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vendredi 29 juillet 2022

Et maintenant chantons !


Alors que vous trépignez peut-être (ou peut-être pas du tout) à l'idée que nous sommes vendredi et que vous allez pouvoir enfin télécharger ce que nous avons écouté et parfois regardé depuis lundi, achevons cette saga "Bei mir bist du schön" par ce qui nous a manqué depuis le premier épisode, et ce sont déjà, des messieurs, annonçant à leur tour à l'élue de leur coeur qu'elle est formidable. C'est chose faite avec les Crew Cuts, sur lesquels nous vous disions tout ou presque ici, en juillet 2018. 

Depuis les années 60, la carrière de "Bei mir bist du schön" se cantonnant aux groupes vocaux féminins ayant vaguement en ligne de mire les Andrews Sisters (jetez un oeil sur Youtube, c'est saisissant), à l'image, récente, des Puppini Sisters ou des Swing Sisters ou des Airlettes ou des Girls from Mars, et à quelques formations "jazz manouche", ce qui ne veut pas dire qu'on joue de la contrebasse dans une caravane, nous vous épargnerons les solos de clarinette et les trilles en harmonie.

Par contre, nous ne pouvons vous laisser sans une version mambo-cha cha cha de notre titre de la semaine, qui plus est interprété par la jeune alors et déjà irremplaçable Dorothy Loudon, entrée en 2010 dans notre petit Panthéon du rire, et c'était ici


Comme pourrait le dire certaine personne partageant aujourd'hui et légalement notre existence : "C'est bien gentil mais est-ce qu'il y a des gens qui ne sont pas morts qui chantent encore cette vieillerie ?". La réponse est oui, et elle nous vient d'Israël, qui est une façon assez suave de boucler la boucle si vous voulez notre avis. 


Place à présent au bonheur sans fin et aux perles musicales tant attendues, et vous êtes gâtés cette semaine puisqu'il y en a 15. 








Et pour atteindre la félicité, normalement, vous savez comment faire. 

dimanche 10 octobre 2010

Le petit Panthéon du Rire de Soyons-Suave : Dorothy Loudon.


Présentée par Richard Burton, elle apparaît après 11 secondes.

Dorothy Loudon, décédée en 2003, est sans conteste un de ces trésors presque cachés de la grande histoire de Broadway, ce qui en soit est assez triste, mais possède un doux revers : elle est devenue légendaire dans certains cercles et le culte que certains lui vouent aujourd'hui dépasse de loin ce qu'elle a pu connaître de son vivant.

Pas forcément facile de connaître enfin la célébrité à 47 ans, Dorothy Loudon passa les 25 premières années de sa carrière musicale à enchaîner les productions qui n'arrivent jamais jusqu'à Broadway ou les shows fermant leurs portes après seulement 2 représentations, mais recevant toujours d'admirables critiques et parfois même une nomination aux Tony, jusqu'à ce qu'on lui confie le rôle de la très méchante miss Hannigan dans la comédie musicale "Annie", normalement déconseillée aux diabétiques. Personne ne le savait mais ce personnage était fait pour elle : démesuré, aux portes de la folie, il lui rapporta un Tony Award et une dizaine d'autres récompenses, contredisant ses propres paroles : "Ne jamais jouer dans un spectacle avec des enfants, des chiens ou des ténors irlandais". Et il y a les trois dans "Annie".

En 1978, on lui confia un feuilleton à la télévision, elle reparut sur les planches dans un semi succès : "Ballroom" et fit ses débuts au cinéma dans "Garbo" de Sidney Lumet. Mais voilà : trop intense, toujours sur le fil, parfois excessive, sa série fut annulée après un an et elle retourna au théâtre, remplaçant par exemple Angela Lansbury dans "Sweeney Todd"qui s'arrêta peu après.

Alors qu'elle avait commencé sa carrière dans les cabarets où elle se fit un nom en parodiant la chanteuse sérieuse qu'elle espérait pourtant être afin de déclencher les rires des spectateurs, elle la termina par des apparitions toujours hallucinantes à la télévision lors de programmes prestigieux (Emmy, Tony, Oscars) ou dans "Minuit dans le jardin du mal et du bien" de Clint Eastwood, dans le rôle de la plus excentrique habitante de Savannah, sa dernière apparition. Boucle bouclée, l'un de ses derniers grands moments fut en 1992 lors du concert en l'honneur du compositeur Stephen Sondheim. Elle y chante en medley les classiques "Losing my mind" de Follies et "You can drive a person crazy" de Company et termine dans un état de démence absolue, terrifiante, sidérante et hilarante en même temps. Le petit Panthéon de Soyons-Suave est fier de l'accueillir. Il est fait pour les gens irremplaçables à qui nous disons un éternel merci.