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mercredi 21 août 2024

Et maintenant chantons !


A la fin des années 60, pratiquement tout ce qui sort des studios Motown se transforme en or massif, mais estampillé Detroit en raison du son très particulier des productions maison. Ceci explique sans doute que peu de succès Motown ait été repris par d'autres artistes au moment de leur sortie, comme cela se faisait pourtant régulièrement, ce qui nous permet de garnir avec jubilation nos sagas musicales de la semaine. 

Nous avons à ce titre regardé de près les numéros 1 des Supremes : "Stop in the name of love, datant de 1965, rien la même année, une petite chose en 1966, un peu plus en 68, "You can't hurry love", sorti en 1966, rien avant 1970, ou encore "The Happening", 1967, une cover de Trini Lopez en 68 et plus rien avant 1979 !. Comparons avec, par exemple, "Downtown" de Petula Clark, tube du début 1965 : la même année, 16 versions ! 

Mais avec ses sonorités bien plus gospel, "You're all I need to get by" ne sonne pas tant Motown que simplement soul alors on s'engouffre et c'est l'avalanche de reprises par la crème de la musique noire américaine. Illustrations : 


Ce n'est pas avec cette somptueuse version alternative, restée inédite jusqu'en 2007, qu'Aretha Franklin refera de "You're all I need to get by" un numéro 1 mais elle le fera, permettant au titre d'être propulsé dans les années 70 comme un classique, à peine 4 ans après sa création. 

Et lorsque justement, en 1970, Diana Ross décide d'abandonner les Supremes et d'offrir au monde son premier album solo, consciente qu'on l'attend franchement au tournant, elle ne prend aucun risque et réquisitionne Ashford et Simpson, qui lui composent "Reach out and touch", qui sera son premier single, mais surtout, elle reprend "Ain't no mountain high enough" et "You're all I need to get by" qui ont déjà fait leurs preuves. 

Lorsque l'album sobrement intitulé "Diana Ross" sort accompagné de "Reach out", c'est la déception puisqu'il ne s'écoule qu'à 500 000 exemplaires. Mais lorsque Motown libère "Ain't no mountain" puis "You're all I need" comme 2e et 3e singles, les ventes montent à presque 2 millions. Diana seule peut donc vendre, à condition d'avoir les bonnes chansons. Et ça fonctionnera ainsi jusqu'en 1984. Après cette date, ce sera plus compliqué. 

mardi 23 août 2022

Le trio du jour.


Alors bien sûr, il y a Sacha et BB, Sacha et Joanna Schimkus, Sacha et Petula (et Sheila, Dalida, Sylvie, Joelle, Mireille...), mais puisqu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux, Soyons-Suave est heureux de vous offrir trois duos moins attendus et tout aussi suaves. 

lundi 1 août 2022

Et maintenant chantons !


Comme beaucoup de personnes qui n'étaient pas de ce monde en 1966 et qui, par conséquent, n'ont pu assister à la bataille qui eut alors lieu des deux côté de l'Atlantique, nous avons longtemps cru que "Alfie" était un de ces succès de Hal David et Burt Bacharach composé pour Dionne Warwick, alors qu'il n'en est rien. Et c'est encore plus intéressant que cela, puisque destiné évidemment à la bande originale du film du même nom, le titre devait être interprété par Sandy Shaw, qui le refusa, puis fut offert à Cilla Black qui le trouva inintéressant. 

Dans un délire très "Peau d'âne fait tout ce qu'elle peut pour décourager son père de l'épouser", Cilla, qui hésitait à répondre un franc "non", exigea que Bacharach écrive lui-même l'arrangement, qu'il vienne à Londres superviser l'enregistrement, l'accompagne au piano et dirige l'orchestre. A sa grande surprise, il accepta tout et en novembre 1965, la chanson était enfin en boite après des dizaines de prises, conformément au légendaire perfectionnisme de Burt. 

Le film de Lewis Gilbert, dont tout le monde ignorait forcément qu'il allait devenir le succès de l'année et lancer la carrière de notre invité de la semaine, sortit sur les écrans anglais en mars 1966. Depuis janvier, on entendait à la BBC la chanson éponyme. Aussi on fut un peu surpris de découvrir qu'on n'entendait pas Cilla Black dans le film et que sur la bande originale, vers laquelle on se rua dès qu'elle fut disponible, "Alfie" était interprété par... personne ! Du moins au Royaume-Uni. 


