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lundi 3 juillet 2017

Et maintenant dansons !



Le premier disco de "Soyons-Suave en vacances" vous prouve, bien plus que nous ne pourrions l'expliquer, que cet été, nous allons explorer les sous-sols de ce genre, déjà copieusement illustré au cours de nos étés 2014 et 2015. 

Paul Jabara par exemple, immortel (enfin non puisqu'il disparut en 1992) compositeur pour Donna Summer, Barbra Streisand et les Weather Girls, fut aussi responsable de ce "Honeymoon in Puerto Rico" en 1979, ode au mariage et à cette petite île des Grandes Antilles, copieusement amochée par West Side Story. On l'entendit beaucoup moins que "Last dance" ou "Enough is enough" produit la même année et c'est dommage puisque le morceau, à l'origine de 14 minutes, se terminait par "disco divorce", proposant donc une vue d'ensemble de la vie maritale mais sous une boule à facettes. 

Détail curieux : Paul Jabara, inhumé au cimetière de Green Wood dans l'état de New York, délicieux lieu de dernières résidences qui prit le Père Lachaise comme source d'inspiration architecturale et organisationnelle, est inscrit au programme d'un tour organisé proposant de visiter les tombes de défunts LGBT ou supposés l'ayant été. Vous pouvez vous renseigner ici-même. Ah c'est sûr, ça change des églises et des châteaux de la Loire. 


dimanche 10 avril 2016

Les très suaves heures de l'Histoire contemporaine : le jour où Donna Summer eut 23 orgasmes.






















En ce début d'année 1975, Donna Summer est un peu perturbée. Née Ladonna Gaines à Boston, elle vit depuis la fin des années 60 en Allemagne où elle a suivi la troupe de la comédie musicale "Hair" et où il lui a semblé rigolo de mettre ses pas dans les pas de son père qui stationna à Berlin à la fin de la seconde Guerre Mondiale. 

Désormais bilingue, Ladonna, rebaptisée Donna Gaines et parfois Gayn Pierre (???) a épousé un acteur autrichien du nom d'Helmut Sommer dont elle a eu une fille et a vite divorcé, elle est choriste et un peu mannequin, elle a enregistré quelques singles et a surtout fait la connaissance d'un producteur/compositeur du nom de Giorgio Moroder qui l'a aussitôt signé sur son label Oasis. Et notons ce nom quelque part puisqu'il va resurgir. 



















Sous la houlette de Giorgio et son associé Pete Belotte, Donna Sommer, devenue suite à une erreur typographique Donna Summer, vient de connaître les premiers frissons de la célébrité en voyant deux de ses singles devenir des succès modestes mais des succès tout de même, notamment en France. 

L'avenir serait donc radieux s'il n'y avait cette maquette que Giorgio vient de lui faire enregistrer, un morceau un peu coquin qui s'intitule "Love to love you", d'après une idée de Donna elle-même qui imaginait une petite chose assez romantique jusqu'à ce que son producteur pygmalion ne lui demande, en plein enregistrement, de se mettre à gémir en simulant une petite séance de plaisir solitaire.

Un peu honteuse, Donna a demandé à ce que la chanson soit offerte à quelqu'un d'autre. Mais elle reste perturbée, ignorant qu'à plusieurs milliers de kilomètres de là, Neil Bogart, président de Casablanca Records, est lui aussi perturbé et que de ce double embarras va naître l'un des plus gros succès disco de tous les temps et une terrible méprise pour Donna. 













Né Neil Bogatz à Brooklyn, Neil Bogart voue une telle vénération à l'encontre du grand Humpfrey qu'il changera vite son nom en hommage à son idole et baptisera la société qu'il crée en 1973 du nom du plus célèbre film de Bogie. Au faîte de sa gloire, les locaux de Casablanca Records seront même une exacte copie du Rick's Café Américain mais cela n'a que peu de choses à voir avec notre belle histoire du jour.

Si ce n'est, cependant, que cela illustre tout de même le sens de la démesure qui caractérisa Neil Bogart, autant reconnu pour les sommes qu'il dépensa en fêtes somptueuses que pour celle qu'il engrangea avec sa compagnie.


















