Alors que Noël Coward assumait être "Mad about the boy", Johnny Mercer, beaucoup plus hétérosexuel, nous confiait pourtant un surprenant "Love that boy". Evidemment, il est très difficile de savoir s'ils parlaient du même garçon. Mais peu importe puisqu'il y a les Pied Pipers :)
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mercredi 7 avril 2021
lundi 25 novembre 2019
La fin du Quizz de Mirabelle.
Il est parfois difficile de tenir sa langue, ou sa plume et nous en savons quelque chose. Aussi n'en voulons pas à Mirabelle d'avoir posté un clin d'oeil alors que le Quizz n'en était qu'à ses premiers balbutiements. Elle nous a promis d'être plus patiente à l'avenir, ce qui n'enlève en rien à Gatsby sa victoire éclatante.
Car oui, il s'agissait bien de Jude Law dans "Minuit dans le jardin du bien et du mal", Jude période pré-"Ripley" donc, au cours de laquelle le jeune comédien expérimenta de nombreuses choses y compris le mariage et la paternité. Gatsby, vous voilà donc de retour dans la lumière, ce qui est une bonne chose en cette période où les jours raccourcissent. On ne vantera jamais assez les bienfaits de la luminothérapie. Bravo !
Sorti en 1997, "Minuit..." est sans aucun doute le film qui donna l'envie à une quantité de gens qui n'en avait jamais entendu parler, de prendre immédiatement un billet d'avion pour la ville de Savannah et, accessoirement, de se précipiter sur la première compilation disponible des chansons écrites par Johnny Mercer.
Sur ce dernier point, remercions le réalisateur, Clint Eastwood qui simplifia la vie de tous les amateurs de musique en accompagnant son film d'une BO de rêve où se croisent K.D. Lang, Tony Bennett, Diana Krall ou Rosemary Clooney. Et Clint lui-même... Nous vous laissons seuls juges quant au résultat.
Echec au box-office, "Minuit..." n'en est pas moins un film cher à notre coeur, au casting absolument parfait dans lequel brille l'extraordinaire Lady Chablis que Clint lui-même trouva si formidable qu'il l'autorisa à réécrire toutes ses scènes et à improviser dès qu'elle le souhaitait.
Et pour ceux qui n'aurait jamais encore eu l'occasion de le voir ou de lire le livre dont il est l'adaptation, il suffit de savoir qu'il y est question de musique, de meurtre, de vaudou, d'alcool et de relations coupables, qui prennent une saveur particulière lorsqu'on observe avec recul la suite de la carrière de Kevin Spacey.
Il convient tout de même de préciser que l'histoire repose sur des faits réels, le procès pour meurtre de l'antiquaire Jim Williams, accusé d'avoir assassiné son secrétaire particulier et amant mais si populaire à Savannah qu'il fut acquitté, non pas une mais quatre fois des mêmes accusations par différentes cours de l'Etat de Géorgie.
Nous avons été un peu surpris par l'avalanche de commentaires sur la supposée inclinaison de Jude Law pour les boissons fortes qui a suivi la publication du Quizz, aussi, parce que nous sommes avant tout des investigateurs de la vérité, nous avons mené notre propre enquête avec, comme résultats, les clichés que vous pouvez observer ci-dessus.
Et il nous semble que Jude est en fait victime d'un malentendu. La clef semble se trouver dans l'adjectif "fort". Ce n'est finalement pas le degré d'alcool qui parait l'intéresser mais avant tout la puissance.
Et la preuve semble irréfutable, non ?
dimanche 4 décembre 2011
Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Johnny Mercer créa Capitol records.

Le 8 avril 1942 naissait à Los Angeles une nouvelle maison de disques, dans une relative discrétion quand cela aurait du être, au contraire, un évènement remarqué. Il s'agissait en effet d'une première, toutes les grandes compagnies américaines, Decca, Columbia, RCA se trouvant alors sur la côté Est et aussi étrange que cela puisse paraître, la Californie ne comptait donc aucun label.
Un temps envisagée sous le nom de "Liberty records", la nouvelle société opta pour "Capitol records", affichant ainsi ses ambitions : dominer l'industrie du disque, à l'image du dôme du Congrès qui surplombe Washington. Et c'est assez rapidement ce qui se produisit, grâce aux trois hommes responsables de sa création : le propriétaire de magasins de disques Glenn Wallichs, le producteur et compositeur Buddy DeSylva et notre héros du weekend, Johnny Mercer.
Au début de l'année 1942, Johnny Mercer est coincé à Los Angeles, en partie en raison de ses activités de parolier pour les studios hollywoodiens mais surtout parce qu'il anime, à la radio, des programmes destinés aux soldats US basés en Europe. Etrange période : Los Angeles, depuis l'entrée en guerre des Etats-Unis, s'est vidée et les artistes n'ayant pas rejoint le front semblent, pour la plupart, mobilisés à remonter le moral des troupes. Quant aux autres, ils sont au chômage en attendant des jours meilleurs.
