mouais...