Parce qu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux, Soyons-Suave est heureux de vous offrir Diahann et quelques ami(e)s poussant occasionnellement la chansonnette.
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mardi 1 août 2023
lundi 27 février 2023
mercredi 30 octobre 2019
La question du jour : est-ce plus suave avec des accessoires ?
Lorsque nous songeons qu'il serait peut-être temps d'arrêter Soyons-Suave (idée qui passe puis disparaît, rassurez-vous...), invariablement, un nom, un film, une histoire surgit qui nous fait alors réaliser que nous n'en avons pas encore parlé sur nos pages et que c'est un manquement grave au projet initial de ce blog : rendre le monde plus suave et saluer ceux qui ont contribué à sa suavitude.
Et s'il est un nom qui revient régulièrement, c'est incontestablement celui de Carl Van Vechten, journaliste, écrivain et photographe qui, selon la formule qui lui est généralement consacrée, participa dans les années 20 à la renaissance de Harlem.
Afin de vous éviter une recherche de type "Harlem renaissance" sur Google, disons que Carl fut à l'origine de l'intérêt du public blanc pour la production artistique noire, dont le symbole le plus éclatant fut l'incroyable succès et l'influence du Cotton Club ou de l'Apollo Theater mais qui se manifesta par une curiosité totalement nouvelle pour la littérature afro-américaine.
Faisons bref car ce n'est pas le sujet du jour, Carl Van Vechten, fabuleux dandy très blond, très blanc et très riche (fortune familiale), se maria deux fois par convenance tout en fréquentant de nombreux messieurs, et avait comme occupation officielle d'être journaliste musical et spécialisé dans la danse pour le New York Times ou Vanity Fair, une niche qu'il fut le premier à occuper à la manière d'un Baudelaire "inventant" la profession de critique d'art.
Passionné par ce qu'il découvrait à Harlem, déclaré le quartier le plus intéressant de New York, Carl consacra livres et articles à la culture afro-américaine quand personne même ne soupçonnait qu'une telle chose puisse exister et passait son temps libre à organiser des dîners au cours desquels ils présentait des artistes et intellectuels noirs à des éditeurs et mécènes blancs, permettant aux premiers une exposition qu'ils n'auraient jamais cru possible.
Mais ce qui est savoureux est la passion qui anima Carl pour la photographie, qu'il pratiqua en amateur d'abord en noir et blanc et, dès que cela fut possible, en couleurs, donnant naissance au premier portfolio des célébrités noires de l'histoire. Installé dans sa propre maison, son studio accueillit absolument tout le monde entre 1930 et sa mort en 1964, blancs, noirs, américains, étrangers de passage, avec un seul critère : qu'ils soient intéressants et un style inimitable : la science de l'accessoire étrange. Illustrations :
Notons une certaine tendresse pour les plumeaux aux couleurs chamarrées.
Carl Van Vechten, qui devait avoir des malles d'objets rigolos, aimait en fait donner l'impression que ses clichés étaient plus des photos prises entre amis que des portraits figés, d'où ces fonds très hétéroclites, généralement des tentures accrochées rapidement ou des lais de papiers-peints tendus en croisant les doigts pour qu'ils ne s'écroulent pas.
Il ne laissa même pas ses accessoires de côté lorsqu'il immortalisa Dali, Truman Capote ou Gertrude Stein, son amie et idole absolue.
Il jugea par contre, et pour une fois, que la sobriété convenait mieux lorsqu'il accueillit devant son appareil en 1948 le jeune Marlon Brando, alors en préparation de la pièce "Une Tramway nommé désir".
Dans certains cas, effectivement, moins c'est mieux. Surtout lorsqu'il s'agit d'une chemise, non ?
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mercredi 24 juillet 2019
Et maintenant chantons !
C'est une question de survie (et pour les initiés, remarquons la première référence aux L5 sur nos pages en presque 10 ans d'existence), pour qu'une chanson puisse traverser les décennies il est impératif qu'elle s'adapte aux époques et aux humeurs, et à ce titre, "Close your eyes" va presque tout connaître.
Fox trot qui tue dans les années 30, jazz classieux dans les années 50, il était prévisible qu'un beat bossa ne s'empare de la composition de Bernice Petkere lorsque, dans les années 60, le monde découvrit que presque tout pouvait finalement passer par la moulinette Brazil, la grande folie à partir de 1964.
Il est simplement étonnant de découvrir que c'est Jack Jones qui se livrera à la métamorphose latine de "Close your eyes", fort jolie voix mais crooner un peu planplan mais qui venait de prendre un virage pop grâce à Burt Bacharach et son "Wives and lovers".
Toujours fringuant et toujours sur scène à plus de 80 ans, Jack Jones restera cependant pour beaucoup l'interprète de l'immortel générique de "La Croisière s'amuse", oui, "The Love Boat", c'est lui.
Et encore aujourd'hui, il remercie chaque matin les producteurs des 8 premières saisons et joue aux fléchettes avec la photo de ceux de la neuvième, qui eurent l'idée étrange de remplacer son générique par une autre version chantée par Dionne Warwick.
