Suaves visiteurs, il est indéniable que l'été touche à sa fin, "Soyons-Suave en vacances" en tout cas et donc hier, profitant de ce climat parfaitement estival pour un début septembre, nous nous sommes offerts une dernière virée à la mer.
Nous avons dû à quelques reprises annoncer cet été que tel morceau ou tel interprète était le nec plus ultra pour une virée automobile vers l'océan mais il nous a semblé, qu'hier, rien ne surpassait cette reprise de "As it was" par l'énigmatique groupe Prep, originaire de Londres, chez qui pratiquement tout est formidable. C'est déjà, à l'origine, une excellente chanson par Harry Styles, mais là.
Aussi c'est avec eux que nous vous quittons, momentanément bien sûr, sans oublier de remercier Sophie sans laquelle nous n'aurions pas fait tous ces kilomètres en musique. Et en voiture.
Semaine disco, chansons pour aller à la mer : il n'en faut pas plus pour terminer cette semaine avec ce qui est pour nous l'ultime hymne du déplacement automobile vers l'eau : "Stuff like that" de Quincy Jones. Dès les premières mesures, les kilomètres n'existent plus, la veilleuse du plafond se transforme en boule à facettes et les vitesses semblent passer par elles-mêmes, c'est du moins l'impression que nous avons puisque nous roulons en automatique.
Peut-être certains se demandent tout en nous lisant : "Stuff like that" ? Disco ? Funk plutôt non ? Et Quincy Jones ? Ashford and Simpson dirions-nous ! Et Chaka Khan ? Alors sans doute, pourquoi pas, warum nicht, mais on s'en moque.
Produit en 1978, le titre reste emblématique et son "Do it Do it" fait encore plus partie de notre vocabulaire que les "citrons de la nuit" de Nicole Martin. En 1995, Quincy réenregistrait la chose avec Ray Charles et Brandy, en plus hip-hop, mais toujours avec Chaka et Ashford and Simpson. Certains préfèrent. D'autres détestent. De notre côté, là aussi, on s'en moque. Do it Do it !
Puisque nous sommes disco et que nous sommes surtout dans la réhabilitation, il nous semble, qu'à l'instar de GG Junior hier, la dernière apparition de Nicole Martin sur nos pages est passée plutôt inaperçue, alors que.
Aucune ironie ici : nous aimons vraiment ce "Où aller" que nous avons beaucoup, mais alors vraiment beaucoup écouté. Ajoutons que nous nous sommes appropriés la phrase " en mordant à pleine dents les citrons glacés de la nuit" qui fait toujours son petit effet.
Grande voix québécoise des années 70 et 80, Nicole Martin connaîtra également un certain succès en France mais c'est à la télévision et comme productrice qu'elle semblera s'épanouir, sans jamais s'éloigner trop des micros et des studios d'enregistrement. Sans être incollable sur sa carrière, nous adorons son album de 1978 "Laisse-moi partir". C'est en sa compagnie que nous allons parfois vers la mer. Et la liberté.
De toute évidence, cette semaine, toujours sur le thème des musiques pour aller à la mer, sera disco et même si nous vous l'avons déjà proposé en 2023 dans une compilation festive pour finir l'année en beauté, nous ne sommes pas certain que vous ayez vraiment apprécié GG Junior à sa juste valeur.
Revoilà donc son immortel "Tu m'connais pas", dont l'apocope est essentielle et jubilatoire puisqu'elle n'est jamais prononcée, qui fit couler quelques gouttes de sueurs à Patrick Juvet en 1978, avant de réaliser que non, il ne risquait rien. Brève carrière en effet que celle de GG : six 45 tours en 6 ans, deux apparitions au cinéma puis une overdose et voilà.
Et c'est sans doute regrettable, pour sa famille, c'est certain, et même pour la musique car nous vous assurons qu'à plein volume, "Tu m'connais pas" est un compagnon idéal pour une route départementale, si l'on souhaite éviter les grands axes et les contrôles policiers. Au bout, il y a forcément la mer. Si vous êtes aventureux, essayez ce "White magic" qui, lui, ne fit couler aucune goutte de sueur à Michel Berger. En voiture.
