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samedi 25 janvier 2014

Soyons-Suave vous fait gagner 90mn.

































Dans son immense suavitude, "Soyons-Suave weekend" vous propose de gagner 90 minutes (c'est une moyenne) en vous racontant en 5 photos un film un peu éloigné de nos préoccupations habituelles. Comme nous vous en présentons les grandes lignes et même la fin, vous pourrez vous abstenir de le voir mais pourrez cependant en parler. Ne dites rien. Cela nous fait plaisir. 

Et cette semaine, nous avons regardé pour vous "Insidious 2", réalisé par inénarrable James Wan et sorti en 2013. De quoi est-il question et surtout, le film a-t-il une relation même éloignée avec un autre film de Wan intitulé "Insidious" mais sans numéro ? Voyons cela en 5 instants choisis. 













Madame Lambert est assez mal à l'aise lorsque la police l'interroge sur la mort, chez elle, de la médium Elise Rainer. Cette dernière a été étranglée et seuls se trouvaient dans la pièce madame Lambert et son époux. Madame Lambert se sait innocente. Qui donc a bien pu occire l'extralucide ? 














Son trouble se poursuit lorsque, installée chez sa belle-mère avec sa famille, madame Lambert se fait violemment malmener par une femme mystérieuse qui force vraiment sur le fond de teint blanc Shiseido. Il n'y aurait que cela, la vie serait supportable mais le piano du salon joue tout seul, les lumières s'allument par elles-mêmes, les portes des placards s'ouvrent sans raison, les jouets d'enfants se déplacent selon leur bon vouloir, ce qui rend impossible la tenue d'une grande maison. 















La consultation d'un voyant permet enfin à la famille Lambert de comprendre ce qui ne va pas chez eux : un esprit diabolique leur en veut, à eux et à leur aîné. Là encore, on comprend que la famille Lambert, très ouverte d'esprit, pourrait s'en accommoder si il n'y avait plus grave. 















Il semble en effet que monsieur Lambert ne soit pas monsieur Lambert, disons qu'il a l'apparence de monsieur Lambert mais est en fait un autre esprit diabolique, qui se révèle être le fils du premier esprit diabolique qui n'est autre que la femme fardée (Bonjour Françoise) déjà mentionnée. L'esprit qui habite monsieur Lambert veut tuer tout le monde, ce que ne peuvent accepter ni sa femme ni sa mère. 















Comme tout le monde le sait, la meilleure façon de se débarrasser d'un esprit est d'en appeler un autre. Convoquant dans une autre dimension la voyante retrouvée morte chez les Lambert, on récupère le vrai monsieur Lambert, on élimine le premier esprit et son fils et on libère la voyante qui, sous forme ectoplasmique, va désormais pouvoir aller visiter les fantômes coincés sur terre, une sorte de seconde carrière dont rêvent bien des gens ayant dépassé la cinquantaine. 

Avant tout, nous tenons à préciser que ce résumé ne couvre qu'un tiers du scénario, ce qui est une bonne chose si vous êtes amateurs de tortures chinoises et une très mauvaise nouvelle si vous trouvez que déjà, "Insidious 2" possède tous les éléments pour vous provoquer une sévère céphalée. Nous n'irions pas jusqu'à dire que nous n'avons pas tout compris, avouons simplement qu'un certain ennui a entraîné une sorte de désintérêt croissant qui a fait que, peut-être, notre esprit n'a pas gardé en mémoire certains développements de l'intrigue. 














Deux choses sont en tout cas certaines : tout d'abord, "Insidious 2" entretient bien un rapport avec le film intitulé "Insidious" : s'en est la suite. Et même plus que cela en ceci que "Insidious 2" apporterait des éclaircissements à "Insidious" ce qui prouve que même la clarté peut parfois être obscure. "Insidious" n'était ni plus ni moins qu'un remake déguisé de "Poltergeist" de Tobe Hooper : l'esprit d'un enfant est capturé par les forces du mal et son père part le rechercher avec l'aide d'une médium. 

Dans "Poltergeist", il y avait des fantômes prisonniers, une lumière blanche, un démon très méchant et beaucoup de gelée de groseille à la fin. "Insidious proposait des esprits coincés dans l'obscurité, un démon très méchant et beaucoup de fumée ce qui est plus facile à ravoir que la confiture. Rien de bien compliqué pour les neurones et pourtant. "Insidious 2" est là pour nous prouver que nous n'avions en fait pas tout compris. "Insidious 2" n'est donc pas très poli puisqu'il nous fait clairement comprendre que nous sommes des abrutis. 

































Deuxième évidence : "Insidious 2" est un film de femmes, le film même de toutes les femmes, les mères surtout : courageuses, obstinées, névrosées, castratrices mais toujours bien coiffées ce qui est évidemment un plus. Madame Lambert alias Rose Byrne ressemble toujours autant à Madeleine Stowe, Barbara Hershey, elle, ressemble de moins en moins à Barbara Hershey et puis il y a Lin Shaye, la médium, celle qui est morte à la fin de "Insidious" et qui pourtant est la véritable héroïne de "Insidious 2", Lin Shaye, notre nouvelle idole. 

Disons les choses clairement, si "Insidious 2" comporte les retournement psychologiques et les intrigues secondaires les plus niaises vues depuis longtemps, Lin Shaye est le roc sur lequel le film tient, enfin se tient un peu et cela, indépendamment du fait qu'elle porte les mêmes vêtements que dans "Insidious". 