Et encore aujourd'hui, il remercie chaque matin les producteurs des 8 premières saisons et joue aux fléchettes avec la photo de ceux de la neuvième, qui eurent l'idée étrange de remplacer son générique par une autre version chantée par Dionne Warwick.
En 1947, Harry Belafonte était lui aussi tropical mais nettement plus calypso. Mais s'en étonnera-t-on ?
lundi 6 avril 2015
La fin du Quizz de l'Anonyme.
La réponse au Quizz de la semaine dernière, brillamment, il faut le dire, remporté par Anatis, va nous apporter un peu de chaleur puisque notre naïade sortant des flots était bien Joan Collins dans "Une île au soleil", film tropical et brûlant par son propos, en tout cas en 1957.
Anatis, votre connaissance des coupes et des brushings vous honore. C'est admirable. Vous êtes suave et voyez donc votre nom en noir sur gris cette semaine sur Soyons-Suave. Bravo !
Adaptation très prude mais une nouvelle fois très "What a cast !" du roman de Alec Waugh, "Une île au soleil", réalisé par Robert Rossen était surtout la première production indépendante de Darryl Zanuck après son départ de la Fox, ce que personne ne pouvait ignorer puisque son nom figure au dessus de tout le monde sur l'affiche et qu'il ouvrait la bande annonce du film en 1957.
Revu récemment, "Island in the sun" est la meilleure brochure pour les Caraïbes qui n'ait jamais existé, tourné en partie en décors naturels avec des gens unanimement beaux et talentueux.
On y retrouve Joan Fontaine qui se tâte en regardant Harry Belafonte, Dorothy Dandridge de retour sur les écrans après une pause de 4 ans, James Mason et bien sûr Joan Collins, affairée à séduire Stephen Boyd qui nous offrait vendredi un très joli Instant Maillot.
En produisant ce film, Zanuck savait très bien ce qu'il faisait puisque le livre avait enflammé les Etats-Unis, tant son propos était scandaleux : non pas une ni deux mais trois histoires d'amour interraciales, sur une petite île perdue du côté de la Barbade, certes, mais quand même.
Avant même que les caméras ne se mettent à tourner, le Ku Klux Klan avait annoncé les pires représailles, les Etats du Sud prévenus que tout cinéma projetant le film serait condamné. On transforma donc légèrement le propos, voilà pourquoi Joan Fontaine ne touche pas Harry Belafonte qui à la fin, de toutes les façons, la repousse, Joan Collins, qui craint un instant que sa grand-mère ne soit noire découvre qu'elle n'est pas la fille de son père et Dorothy Dandridge, qui épouse un blanc (!!!), part vivre avec son bel époux en Angleterre.
Énorme succès, porté en partie par la rumeur d'un baiser entre Joan Fontaine et Harry, "Une île au soleil" lança une petite vague de films sur le même sujet : en gros "Je l'aime mais elle est noire, même si cela ne se voit pas".
Évoquons donc "Kings go forth" dans lequel Natalie Wood avoue à Frank Sinatra que son père est de couleur, "Night of the quarter moon" dans lequel Julie London se révèle à moitié angolaise et évidemment, "Imitation of life", le Mont Rushmore du mélodrame dans lequel Susan Kohner cause bien des soucis à sa mère.
Notons la rigueur du casting très caucasien pour cette pléiade de métisses de cinéma, le seul mystère étant le fait que, de toute évidence, Susan Kohner était, dans la vie, la fille cachée de Gloria Swanson. Un grain de beauté ne saurait mentir.
Au moins lorsqu'on adapta la chanson titre, énorme succès pour Belafonte, en français, on en confia l'interprétation à Henri Salvador. Même si nous les aimons beaucoup, les numéros 1 de l'époque, Gilbert Bécaud ou François Deguelt auraient été peut-être un peu moins convaincants.
Mais cela ne reste, bien sûr, qu'une opinion personnelle...
samedi 24 décembre 2011
Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Petula Clark commit l’impensable.

En 1968, Petula Clark a toutes les raisons d'être heureuse. Avec une carrière commencée en 1942 à l'âge de 10 ans, elle a successivement été la petite fille préférée du Royaume-Uni puis, en traversant la Manche, elle est devenue l'anglaise favorite des Français.
Connue en Europe où elle se produit en diverses langues et jusqu'en Australie qui lui offrit son premier numéro 1 avec "The little shoemaker" en 1955, pour le moment, seuls les Etats-Unis ne sont pas tombés sous son charme. Ce sera chose faîte avec "Downtown" en 1964.
Petula Clark va immédiatement être accueillie comme le visage féminin qui manquait à l'invasion britannique du sol américain et dont pour l'instant les Beatles sont les porte-drapeau. Succès éclair et phénoménal, elle est récompensée par deux grammy en deux ans : comme meilleur album rock pour "Downtown" puis meilleure interprète féminine pour "I know a place" en 65. Et comme elle continue d'aligner les hits prouvant qu'elle n'est pas qu'un phénomène éphémère, on considère qu'il est grand temps de lui offrir son propre show à la télévision.