Il est tout de même incroyable qu'après 17 années d'existence, ce soit la première apparition d'Ornella Vanoni sur nos pages, qui ne sont pourtant pas avares en divas, surtout lorsqu'elles sont fortement brushées et encore mieux, transalpines.
Et pourtant, malgré ses presque 70 années de carrière, ses 121 disques vendus à plus de 65 millions d'exemplaires et ses tentatives capillaires et dermatologiques parfois contestables, pas une trace d'Ornella ici même, ce qui est scandaleux.
Après avoir créé "Sensa Fine", introduit Burt Bacharach au public italien et avoir été une égérie brechtienne, Ornella va, comme tout le monde, traverser une période disco dans les années 70 et avec panache. Croyez-nous, ce "Ti Voglio" est parfait pour un trajet d'au moins 5m50 vers la mer. Et si c'est un peu plus long, permettez-nous d'ajouter cette touche latine d'une formidable suavitude. En voiture.
Il fallait qu'à un moment ou à un autre, nous proposions ici un hommage, modeste évidemment, et puis surtout il n'est pas mort, à Michael McDonald, ne serait-ce que pour ces heures à rouler en écoutant ses albums sur cassettes, ce qui était, pour une première voiture aussitôt le permis obtenu, d'un luxe inouï.
Il fut l'une des voix de Steely Dan, celle des Doobie Brothers, il fit les choeurs pour presque tout le monde, chanta en duo avec James Ingram, Barbra Streisand ou Patti LaBelle, remporta des Grammy, des disques de platine et continue visiblement de beaucoup s'amuser.
Et comme nous l'écrivions, il garantie des heures de plaisir en voiture, ou ailleurs, par exemple pour aller à la mer. Alors hop, on attache sa ceinture, bien entendu.
C'est inévitable, à chaque fois que nous évoquons ou bien nous écoutons Luther Vandross, nous sommes partagés entre le bonheur d'entendre cette voix qui clairement n'a jamais été remplacée depuis son décès en 2005, et une profond tristesse en songeant à la vie misérable qui fut la sienne pendant plus de 50 ans.
Car à son goût, Luther ne fut jamais assez mince, assez viril, assez considéré. Même au sommet de sa gloire dans les années 80, les disques de platine, les Grammy (8), la place au Rock n' Roll Hall of fame ne furent pas suffisants. Incapable de vivre au grand jour son goût pour les messieurs, il préféra ne fréquenter personne et vivre une existence solitaire peuplée de diurétiques, de coupe-faim et de pilules miracles, espérant être, un jour, beau, enfin à ses yeux.
Nous ne dirons pas un mot des dernières années de sa courte vie, en fauteuil roulant, incapable de parler car tout ceci est vraiment trop triste. Il reste un formidable compagnon des trajets automobiles pour aller voir la mer, mais il est parfait, en fait pour tous les moments et activités de la journée. Merci Luther. Et en voiture !
Même si d'ordinaire la maison ne fait pas dans les hommages nécrologiques à chaud, Soyons-Suave est heureux de partager avec vous trois de nos moments dollyesques préférés, parce qu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux.
Sans du tout le vouloir, nous réalisons que nous pourrions répéter presque mot pour mot ce que nous écrivions hier sur Bobby Caldwell, et notamment le choc d'une partie du public lorsque Boz Scaggs monta sur scène en 1977 pour recevoir le Grammy de la meilleure chanson R n' B pour "Lowdown" et qu'on réalisa qu'il n'était ni noir, ni tout jeune.
Chanteur pour différents groupes pendant des années, cherchant vainement à rencontrer le succès avec ses propres disques, c'est au bout de 15 ans qu'enfin, Boz entra dans la lumière, alors qu'il s'apprêtait, d'ailleurs, à rejoindre une formation du nom de Toto, qui s'en sortira très bien sans lui.
Selon la légende, c'est sur "Lowdown" que danse John Travolta pour la première fois dans "Saturday Night Fever", avant qu'on y ajoute la musique des Bee Gees. Boz tenta d'obtenir tout de même une place au générique, sans succès. Ce n'est pas grave en fin de compte, puisque presque toute sa musique est parfaite pour une virée vers la côte. En voiture !
