Est-il suave d'écrire que la fin est proche ? Cela dépend évidemment du contexte mais maintenant à la tête de 12 points, Gatsby 3 et le reste du monde zéro, est-il envisageable d'arrêter Nina dans sa course vers la victoire ?
Car le film de la semaine dernière était bien "Comment épouser un millionnaire", réalisé en 1953 par Jean Negulesco et gros succès de la Fox pour cette année là, un film très Guiness Book puisqu'il fut le premier réalisé en Cinémascope, le premier dont la bande originale fut enregistrée en stéréo et le dernier du studio à mettre en vedette Betty Grable après presque 30 ans de bons et loyaux services.
Comédie typique des années 50, "Comment épouser un millionnaire" nous a toujours semblé quelque peu émouvant, justement en raison du symbolique passage de flambeau entre blondes de la Fox : Betty, terminant sa carrière et Marilyn, la débutant. Nous ne saurons jamais si la chose est exacte mais Betty aurait d'ailleurs commencé le tournage en lançant à Marilyn "A toi de jouer maintenant, j'ai fait mon temps". Lucide. Et cruel. Pour elle, bien entendu.
Et Lauren dans tout cela ? Dans son autobiographie, elle raconte longuement ce tournage et sa volonté d'être en bons termes avec Marilyn, qui était pourtant déjà un peu difficile, généralement en retard, distante et collée comme de la glue à son coach dramatique. Le film étant un succès, il montrera au monde que Lauren était aussi une actrice comique, ce qui n'échappera pas à Vincente Minnelli lorsqu'il castera sa "Femme modèle".
Mais déjà un nouveau film mystère s'avance :
Bon sang mais c'est bien sûr. A vos cellules grises !
Pour cette nouvelle semaine, notre saga hebdomadaire et musicale va être férocement swing, délicieusement vocale et même occasionnellement harmonique, autrement dit un bon condensé de pas mal de nos péchés mignons, et elle va surtout nous donner l'occasion d'accueillir pour la première fois sur nos pages l'homme à la trompette d'or, celui qui se serait appelé Georges Jouvin s'il était né en Ille et Vilaine et non à Albany : Harry James !
Petite confidence puisque cela faisait longtemps et que l'été est souvent propice au laisser-aller : si comme beaucoup d'enfants, nous avons été élevé à la Blédine, puis, chaque mercredi, au foie de veau, alterné une semaine sur 4 avec un peu de cervelle d'agneau, nous avons surtout été élevé à Harry James, par l'entremise du disque dont vous voyez la pochette en ouverture de ce billet, le "More Harry James en hi-fi", suite du célèbre "Harry James en hi-fi" étrangement absent de la discothèque familiale.
Et finalement tant mieux puisque ce "More" explorait, ce que bien évidemment nous ignorions puisque nous en étions à tenter de mémoriser notre droite de notre gauche, des hits un peu plus mineurs de celui qui fut le monsieur à danser des années 40, parmi lesquels celui-ci :
A la direction d'orchestre et à la trompette : Harry James, aux chœurs bondissants les Starlighters : reconnaissons qu'il y a de quoi orienter vos goûts musicaux pour toujours et accentuer d’éventuelles envies d'infanticide chez vos géniteurs lorsqu'il vous semble logique d'écouter ce "Don Cha Go Way Mad" 40 fois par jour, alors que vous n'en comprenez pas un mot et que ce tube est déjà vieux de plus de 30 ans.
"Don cha go way mad" est donc, sans contestation possible, le morceau que nous avons écouté le plus en boucle au cours de notre petite enfance, et que nous continuons d'écouter régulièrement, ce qui prouve que le célèbre "Tout passe, tout lasse, sauf les glaces" n'était qu'un odieux mensonge publicitaire.
Nous sommes en 1956, Harry James est depuis 1 ans chez Capitol après toute sa carrière, débutée au début des années 40 chez Columbia. L'idée de son nouveau studio est simple : réenregistrer tous ses tubes mais en stéréo et en hi-fi, afin de le rendre plus hype. Car au milieu des années 50, les anciens orchestres des années 40 sont légèrement has-been et il faudra un certain temps avant que le swing ne revienne à la mode.
Toutes nos excuses d'écrire cela souvent mais une fois encore, la vie d'Harry James est un appel au biopic : élevé dans un cirque, il apprend la trompette tout en faisant un numéro de contorsionniste et à 21 ans, il rejoint l'orchestre de Benny Goodman qu'il quitte un an plus tard pour fonder sa propre formation.
