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lundi 4 mai 2020

La fin du Quizz de l'Anonyme.




































Nous sortons aujourd'hui de notre retraite spirituelle (et croyez-nous, c'était à la fois nécessaire et formidable) pour acclamer avec un peu de retard Gatsby, qui mit un peu moins de 20mn il y a de cela trois semaines, pour redonner à Timothy Dalton son identité perdue. 

Gatsby, nous ne savons que dire... vous semblez autant connaître vos acteurs shakespeariens que vos classiques architecturaux. Ainsi que les incarnations de 007 à l'écran. Vous recevez donc de notre part un des jolis masques que nous avons confectionnés sur notre petite Singer. Ils sont doublés et aux normes AFNOR. C'est le moins que nous pouvions faire. Et encore félicitations !




































Sorti sur les écrans en 1991, "Rocketeer" alias "Les aventures de Rocketeer" se proposait d'être l'adaptation relativement fidèle du comics créé une poignée d'années avant cela par Dave Stevens, un hommage plutôt satirique aux sérials comme Hollywood en produisit beaucoup, ces films à épisodes inspirés des romans photos dans lesquels les héros vivaient des aventures absolument rocambolesques mais s'en sortaient toujours. 

Puisqu'ils puisent dans les mêmes sources, nous pouvons dire que "Rocketeer" fut le Indiana Jones de Disney, en plus aérien puisque le héros dispose d'une sorte de sac à dos propulseur lui permettant de voler mais tout autant anti-nazi et c'est à ce propos assez incroyable de réaliser à quel point on déteste les soldats du IIIe Reich dans le cinéma américain. 




































Nous devons saluer l'audace des producteurs de "Rocketeer" qui choisirent d'adapter avec un budget très conséquent un comics que pas grand monde ne connaissait, avec de surcroît un casting relativement aventureux : Billy Campbell dans le rôle titre, alors qu'il sortait en gros de deux saisons de Dynasty et Jennifer Connely dans la rôle de sa fiancée, alors qu'elle avait simplement affolé les insectes dans "Phenomena" et David Bowie dans "Labyrinth".

Aucun de ces acteurs n'étaient les premiers choix des pontes de Disney qui espéraient Kevin Costner et Sherilyn Fenn. Tout comme on souhaitait Jeremy Irons dans le rôle qui reviendra finalement à Timothy Dalton, en attente d'un troisième James Bond qui ne se fera jamais. Car non, Timothy ne fut pas renvoyé de la franchise 007, il fut même un des Bond les plus rentables dans "The living Daylights". 

Au terme d'un très long procès entre les héritiers de Ian Fleming et la MGM qui bloqua toute mise en chantier d'un nouveau film, Dalton déclara que l'envie d'être l'agent secret de Sa Majesté lui était passée. Il laissa sa place à Pierce Brosnan et partit tourner "L'éducatrice et le tyran", adaptation à peine déguisée de la série "The Nanny" avec Fran Drescher... 















Un des éléments qui ne fut jamais remis en question fut de tourner de nombreuses scènes de "Rocketeer" à l'intérieur de la fort célèbre Ennis House dessinée par Frank Lloyd Wright en 1924, magnifique incarnation du style Revival Maya qui nous a toujours beaucoup amusé. 

La demeure venait d'être offerte à la ville de Los Angeles qui s'empressa de la louer afin de financer sa rénovation, voilà pourquoi elle apparaît dans tant de films et de vidéo entre la fin des années 80 et celle des années 90. Car on décida finalement qu'elle coûtait trop cher et on la mit en vente pour 15 ou 16 millions de dollars. 

Elle vaudrait aujourd'hui autour de 25 millions, ce qui est un prix conséquent. Voilà pourquoi si vous ne disposez pas d'un tel budget mais que le style maya vous séduit, il doit nous rester quelques Mako Moulage d'un très bel effet. Un moule, du plâtre et hop. De toutes les façons nous sommes persuadés que c'est ainsi qu'on a construit les pyramides...


mercredi 13 avril 2011

La question du jour : quelle alternative suave à la Statue de la Liberté ?



Prévoyant peut-être une escapade américaine lors de futurs congés, il est fort possible que vous optiez pour une visite incontournable à New-York et que la tentation soit forte de vous faire prendre en photo devant la Statue de la Liberté. Permettons-nous un conseil : évitez !