Suaves visiteurs, après les choix de Sophie, les perles instrumentales et les divas indispensables, nous poursuivons cette semaine notre panorama des plus belles musiques pour aller à la mer en compagnie de messieurs, ce qui est bien normal afin d'assurer à ce blog un brin de parité, blog où ils sont relativement sous-représentés, sauf, bien sûr, lorsqu'ils sont en string.
Et nous débutons par un classique parmi les classique, "What you won't do for love" de Bobby Caldwell, qui a grandement fait ses preuves sur tout type de routes et qui en 1978 fit se demander à toute l'Amérique : "Mais qui est donc ce nouveau chanteur noir à la voix si suave ?" quand Bobby était très blanc et dans le circuit depuis au moins 10 ans.
Mais c'est aussi cela, la magie de la musique : après des années de galère, Bobby venait de signer enfin un contrat avec un label qui n'avait dans son catalogue que des artistes afro-américains. Comme il sonnait franchement R n' B, on lui offrit un album dont la pochette plaçait judicieusement dans l'ombre son visage. Le public fut un peu surpris lorsqu'il se précipita pour le voir sur scène suite au triomphe de ce premier single d'anthologie que nous écoutons ce soir. Mais on ne lui en voulut pas. C'est depuis un classique, repris par à peu près tout le monde, y compris certaines de nos chères amies. Alors en voiture !
C'est bien simple, et il est entendu que ce n'est que notre avis personnel, si nous ne devions garder qu'une musique pour aller à la mer, ce serait celle-ci, Jill Scott, "A long walk", dont nous nous souvenons précisément le jour où nous avons fait sa connaissance.
C'était en 2000, la FNAC proposait encore des postes où il était possible, au casque, d'écouter les nouveautés discographiques. Le titre d'un des albums proposés, "Who is Jill Scott ?" était suffisamment intrigant pour qu'il attire notre attention. Nous commençons l'écoute, première plage, deuxième plage... quatrième plage, ahhh, très bien et puis le foudroiement : la cinquième piste : "A long walk". Il n'a pas été possible d'accéder à l'album et au casque pendant l'heure qui suivit.
Evidemment, nous avons attentivement suivi Jill Scott par la suite. Elle a continué de nous enchanter, parfois nous a perdus un peu. Nous jetons toujours une oreille à ce qu'elle propose mais ce premier album, cette chanson... Pour un peu nous dirions que nous ne nous en sommes toujours pas remis.
Oh, et si vous nous cherchez, nous sommes là, quelque part dans la foule...
Allez savoir pourquoi, l'évocation hier de miss Anita Baker a immédiatement conduit notre esprit en direction de Sade, peut-être parce qu'en matière de disparition, la première a des leçons à recevoir de la seconde. Car depuis son arrivée miraculeuse sur la scène musicale en 1984, Sade a presque passé plus de temps dans l'ombre que sous la lumière, s'absentant même 10 ans entre deux albums et deux tournées entre 2000 et 2010.
Mais peu importe : plus de quarante ans de carrière, 6 albums, un nom cité par une myriade d'artistes comme une référence absolue, un engagement sans faille pour les causes LGBT et surtout T et une entrée imminente au Rock n' Roll Hall of Fame, Sade, sur laquelle le temps ne semble pas avoir de prise, est une bénédiction.
Et si en plus vous cherchez un fond musical pour aller voir la mer...
Il y a quelques jours, nous faisions, à vrai dire, nous ne savons plus trop quoi de captivant, lorsque soudain cette question : "Et Anita Baker ?". Car s'il est une diva qui semble avoir totalement disparu, c'est bien elle, Anita, la reine absolue des années 80, chanteuse, compositrice, productrice, incontournable, inégalée, mais toujours adorée.
Renseignements pris, après avoir déclaré en avoir fini avec le show-business en 2017, elle est sortie de sa retraite anticipée quelques mois plus tard pour se lancer dans une sanglante bataille contre son ancienne maison de disques, Elektra, pour une traditionnelle histoire de copyright et surtout de possession de son propre catalogue que le label refusait de lui céder.
Sans le savoir (avouons-le), nous avons donc suivi son conseil de ne plus acheter ses disques et de ne plus l'écouter en streaming tant que l'histoire ne serait pas résolue. C'est chose faite depuis 2022. Quatre ans plus tard, nous nous souvenons que nous l'avons beaucoup aimée et qu'elle est parfaite pour une virée, disons plutôt nocturne, vers la mer. Et en plus avec sa bénédiction. Donc en voiture...
