Célébrons la toge, la tunique et même la serviette nouée.
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vendredi 7 juin 2019
dimanche 3 novembre 2013
Soyons-Suave vous fait gagner 90mn.
Dans son immense suavitude, "Soyons-Suave weekend" vous propose de gagner 90mn (c'est une moyenne) en vous racontant en 5 photos un film un peu éloigné de nos préoccupations habituelles. Comme nous vous en présentons les grandes lignes et même la fin, vous pourrez vous abstenir de le voir mais pourrez cependant en parler. Ne dites rien, cela nous fait plaisir.
Et cette semaine, nous avons regardé pour vous "Hannibal rising", également intitulé dans notre beau pays "Hannibal Lecter : les origines du mal", réalisé en 2007 par Peter Webber. Mais de quoi est-il question, même si le titre français nous met sur quelques pistes ? Voyons cela en 5 instants choisis.
Le petit Hannibal Lecteur vit heureux dans le château familial et bucolique de Lituanie, sans se douter qu'ailleurs, la Seconde Guerre Mondiale fait rage. Il va cependant le découvrir un peu brutalement lorsque l'explosion d'un tank nazi tue ses parents et que sa sœur adorée est mangée en ragoût par d'odieux déserteurs lituaniens. Mais enfin c'est la guerre, c'est la Lituanie et surtout, c'est l'hiver.
Orphelin, Hannibal, qui est devenu en grandissant Gaspard Ulliel, se souvient soudainement qu'il a un oncle en France et que l'hexagone a toujours accueilli avec grand plaisir les réfugiés des pays baltes. Malheur : tonton est mort. Heureusement tata, qui est japonaise et qui, en l'occurrence, est Gong Lee, le reçoit à bras ouvert et lui apprend aussitôt les arts martiaux.
C'est en découpant en tranches un affreux boucher qui s'était moqué de tata que Hannibal trouve enfin sa vocation. Lui qui hésitait entre le dessin et la mandoline sera finalement vengeur masqué. Il a goûté au sang (littéralement) et maintenant il veut la tête des bandits qui ont tué sa soeur.
Après un voyage expéditif en Lituanie, Hannibal est de retour en France où vivent tous les méchants qu'il recherche. Et méchants, ils le sont vraiment puisqu'ils sont tous devenus proxénètes/marchands d'armes/tueurs, les "/" n'indiquant pas des choix possibles puisqu'ils sont devenus tout cela à la fois. Le pire de tous est incontestablement Grutas, qui comprenant qu'une vengeance est en marche, kidnappe Gong Li et entreprend de farfouiller sous son kimono.
Puisque décidément on ne touche pas à la famille, même par alliance, Hannibal sauve Gong, tue tous les méchants et après avoir découvert qu'il avait lui aussi mangé sa sœur, mais sans le savoir, part aux Etats-Unis où réside le dernier lituanien de sa liste, devenu, lui, taxidermiste.
Mais quelle vie ! Quel départ dans l'existence ! On en deviendrait fragile psychologiquement pour moins que cela. Eh bien figurez-vous que cela tombe bien que vous disiez cela car justement, Hannibal va devenir psychopathe. Surfant sur la tendance "prequel", "Hannibal rising" nous explique comment Hannibal Lecter est devenu ce qu'il est, c'est à dire Anthony Hopkins dans "Le silence des agneaux", ce qui, physiquement, est une réflexion assez terrifiante sur les ravages du temps qui passe.
Évoquons tout de suite peut-être le frais minois de Gaspard Ulliel, qui arbore la fossette la plus étrangement placée du cinéma français et qui compose un personnage tout en finesse reposant sur ce postulat simple : "Je suis fou donc je ne souris pas mais fais à la place un rictus que je veux démoniaque".
Gaspard, qu'on connait charmant, ricane dans deux scènes sur trois et nous sommes presque certains de l'avoir même, à un moment, entendu ajouter "Gnark gnark gnark" mais cette information mériterait, pour être confirmée, un nouveau visionnage approfondi.
Reconnaissons tout de même l'aide formidable de la fossette qui permet au sourire d'atteindre la tempe droite.
Devons-nous en avoir honte ? Peut-être. En tout cas, "Hannibal rising" nous a permis de voir en entier, non seulement une prestation de Gaspard Ulliel mais surtout un film avec Gong Li. Etant totalement amoureux de Michelle Yeoh, il nous a toujours semblé impossible, par déontologie, de poser les yeux sur une autre actrice asiatique. Nous l'avons fait et finalement les choses se sont assez bien passées. Reconnaissons que Gong a de très beaux cheveux qui eux-aussi jouent très bien. Ils semblent même parfois presque plus expressifs qu'elle mais ce n'est là, bien sûr, qu'une opinion personnelle. Que confirme L'Oréal ? Ah très bien, nous le notons.
Si, en lui-même, "Hannibal rising" ne fait de mal à personne, il est tout de même l'illustration des problèmes rencontrés par les réalisateurs de coproductions internationales aux castings eux-aussi bigarrés et multilingues. Peter Webber, à qui nous devons l'atroce "Stepford Wives" de 2002, ne pouvait décemment pas apprendre le français, le mandarin, le tchèque et l'italien (le producteur n'est autre que Dino de Laurentiis) tout en menant de front son plan de travail.
Nous supputons par conséquent des conseils dans la direction d'acteur allant à l'essentiel, de l'ordre de "Toi fou", "toi méchant", "Toi japonaise" et "Toi mort". C'est en tout cas ainsi que joue l'essentiel des comédiens, la palme revenant à Rhys Ifans dans le rôle de Grutas, lui si drôle et décalé dans "Coup de foudre à Notting Hill" et soudainement si... méchant mais vraiment méchant dans "Hannibal rising".
