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lundi 28 août 2023

Le Quizz de l'été : volume 6


Décidemment, cet été et ce Quizz sont plein de surprises puisque c'est Jérôme qui a identifié "Bhowani Junction", alias "La croisée des destins", notre dernier film mystère en un temps relativement record, obtenant ainsi sa première victoire estivale. 

Donc donc donc : nous voilà dans une situation relativement similaire à celle de la semaine dernière, puisque Gatsby reste en tête avec 6 points, suivi de près par Nina, LouisD et maintenant Jérôme avec 3 points. Et il ne reste qu'un Quizz ? Mais alors vers quoi nous dirigeons-nous ? Un triomphe de Gatsby s'il l'emporte à nouveau ? Une égalité si un des trois outsiders l'emporte ? La victoire d'un ou d'une nouvelle venue ? L'obligation d'un dernier quizz lundi prochain alors que l'été sera bel et bien terminé ? 
 
Caramba, nous en avons presque du mal à respirer. Heureusement il nous reste assez d'air pour dire à Jérôme  : Bravo ! Et nos plus sincères félicitations ! 




 































Pour évoquer en quelques mots "Bhawani junction", ne nous étonnons pas qu'Ava Gardner y joue un dame à moitié indienne. N'avait-elle pas déjà incarné une métisse dans "ShowBoat", quand au même moment, Gene Tierney se voyait attribuer des rôles de comanche ou d'asiatique. Finalement être brune ouvrait de nombreuses portes à Hollywood dans les années 50 aussi plaignons les pauvres stars blondes cantonnées aux personnages caucasiens. Alors que nous sommes certains que Lana Turner aurait fait une inuite très honorable. 

Non, la surprise de cette superproduction MGM qui fut l'un des succès de l'année 1956 est bien plus de retrouver George Cukor derrière la caméra, Cukor qui sortait de "Une étoile est née" avec Judy Garland et allait enchaîner avec "Les Girls". Selon ses propres dires, ce qui l'intéressa dans ce projet un peu éloigné de ses traditionnels films de femmes, fut de découvrir l'Inde et de diriger Ava Gardner pour la première fois. 

Pour l'Inde, ce fut raté puisqu'imposant des conditions de tournage inacceptables, le gouvernement indien obligea l'équipe à se délocaliser au Pakistan. Quant à Ava, elle fut parfaite, même si la plupart des scènes "intimes" auxquelles Cukor tenait tant furent coupées au montage, au profit des séquences d'action.    




















Soyons rassurés, George se rattrapera en 1976 lorsqu'il retrouvera Ava dans "L'oiseau bleu", avec en prime Liz Taylor et Jane Fonda. Mais cela ne nous dit toujours rien du film mystère du jour. 

Toujours le même principe : trois captures d'écran afin d'identifier un film avec Ava Gardner. Trouvé dès aujourd'hui, le film rapporte trois points, puis deux mercredi et enfin 1 point vendredi avec des indices. 

On répond calmement, on ne mitraille pas et on énonce clairement sa solution. Et c'est donc reparti pour un tour : 
























Alors alors ? Vous sentez-vous un peu seul ? A vos cellules grises ! 

lundi 26 janvier 2015

La fin du Quizz de Claire.

















Il en fallait un, ce sera donc Fabrice, notre premier gagnant de 2015, qui sut en un tour de main démasquer Maggie Smith dans "Voyages avec ma tante" de George Cukor, effectivement enfin sorti en DVD comme le soulignait Bruno qui l'acheta donc à quelques jours de nous. 

Fabrice, que dire ? Un bravo suffit-il ? Vous contenterez-vous d'un modeste autel dans nos locaux ou un Taj Mahal semble-t-il convenir davantage ? Surtout dites-nous et nous nous exécuterons. La satisfaction de nos suaves visiteurs est notre priorité. Elle l'a toujours été. 


































Si vous ne l'avez jamais vu, ce qui est fort probable pour les raisons évoquées plus haut et la semaine dernière, "Voyages avec ma tante", sorti en 1972 et tiré du roman de Graham Greene de 1969, est une curiosité, peut-être pas des plus bouleversantes mais une curiosité tout de même. 

Disons que le film pourrait symboliser parfaitement combien un certain Hollywood était perdu à jamais en ce début des années 70, à l'image d'un George Cukor alors âgé de 72 ans, envoyé par une MGM qu'il ne connaissait plus, en Espagne, tourner principalement en extérieur un script dont il n'avait plus grand chose à faire, lui, l'incarnation des tournages en studio de l'âge d'or. 


