Mercer, qui regrette qu'autant de gens de talent se retrouvent ainsi sans activité, est également préoccupé par les nombreuses lettres qu'il reçoit de soldats désespérés de ne pouvoir se procurer sur disques les shows qu'il produit à la radio et qui sont diffusés, décalage horaire avec l'Europe oblige, à des heures impossibles. Et c'est une discussion avec Glenn Wallichs, propriétaire du magasin Music City qui va déclencher la création de Capitol.
Le Music City de Wallichs est, depuis 1941, le plus grand magasin de musique des Etats-Unis. Si on y trouve des partitions et des instruments, il est surtout le premier à avoir mis les disques à la disposition des clients (plus besoin de les demander à un vendeur derrière un comptoir) et, comble de la modernité, il dispose de cabines insonorisées où il est possible d'écouter son futur achat en toute tranquillité.
Toujours soucieux de diversifier ses activités, Wallichs confie à Mercer lors d'une de ses visites qu'il envisage de construire une cabine d'enregistrement et pourquoi pas de produire lui-même des disques, hors du circuit des labels. Mercer trouve l'idée formidable, d'autant qu'il déplore la qualité très moyenne des enregistrements du marché. Decca, par exemple, à la réputation de produire des 78 tours volontairement fragiles, supportant quelques écoutes avant de se briser, obligeant le client à racheter un nouvel exemplaire.
Buddy deSylva
Entre alors en piste Buddy DeSylva, ami de Mercer, ancien producteur de la quasi totalité des films de Shirley Temple et désormais chef de la production à la Paramount. Contacté par Mercer et Wallichs afin de savoir si la Paramount serait intéressée par le lancement d'une maison de disques, il répond que son studio à priori n'a pas l'intention de s'aventurer dans la musique mais que lui trouve l'idée géniale.
Avançant de sa poche les 25000 dollars nécessaires à la création de la société, il donne ainsi naissance à Capitol records, premier label d'Hollywood, dont Mercer se retrouve président et Wallichs président exécutif, poste qu'il partage avec DeSylva.
Ella Mae Morse et Mercer
Capitol records existe donc et il reste à débuter la production, ce dont Mercer doit se charger mais que complique l'embargo que le gouvernement américain vient de lancer sur la gomme-laque, étrange résine sécrétée par de petites cochenilles asiatiques, indispensable à la fabrication des 78 tours et entrant également dans celle des obus. Dès l'annonce de la restriction imminente de gomme-laque, Wallichs achète plusieurs dizaines de tonnes de disques destinés à la casse, qui compressés et traités, assureront à Capitol la possibilité de produire des galettes.
Une grève des musiciens de studio menaçant également, Mercer signe dans l'urgence quelques uns de ses amis qu'il pousse aussitôt en studio afin d'enregistrer les premiers disques Capitol. En juin 42 les premiers 78 tours de la firme sont dans les bacs. Et si le tout premier pressage Capitol, une reprise de "I found a new baby" par l'orchestre de Paul Whiteman est gentiment reçu, le second va lancer immédiatement la compagnie. Il s'agit de cela :
Ella Mae Morse, qui a débuté à 14 ans comme chanteuse de l'orchestre de Jimmy Dorsey, a 17 ans lorsqu'elle entre dans le studio loué par Capitol pour lui faire enregistrer "Cow cow boogie", charmante petite chose country qui parodie les clichés western, composée par Gene DePaul et Don Raye, duo responsables de plusieurs tubes des Andrew Sisters. Après un tour de chauffe afin de placer sa voix, Ella voit Mercer entrer dans la cabine où elle se trouve et lui déclarer que la prise est bonne. Manquant de s'évanouir la jeune fille supplie qu'on lui laisse refaire un essai ce que Mercer refuse. Capitol en vendra 1 millions.
La philosophie de travail de Mercer était finalement assez simple : choisir les meilleures chansons originales, les meilleurs arrangements et la meilleure voix, accompagnée par les meilleurs musiciens. Pourquoi dès lors passer des heures en studio ? Fonctionnant avec Ella Mae Morse, la technique sera adoptée pour Margaret Whiting qui vendra également 1 million d'exemplaire de son premier titre, "My ideal" mais aussi pour The Pied Pipers, stars de Capitol, accompagnés souvent de Mercer lui-même.