Sa prestation en Grutas possède l'avantage de se présenter comme une sorte de rétrospective des plus grands psychopathes du cinéma depuis les Frères Lumières, dessins animés compris. Gaspard est fou donc il sourit, Rhys est méchant donc il parle très près du visage des gens et les pince ou les lèche, c'est selon.
Terminons par le degré de suavitude de "Hannibal rising" et ne vous cachons pas qu'il est très bas. Gaspard exhibe un peu de peau, Rhys un torse glabre mais la grande déception provient de Kevin McKidd en qui nous fondions beaucoup d'espoirs. Eh bien rien ! Kevin passe d'un uniforme miteux à un costume trois pièces sous lequel la costumière a glissé un coussin pour nous faire comprendre qu'il avait vieilli. Ce n'est pas dans "Rome" que l'on aurait fait cela.
Autres temps...
dimanche 23 septembre 2012
Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où des effets spéciaux troublèrent la quiétude de Rome.
En 2002 et pour la première fois de leurs histoires respectives, la très sérieuse BBC et la rigolote chaîne à péage américaine HBO décidèrent d'unir leurs efforts et surtout leurs finances afin de produire ce qui demeure encore aujourd'hui, une des séries les plus chères jamais diffusées : "Rome".
Prévue au début en 5 saisons, il apparut rapidement que les coûts de productions étant tels, deux saisons seraient amplement suffisantes. Lancée en 2005 pour la saison 1 et en 2007 pour la 2, "Rome" fut un succès immédiat, international et qui sert encore aujourd'hui de référence, de la même façon que "Moi, Claude empereur", datant de 1976, servit pendant 30 ans de maître étalon à toute série impliquant des toges et des orgies.
Loin cependant de son modèle, "Rome" se distingua aussitôt de "Moi Claude Empereur" par des inexactitudes historiques qui firent le bonheur des spécialistes déchaînés mais surtout une intrigue plus proche de "Desperate housewives" que de "La guerre des Gaules". On y suivait certes, l'Histoire avec un grand H mais surtout la beaucoup plus petite existence de soldats, tribuns, esclaves, matrones et occasionnellement Marc-Antoine ou Brutus.
Cela suffit-il à faire d'une telle entreprise un succès ? Bien sûr que non ! "Rome" utilisa, afin de s'assurer une audience confortable, deux bottes secrètes auxquelles effectivement le public résiste rarement : les effets spéciaux et la nudité. "Rome" est visuellement une série spectaculaire, parce qu'on s'y croirait et parce qu'on y voit beaucoup de zizis et de toutounes, mots qui ne se trouvent ici que parce que nous avons perdu un pari stupide hier soir.
C'est à partir de l'épisode 4 de la saison 1 que la série décolla véritablement, en raison d'une scène de bain dans laquelle l'un de ses acteurs principaux, le très charmant James Purefoy qui interprète Marc-Antoine, s'y montre entièrement nu. James est européen et tout le monde sait que l'Européen est assez libéré. HBO est une chaîne cryptée et qui peut donc se permettre l'impensable pour les réseaux nationaux tels que CBS ou NBC. Malgré tout, ce corps offert à l'oeil et aux ablutions fit son petit effet et on commença à spéculer sur le prochain, ou la prochaine, à franchir le pas dans la série.
Les choses prirent une ampleur différente lorsqu'un magazine interviewa un des responsables des effets spéciaux de la série et que celui-ci, entre deux commentaires sur les décors, les trucages et d'autres détails inintéressants, glissa que la technologie permettait aussi de petits ajustements, comme d'augmenter digitalement la taille des pénis. Interrogé sur le sérieux d'une telle remarque, le spécialiste ajouta que son service avait bien aidé un acteur dans une scène qui nécessitait de se montrer sous son meilleur jour. Le lendemain, l'anecdote apparaissait sur la page Wikipedia de James Purefoy.
Il est difficile de décrire les semaines qui suivirent cette révélation et deviner qui avait eu recours à Photoshop devint une activité très répandue. On alla même jusqu'à poser la question à Purefoy lui-même, qui répondit qu'il pouvait regarder la scène et déclarer "Oui c'est bien moi, 100% naturel". Mais peut-on dire autre chose...
Ce n'est que bien après la diffusion de la saison 2 que la vérité tomba enfin : des effets spéciaux avaient bien été utilisés afin d'aider un comédien, dont, d'ailleurs, tout le monde cherchait à connaître le nom. Dans l'épisode 6 de la saison 1, on offre à l'une des héroïne un esclave particulièrement bien membré en ajoutant "qu'un large pénis est toujours apprécié". Il fallait que la chose soit donc conséquente puisqu'elle était accompagnée d'un gros plan. Un clic sur un ordinateur permit un grand choc.
S'il en rit, le pauvre James Purefoy est toujours poursuivi par cette histoire, raison sans doute qui le pousse, à sauter hors de ses vêtements dans pratiquement chacun de ses films et parfois même en compagnie de certains de ses anciens collègues.
Il est cependant fort suave de penser que des questions de technologies brouillèrent un temps la réception d'une série historique. Les producteurs de "Spartacus" la série se souvinrent certainement de la leçon. Pour ne gêner personne, tout le monde s'y montre nu. Est-ce pour cela qu'on regarde ? Pas seulement...
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