Et puis surtout, "Voyages avec ma tante" devait être un film avec Katharine Hepburn, l'amie de toujours, la muse, Katherine qui passa des semaines à écrire le scénario jusqu'à ce qu'à la MGM, on ne juge que décidément, elle ne pourrait jamais incarner le personnage principal, jeune, dans les nombreux flashbacks nécessaires à la narration. 

Purement et simplement évincée (on jugea plus facile de vieillir Maggie que de rejeunir Katherine), cette dernière ne vit jamais son nom au générique, malgré les demandes répétées des deux autres scénaristes et la menace de retirer leurs noms du projet si Katharine n'y était pas. Cukor en fut désespéré et décida de se retirer. Katharine l'obligea à respecter ses engagements. On ne plaisante pas avec le travail ! 


















George composa donc avec Maggie Smith, très appréciée depuis son oscar pour "The prime miss Brodie" en 1969. Une fois sorti, le film passa pratiquement inaperçu, pas totalement cependant puisque la presse fut relativement unanime pour saluer la prestation à la truelle de Maggie, qui en recevant une nouvelle nomination aux Oscars pour ce film, devint l'actrice la moins aimée de l'année. 

Il faudra d'ailleurs bien 4 ans pour faire oublier cela. Ce n'est qu'en 1976 que Maggie Smith reviendra à Hollywood, mais pour "Un cadavre au dessert" ce qu'on lui pardonne aisément. 

































Il reste de "Voyages avec ma tante" un goût un peu amer, certes, mais aussi de ravissantes photos publicitaires qui sont toujours utiles lorsqu'on a un événement à fêter. 

Fabrice, c'est donc pour vous. Champagne ! 


vendredi 1 novembre 2013

La question suave du jour : George Cukor était-il un homme à femmes ?





















Quelques courriers reçus récemment nous ont un peu surpris en nous demandant s'il existait un rapport éventuel entre le fait que George Cukor ait été un extraordinaire réalisateur de films de femmes et qu'il ait, par ailleurs, été, dans sa vie privée, particulièrement suave. 

S'il est vrai que le palmarès de Cukor est impressionnant en matière de stars féminines, cette supposition laisserait à penser que seul John Ford, les jambes bien écartées par une masculinité triomphante, était capable de diriger l'également arqué John Wayne, pendant que George, sans doute alangui dans une bergère Louis XVI, pouvait mettre en scène Greta Garbo. 

Mais enfin, suaves visiteurs, un peu de sérieux. 






























Avant de pulvériser ce raccourci quelque peu étrange, rappelons-nous les choses suivantes. Tout d'abord, Cukor a fait l'essentiel de sa carrière à la Paramount, la RKO et à la MGM, trois studios dont la notoriété s'est avant tout construite sur leurs vedettes féminines. 

Réalisateur sous contrat comme des dizaines d'autres, Cukor a donc, mathématiquement, fait tourner beaucoup d'actrices, mais ni plus ni moins finalement que, disons Victor Fleming qui hérita à quatre reprise de Jean Harlow, à deux reprises de Ingrid Bergman et reste l'homme derrière "le Magicien d'Oz". D'accord, il y a "Autant en emporte le vent", Clark et sa moustache mais le tout perdu au milieu de beaucoup de crinolines et de robes en rideaux. 

W.S. Van Dyke est, pour sa part, le réalisateur du premier "Tarzan" de Johnny Weissmuller et de "L'ennemi public numéro 1" mais également celui d'une quantité infinie d'opérettes viennoises avec Jeanette MacDonald. Susurrons pour finir "Marie-Antoinette" avec Norma Shearer...
























Venons-en à présent au point qui nous semble central dans cette question du jour : George Cukor est venu à Hollywood après des années passées à Broadway comme metteur en scène, se spécialisant, après une adaptation remarquée de "Gatsby le magnifique", dans les comédies. 

Ce n'est donc pas par hasard qu'on lui confia pour ses débuts derrière la caméra des adaptations de pièces à succès : ce sera le cas de ses trois premiers film pour la Paramount, pour sa première collaboration avec Katharine Hepburn à la RKO et c'est enfin pour cela que la MGM le débaucha, c'était en 1933 pour "Dinner at eight". 


















Blâmez les auteurs, le public ou les directeurs de théâtre, rien n'y fera : il existe plus de grands textes ou de textes tout court mettant en scène des héroïnes que des héros. Hollywood préférant définitivement les succès aux échecs, c'est encore mathématiquement que George Cukor hérita donc de scénarios adaptés de sujets féminins, satisfaisant ses envies de mise en scène et son amour des dialogues.