Et un bonheur n'arrivant jamais seul, Lin Shaye se trouve être la meilleure publicité pour "Insidious 2" que les producteurs pouvaient imaginer : ces genoux ! C'est bien simple, ils nous hantent encore bien longtemps après avoir vu le film. 

samedi 24 août 2013

Soyons-Suave vous fait gagner 90 mn.

































Dans son immense suavitude, "Soyons-Suave weekend" vous propose de gagner 90mn (c'est une moyenne) en vous proposant en 5 photos un film un peu éloigné de nos préoccupations quotidiennes. Comme nous vous en présentons les grandes lignes, et même la fin, vous pourrez vous abstenir de le voir mais pourrez cependant en parler. Ne dites rien, cela nous fait plaisir.  

Et cette semaine, nous avons regardé "Conjuring - Les dossiers Warren" de James Wan (d'après une histoire vraie....), James Wan alias monsieur "Saw" alias monsieur "Insidious", sorti en août 2013, c'est à dire en ce moment : il est même encore à l'affiche. Mais de quoi est-il question ? Voyons cela en 5 instants choisis. 















Ed et Lorraine Warren sont des chasseurs de fantômes en ce début des années 70 ce qui explique qu'ils portent des vêtements datés et utilisent encore la craie lorsqu'ils donnent des conférences devant des adolescents tétanisés en apprenant que le diable existe. 















Lorsqu'ils sont contactés par la famille Perron, ils découvrent qu'une entité maléfique a pris possession de la maison de ces gens très sympathiques qui sont las de devoir chaque nuit lutter contre des forces invisibles qui les tirent du lit ou décrochent tous les tableaux. 














Les dons de médium de Lorraine identifient l’intrus : une sorcière qui fut jadis brûlée dans la propriété et a maudit avant d'être pendue tous ses futurs occupants. Le couple prend des photos, fait des enregistrements et contacte le Vatican pendant que la sorcière démontre qu'elle déteste les enfants et particulièrement les petites filles qui, il faut l'avouer, sont facilement impressionnables. 















Mais tout s’accélère lorsque le Vatican ne répond pas et que la sorcière prend possession du corps de la mère de famille. Car toute cette mise en bouche était en fait un stratagème : la sorcière pousse toutes les mères à tuer leurs propres enfants, parce qu'elle est méchante, parce qu'elle-même a tué son enfant. 













Un exorcisme pratiqué par Ed Warren remettra les choses en place : on libère la mère et on envoie la sorcière... en enfers (?), avant qu'elle ait eu le temps de s'en prendre également à la fille des Warren. 

Voilà voilà. Qu'on se le dise, "The conjuring" est le succès surprise de l'été aux Etats-Unis, en passe de devenir le cinquième film d'horreur le plus rentable de tous les temps. Il a peu coûté (environ 20 millions), il était seul dans sa catégorie à sortir en plein été et a indéniablement bénéficié de la lassitude du public pour les débauches d'effets spéciaux et l'absence de scénario : voir pour cela les échecs relatifs de "Pacific Rim", "Elysium", "RIPD" ou "After Earth". 
















Ce qui est peut-être le plus surprenant est l'avalanche de critiques dithyrambiques à propos de "The Conjuring" et nous ne parlons pas des tag lines de type "N'y allez pas tout seul" qui ne sont dues qu'aux distributeurs. Comme vous avez peut-être pu le lire, "The Conjuring" est "le film le plus effrayant de l'année", est "intelligent", "renouvelle le genre"... 

Nous avons bien conscience que nous avons profité de cet été pour nous laisser aller à une consommation légèrement plus accrue de long drinks et de blancs bien frais (bien tièdes est nettement moins agréable) mais enfin nous avions l'impression d'être totalement sobres en voyant "The conjuring" qui est un rigolo film de maison hantée, avec ses portes qui claquent, sa cave attirant irrésistiblement tous les gens qui y pénètrent, ses jouets possédés, du bon travail donc, qui donne envie de tapoter amicalement l'épaule du réalisateur en lui disant "merci, c'était chouette" mais certainement pas de l'épouser et de lui faire un enfant.. ou d'en acheter un. 
















Ajoutons à cela le degré de suavitude nul de "The conjuring", dans lequel il n'y a pas le moindre tombé de chemise et où les acteurs poussent le vice jusqu'à porter des costumes trois pièces et des tee-shirts sous leurs chemises col pelle à tarte. 

Et là, cela nous fait regretter le temps où Ryan Reynolds débitait du bois devant sa maison d'Amityville avec le pantalon de pyjama le plus taille basse jamais fabriqué dans les années 70, qui de toutes les façons l'aurait amené à se faire arrêter si il l'avait réellement porté à l'époque. 



















Deux choses ont cependant attiré notre attention. La première est Vera Farmiga, qui incarne madame Warren, qui est absolument parfaite et qu'étrangement nous n'avions pas encore réussi à situer, malgré ses expérimentations capillaires qui en font une femme "Soyons-Suave en devenir. 
























Notons enfin ce qui est pour nous la chose la plus effrayante, ou perturbante, cela serait plus juste, de "The Conjuring". Ce ne sont ni les poupées maléfiques, ni les portes qui claquent, ni les pendus qui se balancent aux branches. Non, c'est Lili Taylor, qui incarne la mère de famille, Lili Taylor qui est inchangée depuis 20 ans, comme si dans chacun de ses films, on utilisait des images d'archives. 


















Lili Taylor en 1990, en 2000 et en 2013 : c'est la même. Tremblez suaves visiteurs, tremblez !