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jeudi 25 juillet 2024

Et maintenant chantons !


Si nous évoquions hier la grand invasion britannique de 1964, et la folie pour tout ce qui pouvait être british en ce milieu des années 60, et qui fut relativement profitable à "You came a long way from St Louis", il serait évidemment fâcheux de ne pas évoquer qu'au même moment se déroulait une autre révolution, cette fois sur le territoire américain et qui n'allait pas tarder à se répandre à la surface de la planète. 

Grande année décidément que 1964 : au moment où les Beatles mettait un pied aux USA, dans un studio d'enregistrement de Detroit, les Supremes enregistrait sans grand enthousiasme "Where did our love go", sans enthousiasme puisqu'elles héritaient, encore une fois, d'une chanson refusée par d'autres artistes Motown plus célèbres, en l'occurrence ici les Marvelettes.

Après trois années de labeur acharné et de singles qui n'allaient nulle part (n'étaient-elles pas surnommées les "no hits Supremes" ?), enfin le trio voyait le bout du tunnel. "Where did our love go" monta jusqu'à la première place du top 100 et suivirent 4 autres numéro 1 consécutifs, du jamais vu. La Motown était lancée, les artistes noirs enfin bankable et le R'n'B le roi du monde. 


Très très blanche à sa création, dans les années 60, "You came a long way from St Louis" devient blues, soul, un peu rock n'roll et donc très rhythm and blues, ce qui est facilement confirmé par des versions que vont livrer Etta James, Gloria Lynn ou Della Reese mais calmons-nous puisque nous gardons Della pour demain. 

Mais la preuve irréfutable qu'un titre est à présent parvenu à séduire à peu près tout le monde, peu importe ses origines, sa couleur de peau et la puissance de sa glotte est évidemment lorsqu'il entre au catalogue de la Motown, interprété par deux des plus grandes stars du label. 1965 : Marvin Gaye, Mary Wells. C'est l'extase. 

mercredi 11 août 2021

Et maintenant chantons !


Où en sommes-nous en ce troisième épisode de notre saga musicale consacrée à "Chariot" ?

Petula Clark a obtenu lors de l'été 1962 son premier triomphe en langue française. Un peu trop enthousiaste, elle a aussitôt proposé une version italienne et allemande de son tube légèrement cowboy mais patatra, à chaque fois, elle s'est faite doublée par des artistes locaux s'étant déjà approprié la chanson. Les numéros 1 s'échappent. De ces semi-échecs, Petula pourrait largement se remettre, après tout elle n'est ni turinoise, ni colonaise. 

Et finalement, ce qui sera vraiment difficile à avaler, c'est l'échec, cinglant lui par contre, de sa version anglaise de "Chariot", "I will follow him", qui sort dès la fin 1962 en Angleterre et début 1963 dans le reste du monde. 






















Elle n'a pas encore 15 ans, elle est trop chou avec ses gants blancs et son col Claudine, elle n'a sorti qu'un unique 45 tours mais ses producteurs croient en elle et lui confie "I will follow him" : elle en vendra des millions et reste à ce jour la plus jeune artiste à avoir décroché un numéro 1 dans le top 50 américain. 

C'est donc à Little Peggy March que Petula Clark devra l'échec de sa version anglaise de "Chariot", une petite (moins d'1m50) chanteuse venue de Pennsylvanie et dont aucun autre titre ne rencontrera le succès aux Amériques. 

A tel point qu'à partir de la fin des années 60, Peggy s'installe en Allemagne où elle resta jusqu'en 1999. Elle y connaîtra un carrière très honorable. On peut ces jours-ci la croiser à Palm Springs ou dans le circuit lounge en Floride. Et il est amusant, forcément, de voir son évolution d'écolière à Joker. 



































Une autre chanteuse qui ne portera pas exactement Peggy March dans son coeur sera Dee Dee Sharp, autre "collégienne" de la chanson mais aussi noire que Peggy était blanche et qui avait déjà à son actif quelques 45 tours et quelques succès. 

En ce début des années 60 où il existe encore nettement deux marchés du disque aux USA, un blanc et un noir, et où les artistes blancs pillent régulièrement les succès des chanteurs "colorés" dans ce qu'on appelle aujourd'hui le whitewashing et qui dura facilement jusqu'aux années 70, Dee Dee aurait dû être la Peggy March afro-américaine.

"I will follow him" de la petite chanteuse fut un tel succès qu'elle se hissa jusqu'aux premières place du classement R n' B, une autre première. Et si on ajoute que Peggy March fut aussi l'auteur du tube de Pia Zadora et Jermaine Jackson, "When the rain begins to fall", nous pouvons conclure que Peggy était loin d'être la jeune fille d'un seul tube.