Dès la fin de l'année 1942, Capitol records peut se vanter de faire des bénéfices, en 1945, la firme affichera plus de 6 millions de dollars de recettes. Mercer restera président jusqu'en 1947. Entre la création et cette date, c'est à dire en 5 ans, Capitol records est devenu un monstre du disque, qui possède sous contrat pratiquement tous les plus grands noms de l'époque et peut se vanter d'avoir changé les standards de la production. Accaparé par l'écriture et ne comprenant rien au business, Mercer préfère laisser sa place. Il conservera un rôle de consultant qu'il n'exercera finalement presque jamais.
Sans Mercer, Capitol continuera de se développer, jusqu'à être racheté au début des années 50 par le géant britannique EMI qui contribuera à faire du studio un exemple de modernité. C'est alors que sera construit le siège emblématique de la société, le Capitol Building, dont l'architecture évoque une pile de disques et qui est régulièrement détruit dans les films catastrophes.
Mais Capitol sans Mercer c'est un peu de classe qui disparut. C'est sous son impulsion que la firme signa des artistes comme Peggy Lee ou Nat King Cole (que Mercer lui-même poussa à chanter), qui sera le plus gros vendeur de disques de la société jusqu'à ce que, au début des années 50, Frank Sinatra ne devienne à son tour un artiste maison.
Nous trouvons fort suave que Mercer ait également été derrière la signature de Judy Garland, son ancien amour, pour laquelle il avait composé "I remember you" au lendemain de leur rupture. Star à l'écran, Judy Garland, sous contrat avec Decca, était pourtant une piètre vendeuse de disques. Une fois chez Capitol et discrètement pilotée par Mercer, elle enregistra ses plus beaux albums et reçut son premier disque d'or.
Judy et Glenn Wallichs
Ne serait-ce que pour ça : merci Johnny! C'était très chic.
samedi 3 décembre 2011
C'est samedi : soyons musical !

Johnny Mercer, compositeur et parolier légendaire, auteur de plus de 1000 chansons et quatre fois récompensé aux Oscars attendait sagement son heure, nous murmurant régulièrement aux oreilles : "je suis suave moi aussi". La démarche n'était pas nécessaire : Johnny Mercer est l'un de nos dieux, et pas uniquement parce qu'il est sans doute l'homme qui enregistra le plus avec les Pied Pipers, Le groupe vocal ultime, celui en lequel l'équipe de Soyons-Suave aimerait être réincarnée si une telle chose était possible et surtout rétroactive.
Oscar en 1961 pour "Moon River" avec Henry Mancini
Né à Savannah, Johnny Mercer sera acteur, chanteur avant de devenir le parolier ultime d'Hollywood et de Broadway, puis le fondateur des disques Capitol, ce dont nous reparlerons demain, célébré par les Gerschwin, Berlin, Porter et tous les grands alcooliques d'Hollywood. Johnny aimait boire, certes, mais sobre, il fut capable de donner ses lettres de noblesse à la chanson populaire américaine. C'est bien simple, Ella Fitzgerald l’inclura dans sa liste des "Songbooks" ce qui est une reconnaissance sans appel de suavitude.
Johnny Mercer le chanteur fut un temps plus célèbre que le compositeur, décrochant des numéros 1 face à son rival et ami Bing Cosby quand les crooners dominaient le monde. Il chantait le blues comme personne, enfin comme personne d'aussi blanc que lui. Anecdote : quand il se fit entendre pour la première fois à la radio, il devint aussitôt le chanteur noir préféré de la communauté afro-américaine. Suave méprise.
Soyons-Suave est vraiment très heureux de vous proposer aujourd'hui 20 enregistrements de Johnny Mercer le chanteur, qui ne se contentait pas d'interpréter que ses propres créations. Personne ne chante mieux que lui "One for my baby" griffonné sur une serviette un papier dans un bar de New-York. Il chante également comme personne, de sa voix veloutée, les tubes des autres. Vous trouverez, suivis d'un *, les titres dont il est l'auteur et accompagnés d'un + ceux sur lesquels il harmonise avec les Pied Pipers. Bon voyage en Georgie... enfin pas celle du Caucase bien sûr.
1. Two of a kind - avec Bobby Darin *
2. Hello out there hello *
3. Movie tonight +
4. Bob White - avec les Six Hits and a Miss*
5. Don't fence me in +
6. On the Atchison, Topeka and the Santa Fe * +
7. I guess I'll have to change my plan
8. One for my baby *
9. Candy +
10. G.I Jive *
11. Ac-Cent-Tchu- Ate the positive * +
12. Personality +
13. Let's fly +
14. Any place I hang my hat is home *
15. St Louis blues +
16. Spring Spring Spring - avec The Notables *
17. Love that boy +
18. The Hills of California +
19. I never heard you say - avec Margaret Whiting
20. Winter Wonderland +
Et pour télécharger tout cela au format zip, vous savez comment faire.
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