Clairement, la vie de Neil Bogart est un film, à tel point d'ailleurs qu'un biopic fut en préparation en 2013 avec Justin Timberlake dans le rôle du producteur, projet sans doute enfoui quelque part et qui ne manquera pas de resurgir un jour... ou pas.

En 1973, après avoir fait ses armes chez Buddah Records où il s'occupa notamment de Gladys Knight, Neil s'associe avec Warner pour créer Casablanca, dont il rachète les parts un an plus tard après s'être rendu compte que Warner s'intéressait peu aux artistes signés par lui. Le producteur s'est par exemple entiché d'un quatuor étrange nommé Kiss qui ne vend rien. Désormais seul maître à bord, mais considérablement endetté, Neil mise tout sur un album d'extraits du talk show de Johnny Carson, immensément populaire. A peine distribué, les exemplaires sont renvoyés à la maison mère : c'est un échec.



















Ce qui va suivre est éminemment suave même si de nombreux points relèvent sans doute de la légende. Dans un premier temps, en Allemagne, Giorgio Moroder a décidé de sortir le titre enregistré par Donna et qui est un immense collector si le mot "Baby" en est absent. "Love to love you", que Donna déteste et qui fait 3 minutes, rencontre une fois encore un succès modeste, il marchotte aux Pays-Bas mais Giorgio y croit. Il le joint donc à deux autres productions qu'il envoie à Casablanca Records avec qui il aimerait collaborer pour s'ouvrir le marché américain.

A Los Angeles à présent, Neil Bogart, totalement déprimé à l'idée de devoir mettre Casablanca à peine crée en faillite, consulte le courrier du jour et s'arrête. Dans la pile quotidienne se trouve un paquet d'une société nommée Oasis (le label de Giorgio, rappelons-nous, nous l'avons d'ailleurs noté quelque part...), quant il y a quelques semaines à peine, il envoyait comme carte de voeux pour la nouvelle année un message disant, en traduisant à la louche, "quelque fois dans le désert, il y a une oasis". Pour lui pas de doute, c'est un signe. Il rentre donc chez lui le paquet sous le bras.























La suite est une de ces histoires trop belles pour être vraies et pourtant : le soir même, une grande fête est organisée chez les Bogart. Neil, ou sa femme, passe le "Love to love you" de la mystérieuse Donna Summer reçu d'Allemagne le matin, la foule entre en transe et exige un second passage. Après 10 écoutes, Neil est certain de deux choses : il doit signer la chanteuse et 3 minutes, c'est beaucoup trop court.

La condition de la signature de Donna Summer et Giorgio Moroder chez Casablanca sera donc la suivante : ils doivent faire de "Love to love you" un hymne sexuel d'une vingtaine de minutes, utilisant ce qui existe déjà mais en ajoutant encore plus de "Ohhhhhh" et de "Mmmmmmm". La pauvre Donna, dont on peut tout de même relever le sens du sacrifice, retourne donc en studio et gémit pendant 8 minutes consécutives, dans le noir par honte et en se caressant le genou par pudeur. Le résultat fera 17 minutes et se nomme désormais "Love to love you baby".
























Numéro 1 des charts disco, numéro 2 des charts tout court et se vendant à plus d'un million d'exemplaires, "Love to love you baby" va catapulter Donna Summer, reine de l'amour et Casablanca Records, maison mère du disco. Le titre devient par ailleurs l'un des premiers morceaux longue durée puisque si la version de 3 minutes est commercialisée, c'est celle de 17 minutes qui est envoyée aux radios qui, fait unique, la passe sans interruption.

Un album sort dans la foulée. "Love to love you baby" occupe l'intégralité de la face A et sur la pochette, de toute évidence, Donna se tripote un peu. C'est du moins ce que l'ensemble veut laisser croire : la musique a sa première ode à la masturbation.

Et pour enfin évoquer les 23 orgasmes du titre de ce billet, c'est le nombre auquel parvinrent les spécialistes de la BBC après avoir attentivement écouté les 17 minutes et décidé que définitivement, c'était trop pour une seule femme et pour passer sur leurs ondes.



































