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mardi 29 août 2023

Et maintenant chantons !


En 1967, 6 garçons qui cherchaient désespérément une suite à leur premier succès, une reprise de Bob Dylan sortie en 1965 et intitulée "It ain't me babe", vont connaître le tube de leur vie avec "Happy together", notre chanson de la semaine, et inspirer aussitôt toutes les formations masculines leur ressemblant vaguement. 

Car dans cette deuxième moitié des années 60, les groupes de filles qui semblent dominer les hit-parade : les Supremes, les Vandellas, les Shangrilas, les Chiffons, les Shirelles, ont leurs équivalents masculins, généralement un peu plus rock, voir franchement garage. Sous l'influence des Beatles, ces messieurs ont généralement les cheveux un peu longs mais aiment les costumes ou les cols mao. 

Et sans même essayer de se distinguer des Turtles, on va donc enregistrer "Happy together", avec parfois les mêmes arrangements, les mêmes choeurs et pratiquement le même son. 


Le dernier exemple, les Free Design, est un peu particulier puisque incarnation des groupes sunshine pop de la fin des années 60, et sur le sujet, vous pouvez retrouver l'excellent article consacré au genre ici-même, le groupe va disparaître au cours des années 70, pour connaître une résurrection au début des années 90 avec le mouvement Easy Listening. Soudainement leurs albums, qu'on abandonnait pour quelques centimes dans les solderies jusqu'alors, vont devenir plus recherchés qu'un bootleg de Prince. La vie, toujours aussi paradoxale...

On recherche beaucoup moins les vinyles gravés par les cousines King entre 1968 et 1976 et c'est un tort. Formation dérivée de la famille King, star de la variété et des albums de Noël pendant presque 30 ans, les cousines étaient fraiches, bondissantes et aimaient les harmonies. Elles étaient donc heureuses ensemble, et oui, nous allons oser terminer là-dessus. 

mardi 17 juillet 2018

Et maintenant chantons !




A la suite des Boswell Sisters que nous évoquions hier, la musique américaine va subir l'invasion des trios familiaux et les années 30, 40 et 50 vont brusquement redonner un certain espoir aux familles accablées par la naissance successive de trois filles : pas de problème, on va les mettre derrière un micro. Les Andrews Sisters, les Dinning Sisters, les De Marco Sisters, les Fontane Sisters, les Clark Sisters ou les McGuire Sisters vont toutes être immensément populaires et reléguer dans l'ombre les trios masculins qui régnaient depuis les années 20. 

Au milieu de tout ceci, les 6 soeurs King vont paraître un brin exotiques, et un chouia onéreuses, ce qui va pousser cette formation mormone originaire de l'Utah à revenir à un nombre plus raisonnable : 4. C'est d'ailleurs sous ce nom, the Four King Sisters que l'ensemble va bâtir sa carrière, à la radio d'abord, puis en chanteuses de big bands. Beaucoup moins populaires que les Andrews Sisters par exemple, les soeurs King vont cependant être les premières à enregistrer "In the mood", à décrocher un contrat de 7 ans avec la MGM et une émission de radio régulière à Los Angeles, remplaçant... les soeurs Boswell parties à New York. 
























Si le fait qu'une des sœurs soit mariée au chef d'orchestre Alvino Rey va certainement leur permettre de se produire constamment dans les années 40, les années 50, qui renvoyèrent dans l'oubli beaucoup de groupes vocaux, vont au contraire être assez surprenantes pour les soeurs King qui venaient de décider d'abandonner un peu le swing pour un répertoire plus mature et sophistiqué. 

Repérées par un agent de Capitol, les King Sisters se retrouvèrent signées dans le label le plus chic et lancées en 1957 comme un nouveau groupe plein d'avenir... 20 ans exactement après leur premier enregistrement. Succès, à la surprise générale, et triomphe lorsque les soeurs décidèrent pour un concert spécial d'inviter toute leur famille, c'est à dire beaucoup de monde puisqu'on n'envisage pas vraiment l'enfant unique lorsqu'on est mormon. 























Sans le savoir, les soeurs King venaient de donner naissance à la King Family, à laquelle on va proposer un show télévisé et un contrat pour une poignée d'albums qui vont tous être certifiés platine. Ode aux naissances multiples et à la joie des cousinades, la famille King va devenir une véritable institution et lancer par la même occasion des produits dérivés, à l'image des Four King Cousins, quartet féminin très 60's déjà rencontré sur nos pages, composé de certaines filles des soeurs King. 