Expliquons cela : tout d'abord et contrairement à ce qu'on croit encore aujourd'hui, la dite statue n'est pas au beau milieu de Manhattan et nécessitera un tour en ferry, de ce fait, le cadrage du monument est souvent aléatoire, vous y êtes, de plus, rarement seul et enfin, une personne suave ne s'adonnera pas à la blague de la perspective. Vous l'avez sans doute déjà fait à Pise, inutile de recommencer. On ne coince pas un monument ou une personne entre le pouce et l'index, c'est ridicule.



Comme vous n'avez pas non plus l'intention de vous affubler d'une coiffe en mousse ou de vous livrer à quelques délires exhibitionnistes, Soyons-Suave vous propose une alternative hautement plus suave qui consiste à vous rendre à Pittsburg, en Pennsylvanie, très simple par le train, de là, de suivre la route 381 jusqu'à cette petite chose devant laquelle vous avez l'assurance que personne ne baissera son short : la "Fallingwater" de Frank Lloyd Wright, autrement appelée "la maison de la cascade" ou encore "Je m'appelle Edward J. Kaufmann, je suis très riche et j'aime les belles maisons".


Commandée en 1935 à l'architecte alors âgé de près de 70 ans et alors considéré comme en fin de carrière, La Fallingwater doit autant au futur concepteur du musée Guggenheim de New-York (que Wright dessinera en 59, preuve qu'il en avait encore dans le stylo, ce qui n'est pas une expression familière mais du langage architecte...), qu'à son commanditaire, le très riche Edward J. Kaufmann, propriétaire d'une chaîne de grand magasins, mécène et amoureux des arts.

Kaufmann était passionné par l'architecture et avait les moyens financiers de faire réaliser ce qu'il appelait ses visions, des apparitions mentales de lieux en harmonie avec la nature, privilégiant l'espace, la circulation et dans lesquels la vie serait forcément plus belle. Possédant déjà une forêt percée d'une cascade, il eut aussitôt envie d'y adjoindre une résidence qui serait sa retraite dans les bois, comme il demandera à Richard Neutra d'élever pour lui une ode au désert à Palm Springs lorsqu'il y acheta un grand lopin de sable et de cailloux, la future "Kaufmann House" en 1946.


La Fallingwater, qui restera dans la famille Kaufmann jusqu’à ce que le fils, architecte et ancien élève de Wright, ne la cède à l'état américain en 1963 pour en faire un musée, est sans doute la demeure la plus suave qui soit au monde et nous ne faisons pas de déclaration tonitruante en écrivant cela. Elle est considérée, non seulement comme la plus belle oeuvre de Wright, mais également comme la maison la iconique du monde, la plus belle oeuvre architecturale des Etats-Unis, d'après l'association des architectes américains et un des 28 lieux à visiter avant de mourir par la Smithonian Institution.

Peut-être parce qu'elle est à deux heures de Pittsburg, elle n'est visitée que par 120 000 personnes par an ce qui est un gage de sérénité pour votre escapade et puisque ce n'est finalement qu'une maison, elle n'intéresse que de suaves individus, près à traverser la Pennsylvanie afin de la fouler du pied quant ils pourraient être à Vegas. Logiquement elle ne se décline ni en stylos qui bougent, ni en boites à cookies, mais en édition spéciale Lego et éventuellement en génoises, prêtes à ravir, à l'heure du dessert ou du thé, petits et grands.



Pour revenir à ce qui nous occupe en cette fin de journée, la Fallingwater est l'alternative idéale à la Statue de la Liberté, si vous souhaitez ramener de votre voyage une seule photo mais la bonne, puisqu'elle est tout ce que l'autre n'est pas. Tout d'abord rien ne bouge autour d'elle, ce qui est toujours appréciable, même lorsqu'on possède un très bon appareil. Ensuite parce qu'elle s'offre sous un angle assez tordu, qui impose une pause solitaire, éventuellement en couple, peut-être en famille mais dans ce cas peu nombreuse. Et puis enfin parce qu'elle occasionne un stupide sourire de contentement, entre "Je suis chaviré par tant de beauté" et "Pourquoi déjà suis-je en Pennsylvanie ?". C'est bien simple, personne n'y échappe.






Boycottez le ferry, New-York et Bartholdi, vive l'Amérique rurale et les photos réussies. Vous doutez encore ? Est-ce que ce qui suit ne prouve pas la suavité de la chose ? Franchement...