Puisque nous avons repris notre saga musicale hier avec Aretha Franklin, ne serait-il pas opportun de consacrer cette semaine aux reines de la soul qui ont embelli nos embardées motorisées vers les rives océaniques, autre façon de dire : nos trajets en voiture vers la mer. Et nous savons qu'avec Randy Crawford et sa reprise de 1997 de "Wishing on a star", nous avons l'approbation de notre chère Sophie, qui n'est pas en reste dès que la possibilité d'un lipsync se présente.
Randy Crawford ! Peut-être la voix, avec celle d'Ella, qui nous berce depuis le plus grand nombre d'années ! Il y a ainsi des affections inexplicables. Nous aimons Randy d'amour et avons même accepté, sans protester, qu'elle prenne sa retraite en 2018 pour raisons de santé. 15 albums en plus de 30 ans de carrière, c'est bien assez pour continuer à nous enchanter.
Nous espérons qu'à 74 ans, elle se porte bien, où qu'elle se trouve. Et qu'elle sache juste qu'elle nous accompagne avec une fréquence qui parfois frôle le déraisonnable. Mais quand on aime...
Par contre, les socquettes blanches, nous n'avons jamais été totalement sûrs...
Suaves visiteurs, nous avons beaucoup pensé à vous lors de notre traditionnelle éclipse estivale, en particulier parce que nous avons fait de très nombreux kilomètres et souvent pour aller voir la mer. Ce qui est, rappelons-le, le thème de notre saga musicale cette année, inspirée par notre très suave amie Sophie.
Et même en pause, le blog n'est jamais très loin, c'est du moins ce que nous nous sommes dits en faisant une découverte peu banale : un morceau d'Aretha que nous n'avions jamais entendu et à propos duquel une évidence s'est imposée : il devait marquer la reprise de nos activités.
Alors bien sûr, la chose parait incongrue. Et pourtant ! Il y eut finalement tant d'Aretha au cours de sa longue carrière qu'on ne peut décemment pas prétendre toutes les connaître. Et si on maîtrise à peu près la Aretha des débuts, la soul sister, la révérante Aretha et évidemment la Diva, nous sommes moins sûrs de totalement posséder la Aretha Pop, un peu psyché même; la Aretha pupute ou la Aretha madame. Nous espérons être pardonnés.
Une chose est certaine : ce "Wonderful" qui date de 2003 est parfait pour avaler des kilomètres sans s'en apercevoir, comme l'est également pour nous depuis fort longtemps "Look into your heart" tiré de l'album "Sparkle", qui en 1976, et grâce à Curtis Mayfield qui le composa intégralement, remis en selle the Queen of Soul après quatre années très compliquées et des flops discographiques d'ampleur intersidérale.
Si vous ne connaissez pas "Sparkle", c'est fort regrettable. Car en plus d'être un disque, c'est surtout la bande originale d'un film qui fut le "Dreamgirls" des années 70. Oubliez par contre le remake de 2012 qui fut le dernier rôle à l'écran de Whitney. Alors qu'attendez-vous ? En voiture !
Profitant de ce lundi exceptionnel qui prolonge la semaine dernière, nous nous sommes rendus compte que nous envisageons de façon un peu caricaturale, qu'un trajet automobile vers la mer est forcément doux et harmonieux, empruntant de charmantes routes secondaires ne permettant pas de rouler à plein chevaux.
Mais qu'en est-il des trajets plus fougueux, des routes plus sinueuses et des conduites plus sportives ? Pas de panique, si vous êtes un peu brusques ou pressés, nous avons exactement ce qu'il vous faut pour rejoindre l'océan, en respectant, comme il se doit les limitations autorisées.
En 2016, nous proposions à vos oreilles ébahies l'album phare des Jumping Jacques, curiosité française et unique et il semblerait que line de téléchargement soit toujours actif donc permettez-nous de le redonner ici. Pour le reste, les Jumping Jacques furent la réponse hystérique aux Swingle Singers et autres Double-Six. On n'a jamais fait mieux depuis. Donc en voiture !