Premier "patron" à engager Frank Sinatra, il épouse en 43 Betty Grable, ce qui ajoute à sa popularité, à tel point qu'il apparaît en tant que lui-même dans une vingtaine de comédies musicales entre 1943 et 1961. Enchaînant les tubes, il gravera 30 albums, des centaines de 45 tours et hissera par 9 fois un de ses titres à la première place des hit-parade. Il meurt en 1983, 9 jours après son dernier concert à Las Vegas, à l'âge de 67 ans.
Et il est donc le premier à offrir au monde ce "Don cha go way mad", dont nous connaissons l'enregistrement de 1957 par coeur, jusqu'à ce que nous découvrions il y a quelques mois qu'en 1949, Harry James l'avait déjà gravé comme cadeau d'adieu lorsqu'il quitta Columbia records, avec cette fois les Skylarks dans les choeurs.
Notre enfance a donc eu comme fond musical une odieuse copie, ce qui est une révélation dont nous aurions pu ne pas nous relever si "Soyons-Suave " n'existait pas.
Cette semaine sera donc thérapeutique et nous allons crier tous ensemble pendant 5 jours : "Bébé, ne t'en va pas en colère !", en harmonie parce que c'est plus joli.
Parce qu'on n'a jamais assez de hauteur, de laque et d'anglaises, revisitons les plus suaves créations capillaires. Et pour cette huit cent vingt troisième édition, Betty Grable présente le modèle intitulé "Blanc comme neige".
Nous sommes vraiment navrés de vous imposer cela à chaque fois mais QUATRE jours que nous avons cette chanson en tête. Généralement, une fois postée, ça passe.
Enfin nous serons d'accord pour dire qu'il y a pire, non ?
Parce qu'on n'a jamais assez de hauteur, de laque et d'anglaises, revisitons les plus suaves créations capillaires. Et pour cette six cent trente et unième édition, Betty Grable présente le modèle intitulé "On ne touche pas !".
Puisqu'il n'est pas conseillé de rester une journée entière entre quatre murs et que l'air frais est en tout point salutaire, "Soyons-Suave weekend" vous suggère d'aller vous aventurer dans de nouvelles contrées, découvrir d'autres suaves horizons.
Depuis le temps, peu de choses devrait encore parvenir à nous surprendre et pourtant, il n'y a pas une semaine sans que le monde merveilleux d'Internet ne parvienne à nous prouver que c'est bel et bien la plus belle invention humaine depuis celle de la machine à laver.
La curiosité du jour s'appelle "Call on Dolly" et est consacrée à toutes ces femmes (et pas que...) qui eurent un jour la joie ou l'inconscience d'interpréter le rôle principal de ce mastodonte qui ouvrit ses portes à Broadway le 16 janvier 1964 : "Hello Dolly".
L'auteur du site, Richard Skinner, peut vraisemblablement être considéré comme le plus grand spécialiste mondial de "Hello Dolly", à tel point que la Dolly éternelle, Carol Channing, avoue l'appeler quand elle oublie un détail concernant le show dans lequel elle passa, pourtant, pratiquement toute sa carrière.
Vous saurez donc tout sur Dolly Gallagher Levi, qui la joua, quand, pour combien de temps et vous vous souviendrez surtout que Ruth Gordon fut la Dolly originale, dans la pièce "The Matchmaker" qui inspira la comédie musicale.
Il semblerait que "Call on Dolly" ait été au départ conçu comme le site supposé accompagner la sortie de l'ouvrage de Richard Skipper sur le même sujet. Nous avons cherché, nous n'avons rien trouvé. Encore un coup du syndicat des imprimeurs, c'est sûr...
Parce qu'on n'a jamais assez de hauteur, de laque et d'anglaises, revisitons les plus suaves créations capillaires. Et pour cette trois cent quatre vingt deuxième édition, Betty Grable présente le modèle intitulé "Crème fouettée".
Chemises parfaitement coupées... lessives délicates... maquillage professionnel... boissons raffinées... pneus ??? En matière de réclame comme dans beaucoup d'autres domaines, il semblerait que la suavité dépende du choix du produit.
Nous remercions en tout cas le livreur/facteur/admirateur ayant déposé dans notre boite aux lettres cette sublime feuille nous vantant les mérites d'un été gonflé à bloc. C'était gratuit mais nous étions prêts à payer une telle merveille, à conserver longtemps, longtemps...
En principe, la blondeur est exclusive et ne tolère aucune rivalité. Mais les hasards et la fatalité font parfois se rencontrer des teintes platines qui vont parfois se succéder.
Que pensait Alice Faye en souriant à Betty Grable, Betty en partageant l'affiche avec Marilyn, Marilyn en croisant Jayne Mansfield, Jayne en ne pouvant éviter Mamie Van Dooren et Mamie en accueillant Pamela Anderson ? Que le temps passe, sans doute et que ce n'est pas suave...