dimanche 18 octobre 2009
Le quizz de BBJane

C'est notre grande gagnante de la semaine dernière, BBJane, qui logiquement nous présente son quizz et cette semaine, nous remontons le temps pour nous arrêter dans les années 60. Une silhouette de rêve, des cheveux comme s'il en pleuvait, une omoplate saillante et c'est tout ce dont vous disposez pour identifier notre belle inconnue. Pas d'indice, vous êtes seul, tout seul, si seul...
Marlene Dietrich vous apprend à recevoir la Legion d'Honneur.
Parmi toutes les grandes étapes qui marquent la vie d'un homme, communion, mariage, libération sous caution, la remise de la Légion d'Honneur est sans doute celle à traiter avec le plus grand soin. Car cette manifestation ne signifie pas uniquement honneur et distinction, elle entraine également, et fatalement, photographies et mise en place d'une médaille. Et ces détails ne sont pas à traiter à la légère. Observons donc, pour passer sans faute ce moment, comment s'y prend la grande Marlene Dietrich.
Marlene a tout d'abord opté pour une tenue sobre, ici noire, qui mettra en valeur la médaille à venir. N'oubliez pas qu'en ce jour précis, la star ce n'est pas vous, c'est ce qu'on va vous accrocher sur la poitrine. Autant donc qu'on la voit. Remarquez également que Marlene s'est astucieusement positionnée devant une colonne blanche, la rendant immanquable en cas de photos d'ensemble. "Blanc sur rouge, rien ne bouge", ici : "Noir sur blanc, je suis dedans (la photo)".

La décoration est installée, l'employé chargé de l'épinglage, au choix un ministre, un ambassadeur, un président, va vous embrasser. Pensez donc à anticiper son mouvement si vous ne voulez pas disparaître du cliché qui va immortaliser cette accolade. Va-t-il partir à droite ? A gauche ? Eventuellement, offrez-vous avec un gardien de but de vos amis un stage d'une semaine, le tir de penalty au football étant un exercice assez similaire à cet instant.
N'imaginez pas pour autant que s'en est terminé des embrassades. Il y a la bise protocolaire au moment de la médaille, puis les baisers pour les photographes. Si vous n'êtes pas totalement maître de la première, vous pouvez sans difficulté prendre en main les seconds : profitant de la pose, positionnez-vous afin d'offrir votre meilleur profil et surtout cherchez la lumière. Si l'employé est plus grand que vous, accentuez votre différence de taille en levant fortement votre visage vers le plafond, l'employé sera sans doute surpris d'embrasser votre oreille mais votre cou vous en remerciera. Sinon n'hésitez pas à vous tasser légèrement.

Ayez l'air pénétré à chaque instant ! C'est peut-être la seule chose qu'il vous faudra retenir. On va vous parler, vous louer, vanter vos charmes et vos innombrables qualités. Ne souriez pas, ce serait arrogant, ne pleurez encore moins, ce serait ridicule, écoutez, un peu surpris, un peu gêné.
Enfin vous pouvez célébrer cet instant. La coupe de champagne dans laquelle vous tremperez à peine vos lèvres est incontestablement le meilleur choix possible : c'est classique et de bon goût, contrairement au Monaco ou au Gin Fizz. Mais nous insistons, surtout si vous êtes une femme : on ne fait que tremper ses lèvres. Une fraichement décorée saoule est aussi peu acceptable qu'une mariée éthylique.
Voilà, nous espérons que vous avez noté tous ces suaves conseils. Et bien sûr : merci Marlene.
samedi 17 octobre 2009
Le string de la semaine
Même si l'idée semble impossible, on peut cependant être suave en string. Chaque semaine la preuve en image.