Si nous ne nous lassons pas de cette photo mettant en scène Donna et Giorgio en souteneur et entremetteuse, tout en nous interrogeant sur l'ironie volontaire ou pas de la chose, comment ne pas se lasser par contre du discours que tiendra Donna par la suite, expliquant combien cette image de reine du sexe lui fut pénible, la plongeant dans une sombre dépression dont elle ne sortit qu'en retrouvant Dieu et quittant Casablanca.

Nous avons observé les photos, les vidéos et les captations de concert : si on força Donna à jouer ce rôle, elle fut alors l'une des plus extraordinaires comédiennes que la musique ne connut jamais.

En tout cas, "Love to love you baby" permit à Casablanca Records d'éviter la faillite, et la société devint même très riche, puisqu'au même moment,  Kiss se mit enfin à rencontrer le succès. On signa donc à tours de bras de nouvelles têtes et l'album compilation qui sortit en 1979 en dit long sur la puissance du label à la fin des années 70.






















En 1980 cependant, et suite, entre autre, au départ de Donna Summer qui venait d'aligner 14 titres classés en 19 mois, Neil Bogart quittera Casablanca qui venait d'être racheté par Polygram. Il créera aussitôt Boardwalk records et lancera une nouvelle protégée dans un genre totalement différent : Joan Jett. En 1982 à l'âge de 39 ans, il sera emporté par un cancer.

Donna Summer, elle, désireuse de rompre avec l'image sulfureuse de ses années Casablanca, trouvera refuge chez Geffen records mais sans grand succès. On ne savait, à vrai dire, pas trop quoi faire d'elle et seul Quincy Jones, en 1982, retrouva un semblant de formule magique avec "Love is in control".

Et il est finalement assez savoureux de découvrir que son plus gros succès des années 80, "She works hard for the money", sortit en fait chez Casablanca en 1983, après que Polygram ait découvert que par contrat, Donna devait à son ancien label un dernier album. Elle retourna donc la mort dans l'âme dans son ancien studio où planait encore l'ombre de Neil Bogart pour un dernier effort. Elle en vendra plusieurs millions d'exemplaires.

































Donna Summer pourra bien dire ce qu'elle voudra, on n'enlèvera jamais à Neil Bogart d'avoir offert au monde une des plus extraordinaires chanteuses et pas seulement de la période disco et d'avoir su bien faire les choses.

En 1976, pour le lancement de "Love to love you baby" et afin de célébrer l'arrivée de Donna chez Casablanca, le producteur fit faire chez Harper, la meilleure pâtisserie de Los Angeles, un gigantesque gâteau qu'il n'avait pas les moyens de payer. Il promit alors, si Harper lui ouvrait un compte à crédit, d'en faire le fournisseur officiel de toutes les fêtes Casablanca à venir. Harper accepta et avec l'argent économisé, Bogart acheta deux billet de 1ère classe sur un Los Angeles - New York afin d'expédier le spectaculaire dessert dans le club de la Grosse Pomme où se déroulait la fête.

Et un homme qui vous envoie, même une génoise par avion, est forcément suave, non ?


lundi 2 novembre 2015

Il aurait été suave qu'on pense à m'inviter.






















Nous dirions même mieux : il eut été suave que l'on pensât à nous inviter.

Surtout si on distribue des pyramides en verres.

mercredi 3 juin 2015

Et maintenant dansons !



Parlant de coloriage, le dernier album de Donna Summer avant sa mort s'appelait "Crayons". Et ça ne peut pas être un hasard. 

vendredi 16 janvier 2015

Le Brushing du jour.

































Parce qu'on n'a jamais assez de hauteur, de laque et d'anglaises, revisitons les plus suaves créations capillaires. Et pour cette six cent vingt quatrième édition, Donna Summer présente le modèle "Apache", également appelé dans certains salons "Mais enfin c'est surtout le béret qui fait tout". 

jeudi 28 août 2014

Et maintenant dansons !