Il est inconcevable de consacrer une semaine à la musique instrumentale, et par ricochet aux bibliothèques musicales sans évoquer la mythique société britannique KPM et l'une de ses stars, Alan Moorhouse, qui comme Daniel Faure hier, n'était encore jamais apparu sur nos pages. L'été 2026 sera donc celui de la rédemption.
Rappelons pour les plus distraits qu'une "bibliothèque musicale" n'est pas un lieu réel où l'on emprunte des disques mais une société produisant de la musique que les réalisateurs ou producteurs de cinéma, télévision, publicité, radio, peuvent acquérir afin de sonoriser leurs projets. Vous venez de finir un film et il vous manque clairement 1m23 d'ambiance musicale feutrée pour accompagner une scène de bar ou 2m17 pour dramatiser une poursuite en voitures : les bibliothèques musicales sont là et ont forcément quelque chose pour vous.
Fondée officiellement en 1830, KPM est de loin la société de ce type la plus prestigieuse au monde, avec plus de 30 000 albums à disposition, qui devinrent d'ailleurs accessibles en 2019 après que l'ensemble du catalogue ait été numérisé. Ce qui fut une première. Compositeur, arrangeur, saxophoniste, Alan Moorhouse travailla pendant des années pour KPM, tout en sortant régulièrement des albums sous son nom. Et il composa pour Lulu "Boom Bang-A-Lang", qui remporta en 1969 le grand prix de l'Eurovision, ex-aequo avec quatre autres pays. L'année d'après, on changea les règles d'attribution des points.
Et soudain, nous avons réalisé que nous n'avions jamais encore évoqué Daniel Faure sur nos pages, ce qui est tout bonnement incroyable autant qu'impardonnable. Puisqu'il nous accompagne depuis des décennies, mais comme il nous accompagne tous, parfois sans le savoir. Deux exemples : le générique des "Animaux du monde" et son "PomPomPomPom", c'est lui. "Pour ne pas vivre seul" de Dalida : encore lui.
En plus d'avoir offert des chansons à pratiquement toutes les vedettes de la chanson française des années 60 et 70, Daniel Faure œuvra également pour des bibliothèques musicales et composa une multitude d'albums destinés à devenir les bandes sons de films, productions radiophoniques ou spots publicitaires.
Personnage relativement de l'ombre malgré quelques 45 tours enregistrés sous son nom, il nous a quitté en 2024 mais il est toujours très présent dans notre existence, ainsi que notre auto-radio. Puisque nous traversons une semaine instrumentale pour aller voir la mer, voici deux merveilles, parfaites pour une sortie nocturne. La semaine aurait comporté des paroles, vous n'auriez pas échappé à "J'irai pleurer à Bilbao" de Régine que notre époux nous a interdit de diffusion au domicile conjugal après la 350e diffusion. Franchement...
Suaves visiteurs, avec Charlie Steinmann et son "It is such a good night to love", alias "scoubidou love" alias, comme ici, "doobudoobudoodoobudoo", nous touchons au saint Graal de l'easy listening, ou de la musique d'ascenseur, ce qui est pratiquement la même chose. Pendant des décennies, on chercha en vain à se procurer cette petite chose qui figurait bien sur quelques 33 tours introuvables comme le délicieux "Super-stereo Tanz Party Zwei" mais qu'il fallait évidemment avoir la chance de dénicher.
Et puis en 2011, une maison de disque germanique eut enfin l'idée de réunir les perles instrumentales produites en RDA, et RFA, durant les années 60 et 70, sur un CD. "It is such a good night..." était enfin disponible. Dans l'année qui suivit, la chanson figurait en bande-son de la série "Breaking bad" et ornait une publicité pour nous ne savons plus quelle voiture.
Cela ne nous disait toujours pas qui était le mystérieux Charlie Steinmann... Et pour cause, il n'a jamais existé. Sous ce pseudonyme se cachait Carlos Dierhammer, musicien, compositeur et arrangeur allemand né en Argentine (tiens donc) qui se diversifia sous tant de formes et de noms qu'il est impossible de référencer tout ce qui naquit de son esprit suave. En tout cas c'est allemand, ce n'en est pas moins bossa et parfait pour rouler en BMW, in richtung Meer.