Et cette semaine, le string nous prouve qu'un homme reste toujours un enfant, et même parfois un enfant un peu naïf qui croit que son nounours aime les hotdogs... un enfant un peu concon donc... mais si touchant.
Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Donna Summer tourna le dos au disco.
En 1982, Donna Summer est en plein réinvention d'elle-même. La reine incontestée du disco, la femme aux trois albums consécutifs numéro 1 des ventes, l'idole des gays veut changer d'image et de formule. Il faut dire que depuis 1974, elle est inséparable de son producteur Giorgio Moroder, rencontré à Munich où elle s'est établie après avoir obtenu un rôle dans la troupe européenne de la comédie musicale Hair : elle espérait jouait à Broadway, elle atterrit en Allemagne.
Ensemble, ils vont définir un son nouveau qui va poser les bases du disco et cela à partir d'une idée de chanson de Donna dont elle ne possédait au départ que le titre "Love to love you baby"et qui va se transformer en hymne interplanétaire : Donna grogne, Donna geint, Donna feule, c'est "Je t'aime moi non plus" version X. Et ils vont en vendre des millions, sous un format jusque là inédit : le morceau de 17mn, reprenant le vieil adage : plus c'est long, plus c'est bon.
Le problème est que 8 ans plus tard, Donna est fatiguée des envolées orgasmiques. Elle a été une Bad Girl, elle a "senti l'amour" (I feel love), elle a dansé une dernière danse (Last Dance) et exigé des trucs chauds (Hot Stuff ). Elle a donc envie d'autre chose et surtout, elle a retrouvé Dieu : elle est en effet devenue une Born Again Christian ce qui cohabite mal avec son image de reine lubrique des dancefloors. Exit donc Giorgo Moroder. Donna quitte également son label d'origine, Casablanca Records pour une nouvelle maison, Geffen, que vient de créer le millionnaire David Geffen qui la place aussitôt entre les mains expertes du déjà vétéran Quincy Jones. Mais il lui faut des chansons.
Paul Jabara, comédien, chanteur mais surtout compositeur a déjà travaillé avec succès avec Donna Summer, il lui a écrit "Last Dance " et "No more tears", le duo avec Barbra Streisand dont tous les garçons sensibles rêvaient... ils frôleront de nouveau l'érection lors du duo de Barbra avec Céline Dion 20 ans plus tard mais c'est une autre histoire. Nouveau label, nouvelle Donna, Paul se dit donc qu'il commémorerait bien la chose en offrant à son interprète fétiche un nouveau succès. Et comme il a une idée, il contacte Paul Schaffer pour qu'il l'aide à fignoler la chose. Le morceau est écrit en une après-midi de 1982 et le rendez-vous est pris avec Donna. L'entrevue durera 10mn : en découvrant les paroles où il est question d'un étrange phénomène météorologique, Donna blêmit. Elle quittera la pièce en se désolant d'avoir eu la preuve que l'âme des deux Paul est définitivement perdue, elle fera même parvenir une bible à Jabara le surlendemain.
Que faire lorsqu'on a entre les mains une pépite dont l'interprète ne veut pas ? On la propose à quelqu'un d'autre. Il se trouve que Jabara louche vers un duo assez atypique appelé Two Tons Of Fun, composé de deux anciennes choristes de plus de cent kilos chacune du chanteur Sylvester, Martha Wash et Izora Armstead et qui viennent de rejoindre Columbia records, sa maison de disque. Les deux femmes écoutent la chanson, l'adorent, la chose est faite : elles l'enregistrent et changent de nom au passage, elle deviennent les Weather Girls et c'est elles qui deviennent, pour l'éternité, les créatrices de cette fameuse chanson : "It's raining men".
Donna Summer ne dit jamais si elle regrettait d'avoir laissé filer ce tube mondial maintes fois repris depuis... elle préféra expliquer alors qu'on ne lui demandait rien que le sida était une punition de Dieu envoyé aux homosexuels. Elle se perdit dans le rock puis la dance, elle tenta de revenir l'année dernière avec un album aux sonorités techno. Les Weather Girls enregistrèrent 3 albums avant de se séparer, ne retrouvant jamais le succès de leur premier single.
Mais Martha Wash, une des deux Weather Girls, ne tarda pas à se retrouver de nouveau devant les projecteurs, de la justice et des médias cette fois-ci, lorsqu'elle fit un procès à trois producteurs italiens qui lui avaient fait enregistrer une dizaine de morceaux supposés rester de simples demos et qu'elle eut la surprise d'entendre à la radio, sauf que ce n'était pas elle qu'on citait. L'été 1989, Black Box et sa longiligne chanteuse Katrin, de son vrai nom Catherine Quinol, un mannequin français, dominent les hit-parade avec "Ride on time" puis "I don't know anybody else" suivi de "Everybody Everybody" et "Strike it up". Le problème est que Katrin ne chante pas une note, elle bouge simplement ses lèvres sur la voix puissante de Martha Wash, dans les videos mais également en concert. Martha attaqua donc et gagna; tout d'abord l'obligation que son nom apparaisse sur tous les albums, singles et articles sur le groupe mais surtout que plus jamais une telle situation ne se reproduise.
Grâce à Martha Wash, il est désormais impossible qu'un artiste soit doublé sans qu'on le sache. Et si il est déjà formidable d'être connue pour avoir chanté un tube intemporel, n'est-il pas encore plus suave d'être à l'origine d'une loi défendant les opprimés ? Martha Wash n'est pas qu'une chanteuse, c'est presque une sainte.
Est-il suave de se prendre en photo devant une glace ?
Les avancées technologiques sont globalement à saluer avec enthousiasme. Le lave-vaisselle, le steppeur tonic, le canard vibrateur, par exemple, ont facilité, et donc changé la vie de millions de personnes qui, grâce à un simple achat, ont vu leurs mains devenir plus lisses, leur formes plus galbées et leurs nuits plus sereines.
Il était pourtant difficile d'imaginer qu'en intégrant un appareil photo à un téléphone, des ingénieurs, sans doute américains... ou peut-être Coréens, qu'en savons-nous, allaient donner naissance à un véritable phénomène. Ayons une pensée émue pour Vincent Van Gogh qui laissa sa santé et une oreille à peindre des autoportraits, grâce à un 6 millions de pixels 3G, n'aurait-il pas connu une fin de vie plus... une simple fin de vie en fait ?
Car dorénavant, le cellular-camera permet à tous de s'adonner à une activité, certes solitaire et un peu égocentrique, mais tellement satisfaisante : la prise de clichés de son petit soi-même, le matin, le soir venu, en tenue de gala ou dans le plus simple appareil. Et ce qui est encore plus suave, c'est que grâce à Internet, il est désormais possible de montrer au monde cet instant d'éternité. Alors prenons-nous, dès que l'occasion le permet et surtout partageons. Car il serait vraiment dommage que ces monuments du goût et de la pudeur restent dans une carte mémoire.