Si le western est taiseux et la bande sonore du film de guerre déjà bien chargée en explosions, la comédie sophistiquée a souvent tendance à être bavarde. Que vouliez-vous que George choisisse ?    
























Puisque pour une fois nous invoquons les chiffres afin de solutionner notre problème du jour, terminons comme nous avons commencé. La preuve irréfutable que George Cukor n'était pas qu'un réalisateur de films de femmes mais un grand directeur d'acteurs tout court tient dans ce nombre impressionnant : tout film confondu, les acteurs ayant joué pour lui furent à 25 reprises en compétition pour un Oscar. 

Et si 5 d'entre eux remportèrent la statuette suprême, 3 étaient des hommes (James Stewart dans "Indiscrétions", Ronald Colman dans "Othello" et Rex Harrison dans "My Fair Lady") que vous pouvez admirer, et féliciter ci-dessus. Ingrid Bergman pour "Hantise" et Judy Holiday dans "Comment l'esprit vient aux femmes" sauvèrent l'honneur. Et nous ne préciserons pas que ces 5 films primés étaient tous des adaptations...






















Vous comprendrez donc que nous allons répondre non à la question de ce vendredi, définitivement non. Certes George était suave dans sa vie privée (et cela a fait un temps les belles heures de nos histoires dominicales) mais quel rapport avec sa relation avec ses actrices ?

Et si cette réputation naquit de cette rumeur qui veut que Clark Gable fit, lui-même, renvoyer Cukor du plateau de "Gone with the Wind" parce qu'il craignait qu'il n'accorde trop d'importance à Scarlett, cela confirme simplement ce que nous avons toujours pensé : moustache ou pas, Clark était une chochotte. 

jeudi 25 novembre 2010

Pendant ce temps, à Hollywood...



Joan Crawford, Norma Shearer et George Cukor en sont au dessert...

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : la guerre des dimanches.


Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, dans la quiétude des dimanches hollywoodiens et la sérénité du seul jour off du monde du cinéma, deux personnalités se livrèrent un combat sans répit et ce, pendant près de 20 ans : George Cukor et Cole Porter.

Jouissant tous deux d'une très grande notoriété, d'une aisance financière conséquente et de résidences majestueuses, ils prirent, dès les années 30, l'habitude de recevoir chez eux leurs amis le dimanche, lors de rendez-vous qui devinrent rapidement incontournables. Il était d'autant plus rageant de ne pas recevoir de carton que chacun des deux hommes offrait deux possibilités dominicales de frayer avec l'élite : le déjeuner, auquel étaient conviées les célébrités les plus suaves et le dîner, plus intime, exclusivement masculin.


Etant marié depuis 1919 avec Linda Lee Thomas, riche héritière de 7 ans son aînée, Cole Porter pouvait faire ce qu'il voulait, les apparences étant sauves, ce dont il ne se privait guère. C'était une autre histoire pour George Cukor, célibataire sans intention de jouer le jeu des studios mais pas suicidaire au point de ruiner sa carrière en faisant son coming out. Cukor vivait donc une double vie, charmant réalisateur le jour, coureur de marins la nuit. Les dimanches soirs étaient donc pour les deux hommes l'occasion de réunir leurs cercles d'intimes et la chair fraîche disponible en cette fin de semaine : apprentis comédiens, étudiants sans le sou, sportifs, militaires... gigolos donc. On se baignait chez Georges quand on dansait chez Cole. Ah la douceur californienne.

Fidèles en amitié, Cole et George possédaient leurs gardes rapprochées, aristocratie pour Porter, Hollywood pour Cukor mais ce n'est pas avec cela qu'on anime de gigantesques bacchanales aquatiques le jour du Seigneur. Et étant donné la taille malgré tout raisonnable de la communauté gay dans les années 40 à Hollywood, il était inévitable qu'un dimanche ou l'autre, un jeune homme se retrouve invité en même temps chez les deux stars. La prudence la plus élémentaire poussait alors le malheureux à inventer rapidement une excuse solide pour l'un ou l'autre, puisqu'il était mondialement connu en Californie qu'une phrase pourtant fort chic comme "J'ai déjeuné chez Cole" anéantissait vos chances d'être reçu à nouveau chez Cukor et inversement. On était l'un ou l'autre, pas les deux, et si d'aventure on le tentait, c'était dans le plus absolu des secrets.


