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mardi 20 août 2024

Et maintenant chantons !


Composée en 1968 pour Marvin Gaye et Tammi Terrell, "You're all I need to get by" est à la fois une merveilleuse histoire et un mélodrame surpassant peut-être "Les deux orphelines". Pour ce qui est du conte de fée, le titre prouva que oui, Valerie Simpson et Nicholas Ashford étaient bien des compositeurs et des producteurs de génie. 

Lorsqu'en 1967, fraichement débarqués chez Motown, ils livraient, déjà pour Marvin et Tammy, "Ain't no mountain high enough" et "Your precious love", on supposa la chance du débutant. Mais quand un an plus tard, ils offrirent au même duo "Ain't nothing like the real thing" et "You're all I need", cela mit tout le monde d'accord, d'autant que "All I need" monta jusqu'à la première place des charts et propulsa Gaye et Terrell dans la légende. 

Mais sur une note beaucoup plus triste, entre 1967 et 1968, on diagnostiqua à Tammi la tumeur au cerveau qui allait l'emporter en 1970 à tout juste 24 ans. L'enregistrement de "You're all I need to get by", en gros "Tu es tout ce dont j'ai besoin pour avancer" se révéla prémonitoire puisque Terrell ne parvint au bout de la session qu'en se reposant sur l'énergie et le soutien de Marvin Gaye, désespéré. 


Lorsqu'en 1969, Motown, devant leur phénoménal succès, força Gaye et Terrell à retourner en studio pour un troisième album de duo, tout le monde savait que Tammi n'était plus en état de chanter, déjà confinée dans une chaise roulante et pratiquement aveugle. L'histoire raconte que c'est en fait Valerie Simpson qui chante sur l'intégralité des titres, dans le plus grand secret évidemment, afin d'assurer à la famille de Terrell une source de revenus pour payer ses opérations. 

Quoi qu'il en soit, après la mort de Terrell, Gaye gardera une rancoeur tenace envers Motown et Ashford et Simpson quitteront le label, qui refusait d'ailleurs de promouvoir dignement les albums solos de Valerie Simpson. Elle rapportait alors beaucoup d'argent comme compositrice, un succès comme chanteuse impliquait qu'elle garderait sans doute ses meilleurs titres pour elle. Ce qu'elle fit de toutes les façons en partant. 

Vous n'ignorez pas, suaves visiteurs, que nous vénérons Ashford et Simpson, dont le catalogue de tubes inciterait au respect même le plus grand fan de Gojira. En 1982, ils reprenaient lors d'un de leurs concerts à Londres "You're all I need to get by". Chanté par les compositeurs, un titre a forcément une saveur particulière. Nous verrons de toutes les façons cette semaine que ce titre là en particulier, indépendamment des interprètes, est toujours formidable.  C'est aussi cela, la magie des tubes. 
  

Sans compter qu'avec son petit air coquin et son débardeur pailleté, Nicholas Ashford nous a toujours semblé très suave, non ? 

lundi 16 octobre 2017

Une chanson : trois possibilités.


































Chaque lundi, adonnons-nous à la joie des reprises et la félicité des réinterprétations. Une chanson, trois possibilité, mais surtout du bon goût et de la suavitude. 



En 1972, la jeune Valerie Simpson qui composait déjà depuis 8 ans pour la Motown, sortait son deuxième album solo, dans une certaine indifférence. Deux ans plus tard, elle deviendra avec son mari Nicholas Ashford le couple d'auteurs le plus recherché mais ce n'est que deux ans plus tard. "Silly wasn't I" est pourtant une merveille, qu'on se passera sous le manteau comme un divin secret. 



La chanson réussit tout de même à séduire la très britannique Cilla Black qui était d'ailleurs extérieurement très white mais intérieurement très noire et qui, la même année, en proposa une version... en fait littéralement calquée sur l'originale, en face B de son single "You you you" qui ne se classa nulle part. 



En 1974, "Silly Wasn't I" se retrouve en Jamaïque en dernière plage du premier album de la charmante Sharon Forrester âgée tout juste de 18 ans, Sharon qui connaîtra une longue traversée du désert jusqu'à une résurrection miraculeuse dans les années 90. Et vous avez là l'intégralité des enregistrements de cette merveille, qui en aucun cas peuvent nous faire oublier Valerie que nous aimons d'amour. 

vendredi 28 août 2015

Et maintenant dansons !



Nous ne parvenons toujours pas à croire qu'en 5 ans d'existence, nous n'ayons jamais encore évoqué Ashford and Simpson ou pour faire plus court, tout simplement Valerie Simpson, qui, on doit bien le dire, était la tête pensante et le génie du duo qu'elle forma avec Nickolas Ashford jusqu'à la mort de ce dernier en 2011.  

On baise forcément les pieds d'une femme qui a écrit "I'm every woman" pour Chaka Khan, "California Soul" pour les 5th Dimension, "You're all I need to get by" pour Marvin Gaye et Tammi Terrell ou "The Boss" et "It's my house" pour Diana Ross. Et on recommence en découvrant ses trois albums solos enregistrés pour Motown entre 71 et 77 et qui comprennent, entre autre chose, le mirobolant "Drink the wine" qui vous donnera une claque ici

Mais pour le moment, souvenons-nous qu'en 1977, le duo s'offrait un instrumental de plus de 6 minutes sur la face B de leur album "Send it", dont Gladys Knight fera une version avec paroles en 1980 et qui demeure un de ces morceaux immortels qui vous donnent une envie subite de croisière sur le Pacific Princess. Attrapez donc un long drink et un transat. Et fermez les yeux.