Il aurait été légitime de vous en inquiéter : nous voici proche de la fin et durant tout cet été, pas un seul Donna Summer ? Cela, effectivement, aurait été une injure pour celle qui demeure la disco queen absolue, de plein gré ou à son insu mais la disco queen tout de même : de 1974 à 1979, 8 albums et rien à jeter, un exploit ! 

Puisqu'il est impossible de choisir dans le répertoire de Donna, tournons-nous vers ce "Walk away", figurant sur le double album "Bad girls" de 1979 (qui comprenait entre autre "Bad girl", "Hot stuff", "Dim all the light" et "Sunset people", les trois premiers atteignant la première place des charts !!!) et qui sera le chant du cygne de miss Summer qui ne voulait plus être une diva disco au sein de son label mythique, Casablanca Records. 

Partie chez David Geffen faire de la pop et du rock, Donna verra la sortie de son premier album post Casablanca parasitée par la mise en rayon d'une compilation intitulée "Walk away, the best of 1977-1980", sortie évidemment par Casablanca à qui Donna fit un gentil procès qu'elle perdit (elle demandait 10 millions de dollars pour l'utilisation de chansons sans son avis) tout en obtenant les droits de tout ce qu'elle avait elle-même écrit pour Casablanca, ce qui représente une fortune en copyright, Donna étant co-signataire avec Giorgio Moroder de 80% de ses tubes ! Nous rappelons aux suaves visiteurs ayant fait allemand première langue que "walk away" veut dire "va-t-en ". Ironie donc. 




mercredi 17 octobre 2012

La question suave du jour : Angela Lansbury fut-elle la première à s’asseoir sur la lune ?






















Lorsqu'en 1966, pour la promotion de la nouvelle comédie musicale de Jerry Herman, "Mame", évidemment inspirée du roman de Patrick Dennis, Angela Lansbury posa, de façon acrobatique, assise sur la lune, l'image devint aussitôt l'emblème du spectacle. Quelle brillante idée ! Quel charme et quelle fantaisie ! Mais était-ce novateur ? Pas du tout.

Angela n'était en fait que la énième vedette à poser son céans (et encore) sur l'astre lunaire, et fut loin d'être la dernière. Illustrations : 






















Déception ? Simplement à moitié. Car si Angela Lansbury ne fut pas la première à s'asseoir sur la lune, elle fut incontestablement la seule à en tomber et à rester vivante, ce qui lui permet depuis hier, en espérant que rien de fâcheux ne soit survenu dans la nuit, de fêter ses 87 ans. Très bon anniversaire, donc. 

Ce qui explique aussi pourquoi elle est notre invitée spéciale du jour.





















vendredi 18 mai 2012

Et maintenant dansons !


Maintenant c'est sûr : nous ne saurons jamais qui a laissé le gâteau sous la pluie.

samedi 19 mars 2011

Et maintenant dansons !



Et admirons les 3 minutes de gloire absolue d'un danseur tout de blanc vêtu, qui ne travailla sans doute plus jamais après ce tour de force.

samedi 17 octobre 2009

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Donna Summer tourna le dos au disco.


En 1982, Donna Summer est en plein réinvention d'elle-même. La reine incontestée du disco, la femme aux trois albums consécutifs numéro 1 des ventes, l'idole des gays veut changer d'image et de formule. Il faut dire que depuis 1974, elle est inséparable de son producteur Giorgio Moroder, rencontré à Munich où elle s'est établie après avoir obtenu un rôle dans la troupe européenne de la comédie musicale Hair : elle espérait jouait à Broadway, elle atterrit en Allemagne.

Ensemble, ils vont définir un son nouveau qui va poser les bases du disco et cela à partir d'une idée de chanson de Donna dont elle ne possédait au départ que le titre "Love to love you baby"et qui va se transformer en hymne interplanétaire : Donna grogne, Donna geint, Donna feule, c'est "Je t'aime moi non plus" version X. Et ils vont en vendre des millions, sous un format jusque là inédit : le morceau de 17mn, reprenant le vieil adage : plus c'est long, plus c'est bon.