Cole Porter et George Cukor se disputèrent parfois de beaux Apollons et souvent Cukor l'emportait. Il faut dire qu'il possédait un atout de poids : en tant que réalisateur il pouvait promettre un rôle ou une figuration quand Cole pouvait éventuellement offrir une chanson. C'est ainsi par exemple qu'Aldo Ray, ancien soldat sans formation particulière, se retrouva rapidement en tête d'affiche de "Je retourne chez maman" en 1952 alors qu'Hollywood se demandait encore qui il était. Ce n'est qu'en 1957 que les deux ennemis du dimanche travaillèrent enfin ensemble, se retrouvèrent sur la même affiche serait plus exact, puisque si Cukor dirigea bien "Les Girls" dont Porter signa la musique, les chansons avaient été écrites avant même l'écriture du scénario et les deux hommes ne se virent pour ainsi dire jamais.


Malgré leur surnom assez peu flatteur de "The two Queens of Hollywood", qui suppose persiflage et médisances, Cukor et Porter surent oublier leur rivalité lorsqu'en 1962, il devint évident que le compositeur ne se remettrait jamais de son accident de cheval et de l'amputation d'une de ses jambes. Cukor veilla sur Cole, lui rendant visite deux fois par semaine et n'oubliant jamais d'emmener avec lui une de ses illustres amies, Vivien Leigh ou Katharine Hepburn, jusqu'à la mort de Porter en 1964. Proposons donc une nouvelle appellation : "The Suave Queens of Hollywood". Plus Soyons-Suave, non ?

Les hommes qui s'en vont ne sont pas suaves...

Le tournage d'"Une étoile est née", version Cukor 1954, mériterait à plus d'un titre d'être porté à l'écran. Pratiquement maudit dès sa mise en route, le film connut au cours de sa fabrications les plus invraisemblables complications, qui se poursuivirent par une sortie hasardeuse en raison de droits originaux bloqués, un remontage sauvage le lendemain même de sa première par les producteurs, qui l'amputèrent d'un tiers et la perte des scènes coupées, qui réapparurent mystérieusement, presque intégralement, au début des années 80.

La péripétie la plus spectaculaire que subirent l'équipe et les comédiens fut la décision de Jack Warner d'arrêter le tournage après quelques semaine et de retourner toutes les scènes déjà en boite en CinemaScope et en EastmanColor. Procédé fraîchement débarqué, le CinemaScope s'annonçait, en 1953, comme la révolution, capable de ramener les foules dans les salles qu'elles avaient délaissé au profit de la télévision. Que personne ne le maîtrise encore ne fut visiblement pas un problème, on embaucha un technicien de la Fox, détentrice du brevet et on repartit de zéro.

George Cukor fit donc son apprentissage de l'image large sur le terrain, repensant la nuit sa mise en scène du lendemain et cherchant désespérément à occuper cet écran désormais immense. "The man that got away", séquence emblématique du film et chanson qui allait enfin permettre à Judy Garland de chanter autre chose que "Over the rainbow" en final de ses concerts, servit de test au nouveau format et à la nouvelle pellicule couleur. Pas moins de 6 versions furent tournées, entre octobre et novembre 1953, en Technicolor, en EastmanColor, en WarnerColor, en format classique, en WarnerScope et en CinemaScope.Certaines prises étaient trop brillantes, d'autres trop sombres, des costumes ne convenaient plus et la mise en scène devenait obsolète à chaque changement. Il reste aujourd'hui 2 prises complètes, en plus de la version montée. Elles nous permettent de découvrir une Judy rose et une Judy beige alors que nous la connaissions en bleu. Une seule chose ne change pas : quelque soit la couleur, les hommes qui s'en vont ne sont vraiment pas suaves.






La question suave du jour : Katharine Hepburn et George Cukor étaient-ils vraiment proches ?






De leur rencontre en 1932 à la mort de Cukor en 1983, la relation qui unit Katharine Hepburn et George Cukor reste un des rares exemples d'amitié entre un réalisateur et son actrice fétiche (8 films et 2 téléfilms) qui dépassa les limites des plateaux de tournages et survécut aux échecs et batailles d'ego. La légende veut qu'à Hollywood, on prétendait qu'ils n'étaient qu'une seule et même personne. Oui mais alors : qui des deux vivait avec Spencer Tracy ?

Le Brushing du jour.


Parce qu'on n'a jamais assez de hauteur, de laque et d'anglaises, revisitons les plus suaves créations capillaires. Et pour cette soixante-deuxième édition, George Cukor, notre héros du jour, nous propose un modèle intitulé "Paillasson".