Choisissez un chapeau avec Joan Crawford.
Chaque semaine, comme son homologue le string, Joan Crawford, une des femmes les plus élégamment chapeautées, vous apprend à choisir un bibi. Pour cette septième leçon, les mots à retenir sont : "Un peu de flou, un peu plus de flou, beaucoup plus de flou". Tous ensemble : "Un peu de flou, un peu plus de flou, beaucoup plus de flou". Merci Joan.


La fin du quizz
Pour son retour, c'est une véritable fanfare qui accompagne BBJane qui voit cette semaine son nom en noir sur blanc sur Soyons-suave. Le quizz de Claire est tombé : la femme au chapeau champignon était bien Anne Bancroft, quand en 1955, elle-aussi posait en maillot au début de sa carrière. N'oublions jamais que derrière chaque lauréate d'un Oscar se cache peut-être une ancienne starlette balnéaire. D'ailleurs n'oublions pas non plus qu'avant d'être Mrs Robinson, c'est à dire belle, désirable et mature, Anne Bancroft fut belle, désirable et jeune.
Cela n'échappa pas à Mel Brooks qui l'épousa, formant avec elle pendant plus de trente ans un couple modèle jusqu'à ce que la mort les sépare. Il avoua que le plus difficile au cours de ces années de félicité fut de se promener en permancence muni d'un baton afin d'éloigner les messieurs qui voyaient toujours en son épouse la séductrice qui faisait sombrer le jeune Dustin Hoffman. Comme son personnage dans le rare et formidable "A la recherche de Gardo" de Sidney Lumet", Anne Bancroft disparût des suites d'un cancer en 2005, ce qui demeure la seule et unique chose qui ne soit pas suave qu'on puisse dire à son propos. So here's to you Mrs B...
jeudi 8 octobre 2009
La pensée suave du jour.
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