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jeudi 11 juillet 2024

Et maintenant chantons !


Depuis lundi, il vous est peut-être passé par la tête que "You stepped out of a dream" était uniquement destinée aux glottes avec testostérone. Vous voyez ci-dessus qu'il n'en est rien et qu'assez rapidement, ces dames, aussi, eurent l'impression que monsieur sortait d'un rêve. Et s'il vous est, cette fois, passé par la tête en écoutant Sarah : Mais quelle voix ! Quel phrasé ! Quel vibrato !, sachez que c'est tout à fait normal.  

Enfin reconnaissons qu'elles ne furent pas non plus des wagons à s'attaquer au tube de Glenn Miller et Tony Martin, ce qui nous arrange puisque traditionnellement, le jeudi est consacré aux reprises improbables, parfois étrangères et souvent harmoniques. 

Nous avons eu beau chercher, point de version croate ou finlandaise de notre saga de la semaine, ce qui est rare, à peine une version italienne mais beaucoup d'instrumentaux et énormément de chœurs très impliqués, ce qui n'est jamais pour nous déplaire. 


En fait, "You stepped out of a dream" ne quitta pratiquement jamais les juke-box au cours des années 60, enregistré par Julie London, George Chakiris, Doris Day, Jack Jones, Vic Damone ou Ella Fitzgerald. 

On commença cependant à l'oublier un peu dans les années 70, pour ce qui est des chanteurs en tout cas, puisque depuis qu'en 1951, Dave Brubeck et Stan Getz l'avait adopté, "You stepped out of a dream" était devenu un standard de jazz. La version instrumentale continua donc son petit chemin et traversa les années 80, 90, 2000. On en dénombre même 23 versions depuis 2010. 

Que vous aimiez le piano, le saxophone, le xylophone, la clarinette, la trompette, l'accordéon, vous trouverez forcément une version qui vous séduira. Croyez-nous sur parole, nous les avons toutes écoutées. Et comme on se soucie assez peu des amateurs de harpe, nous tenions à partager avec vous la version pincée de Dorothy Ashby à propos de laquelle nous vous promettons depuis des années un billet qui ne vient pas. En attendant, elle est là et bien là. 

jeudi 29 août 2019

Et maintenant chantons !



Même lorsqu'une chanson est un tube phénoménal sous un format bien précis, dans le cas de "What's new ?", un slow déchirant, il y aura toujours quelqu'un quelque part pour dire : "Et si on essayait quelque chose de différent ? Ce serait drôle, non ?". 

Avec "What's new ?", avouons que non, cela ne l'est pas, et reconnaissons l'aspect totalement incongru de chanter sur un rythme joyeux "Hey, quoi de neuf ? Tu sais, depuis que tu m'as quitté, je suis extrêmement malheureux/malheureuse et je t'aime toujours en silence mais tout va bien. Hey !"

Rien n'ayant jamais arrêté les soeurs King dont nous évoquions l'été dernier la carrière sans fin (c'était ici), elles enregistrent en 1964 ce débridé "What's new ?" qui clairement ne veut rien dire mais qu'elles interprètent avec force conviction. La foi mormone, sans doute...

























Cependant, dès 1958, the Four Freshmen, dont nous parlions aussi l'été dernier (et c'était ici) avait entrepris de relifter "What's new ?" sur leur album "Voices in latin", sur un rythme latin comme vous pouviez vous en douter. 

Cela ne veut pas plus dire quoi que ce soit, mais c'est incroyablement léger et aérien, et évoque sans doute les immortelles paroles de Charles Aznavour qui supposent que la misère est moins pénible au soleil. Surtout lorsque c'est celui de La Havane ou Guadalajara. 

jeudi 2 août 2018

Et maintenant chantons !




La raison de la présence des Four Freshmen en ce jeudi tient simplement au fait, qu'en plus d'être absolument renversant dans leur maîtrise des harmonies, ils doivent leur existence aux Modernaires et à Mel Tormé et les Mel-Tones qui étaient parmi nous lundi et mercredi et qui les ont poussés à se former.

Et ce sont eux qui vont devenir les stars des années 50, appréciés autant par le public que par les critiques (ils vont être trois ou quatre fois élu meilleur groupe jazz de l'année) que par les musiciens, ce qui n'est pas rien. 

Formé en 1948, le quatuor, qui veut chanter du jazz va rapidement être signé par Capitol, qui très déçu par ce qu'il entend, va leur rendre leur contrat presque aussitôt. Mais l'histoire est suave : révolté, parce qu'il les adore, en apprenant cela, Stan Kenton, qui est en quelque sorte le pape du jazz instrumental à l'époque, parvient à ce qu'ils récupèrent les maquettes refusées par Capitol, il pousse notamment à la diffusion d'une chanson qui va devenir le premier tube du groupe, ce qui amènera Capitol à signer de nouveau les 4 Freshmen. 



























Les Four Freshmen vont être une source d'inspiration pour de nombreux artistes, en raison de leurs harmonies assez novatrices et parce qu'ils sont également musiciens. Ils jouent généralement la quasi intégralité des instruments sur leurs albums. 

Mais il y a quelque chose d'assez aérien et joyeux dans leurs arrangements et interprétations, qui impressionnera par exemple le jeune Brian Wilson qui se dira "Mais c'est exactement ce que je veux faire". Et il créera les Beach Boys. 

Nous adorons leurs albums de la fin des années 60 où il fallait continuer à être hip et surprenant. Et quoi de plus hip et surprenant en 1968 que Michel Polnareff, franchement... En tout cas ils existent toujours et ils sont toujours formidables. Une leçon donc.