Toujours blondes, toujours belles, toujours rangées de la plus petite à la plus grande, les soeurs King restaient cependant les gentilles organisatrices de ces orgies familiales. La dernière soeur est décédée en 2013 mais l'esprit survit. Et pas qu'à Salt Lake City. 

samedi 5 mai 2012

C'est samedi : soyons musical !


Ce n'est pas nous qu'il faut remercier pour les mp3 du weekend mais notre très suave ami Maxime qui, il y a quelques semaines, nous envoyait la merveille qui suit. Hommage aux Brushing, à notre bienfaitrice et à la mousseline bleue, cette vidéo nous mettait en présence de quatre déesses dont nous n'avions jamais entendu parler. Ce fut un choc.


Comme nous savons parfois faire preuve d'intuition, les quatre jeunes femmes, sous le nom de Four King Cousins, n'ont pas mis bien longtemps à nous évoquer les King Sisters, déjà pour la simple raison qu'elles portent toutes les 8 le même nom. Quelques recherches plus tard, Wikipedia nous donnait raison : ce sont les mêmes, enfin presque, puisque les premières sont les filles et nièces des secondes.

Composé de 4 des 6 soeurs Driggs (mais elles finiront toutes par intégrer le groupe à un moment donné ou à un autre), les King Sisters, ou Four King Sisters, vont apparaître au tournant des années 40, d'abord comme chanteuses de grandes formations puis comme solistes. Certainement parmi les moins douées ou en tout cas les moins spectaculaires de toutes les soeurs chantantes de l'époque (chronologiquement les Boswell, les Andrews, les Dinning, les McGuire et leurs versions exotiques les De Marco et de Castro...) elle vont tout de même enregistrer pendant plus de 30 ans, longévité dont peu de sisters peut se targuer.



Très blanches, très blondes et très inoffensives, jusque dans leurs harmonies, les King Sisters vont, sans le savoir, donner naissance à une institution aux Etats-Unis en prenant l'habitude de faire monter, lors de leurs concerts, leurs enfants sur scène. Elles sont 4 dans la lumière mais en fait 6, elles ont de plus 2 frères, cela fait beaucoup d'enfants, de cousins et de nièces. La King Family vient de naître, bientôt surnommée, parce qu'on n'a pas peur des superlatifs aux Amériques, "the first singing family"...ce qui n'est pas très suave pour les Von Trapp.

Mais les King sont 32, nombre qui éclipse tout le monde et ils deviennent à partir de 1960, les vedettes d'un show sur ABC dont le point d'orgue sera l'épisode de Noël. Dorénavant leur show du 25 décembre devient aussi incontournable que les rediffusions de "Miracle sur la 34e rue" ou "Meet me in St Louis".



Si les King Sisters vont rester le ciment de la King Family (elles chantaient encore pour le ball d'investiture de Ronald Reagan en 1985), la jeune génération va rapidement se distinguer et notamment celles qui nous intéressent et vont devenir les Four King Cousins : Tina, Cathy, Candy et Carolyn.

Tina et Cathy étaient soeurs, filles de Yvonne King et Buddy Cole, pianiste et organiste qu'on entend sur beaucoup de compositions d'Henry Mancini et Candy et Carolyn leurs cousines.



Les Four King Cousins vont rapidement apparaître comme une version jeune et fraîche des King Sisters, témoignant du même goût pour les empilements capillaires et les mélodies où il est impossible de déceler la moindre trace de soul. Les cousines sont aussi blanches qu'étaient leurs mamans et tatas.

Devant leur popularité grandissante, Capitol, qui a déjà sous contrat les aînées et où travaille plusieurs membres de la famille, va leur faire enregistrer un album, dont le titre, "Introducing the Four King Cousins" laissait présager de nombreuses suites. Il n'y en aura pas, malgré le soin apporté à la réalisation et au choix des chansons : Burt Bacharach et les Beatles entre autre, mais pouvait-on faire sans les Beatles en 1969 ?



Le seule et unique album des Four King Cousins est une capsule temporelle où on aurait enfermé pèle-même des robes au-dessus du genou, des vocalises un peu frontales, des bigoudis et une décapotable. Idéal pour partir voir la mer donc ? Pour la mer, pour un feu de cheminée, pour une grasse matinée ou un drink d'avant dîner.

Un album multi-tâche avec des cousines prêtes à tout pour vous satisfaire. Suave... selon la liste de lecture figurant sur pochette qui s’agrandit, nous ne voudrions pas vous faire perdre des dixièmes.


Et pour télécharger tout ce bonheur au format zip vous savez comment faire.