Le problème est que 8 ans plus tard, Donna est fatiguée des envolées orgasmiques. Elle a été une Bad Girl, elle a "senti l'amour" (I feel love), elle a dansé une dernière danse (Last Dance) et exigé des trucs chauds (Hot Stuff ). Elle a donc envie d'autre chose et surtout, elle a retrouvé Dieu : elle est en effet devenue une Born Again Christian ce qui cohabite mal avec son image de reine lubrique des dancefloors. Exit donc Giorgo Moroder. Donna quitte également son label d'origine, Casablanca Records pour une nouvelle maison, Geffen, que vient de créer le millionnaire David Geffen qui la place aussitôt entre les mains expertes du déjà vétéran Quincy Jones. Mais il lui faut des chansons.

Paul Jabara, comédien, chanteur mais surtout compositeur a déjà travaillé avec succès avec Donna Summer, il lui a écrit "Last Dance " et "No more tears", le duo avec Barbra Streisand dont tous les garçons sensibles rêvaient... ils frôleront de nouveau l'érection lors du duo de Barbra avec Céline Dion 20 ans plus tard mais c'est une autre histoire. Nouveau label, nouvelle Donna, Paul se dit donc qu'il commémorerait bien la chose en offrant à son interprète fétiche un nouveau succès. Et comme il a une idée, il contacte Paul Schaffer pour qu'il l'aide à fignoler la chose. Le morceau est écrit en une après-midi de 1982 et le rendez-vous est pris avec Donna. L'entrevue durera 10mn : en découvrant les paroles où il est question d'un étrange phénomène météorologique, Donna blêmit. Elle quittera la pièce en se désolant d'avoir eu la preuve que l'âme des deux Paul est définitivement perdue, elle fera même parvenir une bible à Jabara le surlendemain.

Que faire lorsqu'on a entre les mains une pépite dont l'interprète ne veut pas ? On la propose à quelqu'un d'autre. Il se trouve que Jabara louche vers un duo assez atypique appelé Two Tons Of Fun, composé de deux anciennes choristes de plus de cent kilos chacune du chanteur Sylvester, Martha Wash et Izora Armstead et qui viennent de rejoindre Columbia records, sa maison de disque. Les deux femmes écoutent la chanson, l'adorent, la chose est faite : elles l'enregistrent et changent de nom au passage, elle deviennent les Weather Girls et c'est elles qui deviennent, pour l'éternité, les créatrices de cette fameuse chanson : "It's raining men".


Donna Summer ne dit jamais si elle regrettait d'avoir laissé filer ce tube mondial maintes fois repris depuis... elle préféra expliquer alors qu'on ne lui demandait rien que le sida était une punition de Dieu envoyé aux homosexuels. Elle se perdit dans le rock puis la dance, elle tenta de revenir l'année dernière avec un album aux sonorités techno. Les Weather Girls enregistrèrent 3 albums avant de se séparer, ne retrouvant jamais le succès de leur premier single.

Mais Martha Wash, une des deux Weather Girls, ne tarda pas à se retrouver de nouveau devant les projecteurs, de la justice et des médias cette fois-ci, lorsqu'elle fit un procès à trois producteurs italiens qui lui avaient fait enregistrer une dizaine de morceaux supposés rester de simples demos et qu'elle eut la surprise d'entendre à la radio, sauf que ce n'était pas elle qu'on citait. L'été 1989, Black Box et sa longiligne chanteuse Katrin, de son vrai nom Catherine Quinol, un mannequin français, dominent les hit-parade avec "Ride on time" puis "I don't know anybody else" suivi de "Everybody Everybody" et "Strike it up". Le problème est que Katrin ne chante pas une note, elle bouge simplement ses lèvres sur la voix puissante de Martha Wash, dans les videos mais également en concert. Martha attaqua donc et gagna; tout d'abord l'obligation que son nom apparaisse sur tous les albums, singles et articles sur le groupe mais surtout que plus jamais une telle situation ne se reproduise.


Grâce à Martha Wash, il est désormais impossible qu'un artiste soit doublé sans qu'on le sache. Et si il est déjà formidable d'être connue pour avoir chanté un tube intemporel, n'est-il pas encore plus suave d'être à l'origine d'une loi défendant les opprimés ? Martha Wash n'est pas qu'une chanteuse, c'est presque une sainte.