C'est la chaîne NBC qui va faire à Petula la meilleure offre et surtout accepter de se plier aux exigences de son mari et manager Claude Wolff, rencontré à Paris et qu'elle a épousé en 1961 et qui obtient que Petula conserve les droits exclusifs de son émission. Elle y chantera ce qu'elle veut, comme elle le veut et surtout avec qui elle veut. Et ce que Petula désire, c'est Harry Belafonte.
Nous ne reviendrons pas sur la beauté phénoménale d'Harry Belafonte, qui éclate de façon presque douloureuse au dessus de notre curseur et de votre souris, mais nous vous promettons de revenir très prochainement sur la vague calypso qu'il déchaîna sur le territoire américain. C'est en tout cas dans les années 50 qu'il se fait connaître comme chanteur et d'une façon peu discrète : son premier album, "Calypso", qui contient, entre autre, l'imparable "Banana boat song" se vendra à plus d'un million d'exemplaires et restera 31 semaines (!) en tête des ventes.
Acteur, on le voit à Broadway puis dans "Carmen Jones" de Preminger et "Une île au soleil", film qui fait scandale puisqu'on y suggère une histoire d'amour entre les personnages incarnés par Harry et Joan Fontaine.
Mais en 1968, c'est surtout pour ses activités militantes que Harry Belafonte est souvent dans l'actualité. Confident de Martin Luther King qu'il sort régulièrement de prison en payant les cautions, il a également participé à l'organisation de la marche sur Washington de 1963 ("I have a dream").
Le choix de Petula n'est cependant pas politique : un peu au ralenti au début des années 60, la carrière de Belafonte a trouvé un nouveau souffle grâce à ses collaboration avec Miriam Makeba et Nana Mouskouri en 1965. Il est depuis le compagnon parfait pour un duo et on l'adore à la télévision. Il est d'ailleurs le premier artiste de couleur à avoir remporté un Emmy pour un show tv.
L'enregistrement du show de Petula Clark produit par NBC et sponsorisé par Chrysler va se dérouler en mars 1968. Sa construction n'est pas révolutionnaire : Petula chante ses succès, Harry chante ses succès et les deux se retrouvent pour des duos. Mais au cours de l'un d'eux, sur un morceau composé par Petula et dénonçant la barbarie de la guerre, "On the path of glory", emportée par la chanson, Petula saisit affectueusement le bras d'Harry tandis qu'ils terminent la chanson.
En cabine le représentant de Chrysler s'étouffe : il est impensable qu'une femme blanche touche ainsi un homme noir dans un programme destiné à tous les publics. Il exige donc que ce plan soit remplacé par un autre sur lequelle Petula et Harry se tiennent à une distance raisonnable l'un de l'autre. Propriétaire des droits, Petula refuse et fait détruire aussitôt toutes les autres prises de la chanson. Et elle annonce que son show sera diffusé ainsi ou ne le sera jamais jamais.
La controverse va rapidement faire la une de l'actualité, transformant Petula en ardente défenseur des droits des minorités et Chrysler en odieux groupe raciste. La firme réagira immédiatement en limogeant le responsable outré et à l'origine du scandale.
Parce que nous sommes malgré tout aux Etats-Unis, NBC va utiliser cette publicité gratuite pour promouvoir l'émission qui va se voir annoncée dans presque tous les médias possibles. Et la méthode est payante : diffusé le 8 avril 1968, le "Petula Clark special" va être un immense succès, pour la chaîne, pour Petula, dont on disait qu'elle risquait tout de même sa carrière américaine, et pour l'image des afro-américains à la télévision.
Edité aujourd'hui en dvd comme le "légendaire" show de Petula de 68, l'émission est bel et bien entrée dans l'histoire puisqu'elle est considérée comme la première montrant une femme blanche et un homme noir dans un contact physique appuyé, et pas simplement une vague bise ou une tape sur l'épaule, ce qui pouvait tout de même être aperçu.
Mais quelle différence entre ce témoignage de complicité et d'affection et, par exemple, les doigts à peine posés de Perry Como sur l'épaule d'Ella Fitzgerald qui semble sortir du four à la fin de l'extrait qui suit et datant de 1966 :
Aujourd'hui, Petula et Harry, respectivement 80 et 84 ans vont bien, on peut de temps à autre les apercevoir et visiblement Petula était au Casino de Paris récemment mais on ne nous dit rien.
Oh : mais il manque sans doute quelque chose à cette belle histoire pratiquement de Noël :
dimanche 30 janvier 2011
Serions-nous passés à côté de Harry Belafonte ?





Autant nous maîtrisons depuis longtemps notre "Day-O" et autre "Jump in the line" (nous sommes assez calypso), autant nous n'avions jamais eu l'idée de nous arrêter sur l’interprète de "Carmen Jones". Quelle erreur et quelle surprise de découvrir que Harry, jeune, était d'une suavitude assez remarquable. Nana Mouskouri avait ses lunettes pour s'en rendre compte. Nous avons donc été myope pendant des années. Avouons-le haut et fort : oui, nous sommes totalement passés à côté de Harry Belafonte et ça sent l'obsession passagère si vous voulez notre avis.
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