Ce qui se passe dans la tête des distributeurs et des producteurs est parfois très mystérieux : les seconds ne voulurent pas que la chanson soit une source de distraction pour les spectateurs, aussi ils optèrent pour une version instrumentale qu'on entend sur le générique de fin. Quant aux distributeurs, il jugèrent que Cilla Black n'était pas une assez grosse pointure pour faire de "Alfie" un tube planétaire, aussi on engagea la jeune Cher et on fit figurer sa version sur le pressage de la bande originale aux USA. 

Dans les deux cas, la manœuvre ne fut pas vraiment payante puisque le "Alfie" de Cher ne dépassa pas la 32e place des charts aux USA (et Cilla se hissa péniblement à la 95e). A Londres, Cilla, qui sortait d'un numéro 1 dut se contenter d'une 9e place dans les hit-parade, et il en fut ainsi partout dans le monde. De Sidney à Copenhagen, "Alfie" ne décolla pas. 

Fin 1966, Dionne Warwick accepta enfin d'enregistrer la chanson, pratiquement en dernière minute d'une session pour son nouvel album, qui comprenait déjà "What the world needs now", "I just don't know what to do with myself" ou encore "Trains and boats and planes". Ce n'est pas qu'elle était vexée de n'avoir pas eu la primeur de la chanson, c'est qu'entre janvier 1966 et ce mois de novembre, 42 "Alfie" avaient été enregistrés, dont un par sa propre soeur Dee Dee. Pourquoi donc un 43e ? 


Et en espérant que notre conseil ne vous parvienne pas trop tard, nous vous demandons de ne pas prêter attention aux images qui accompagnent la version de Dee Dee Warwick. 

Dionne Warwick, selon la légende, accepta finalement de se confronter à "Alfie" à la demande expresse de Burt Bacharach, désespéré que le titre ne soit pas un plus gros succès et réalisant un peu tard que seule Dionne pouvait sans doute en faire quelque chose de grandiose. Bon choix cette fois-ci, sortie pourtant après tout le monde, la version de Dionne Warwick fut celle qui grimpa le plus haut et est depuis devenue un classique de la chanteuse. Mais tout de même : 43 covers de la même chanson la même année (et cela ne s'arrêta pas, ni en 1967, ni en 1969), voilà de quoi nous occuper pendant 5 jours, facile. 

Car c'est bien avec "Alfie" que nous allons passer la semaine, "Alfie" qui court dans la famille Warwick puisque chanté par Dionne et sa soeur Dee Dee, il demeura l'un des titres préférés de la cousine, qu'elle interpréta régulièrement en concert et qui est même l'une des dernières choses qu'elle entonna avant de disparaitre en 2012 à l'âge de 48 ans. Vous la connaissez certainement, une certaine Whitney...

mardi 24 août 2021

Et maintenant chantons !


Comme c'est le cas pratiquement chaque semaine depuis le début de l'été, il est très rare que nous ayons fait la connaissance de la chanson de la saga hebdomadaire et musicale dans sa version originale. Et cette dernière aventure ne déroge pas à la règle puisque c'est après être tombé amoureux de "Any old time of the day" que nous avons découvert qu'il s'agissait d'une composition de Burt Bacharach et Hal David pour Dionne Warwick (premier gasp), que nous n'avions jamais, mais alors jamais (second gasp) entendue où que ce soit. 

A l'origine, la chose se trouve sur le 3e album de Dionne datant de 1964, en ouverture de la face B et dut alors subir la concurrence de la plage A1 : "Anyone who had a heart", A3 : "Don't make me over" et B5 : "This empty place". Peu de chance, par conséquent, pour que "Any old time of the day" devienne un tube, alors que pourtant Dionne y croyait et qu'on y croyait également dur comme fer en France, qui fut le seul pays, sur les disque Vogue, à sortir le titre en single. 

Aux USA, le titre ne fut que la face B de "Walk on by", tiré pourtant de l'album précédent de Dionne et seuls les aventuriers qui eurent l'idée de retourner leur vinyle purent découvrir cette charmante petite chose.




 



















Pour une fois, nous pouvons affirmer que la France fut un peu en avance sur les USA où, dans les 2 premières années de sa carrière en tout cas, les singles de Dionne Warwick sortirent un peu n'importe comment, sans vraiment de rapport avec la parution des albums. En Angleterre, ce fut encore bien pire puisqu'on préféra souvent faire réenregistrer les chansons de Dionne par des artistes locaux, ce qui explique que "Anyone who had a heart" n'alla nulle part alors que la version de Cilla Black monta jusqu'à la première place des charts. 

Très populaire en France grâce à Burt Bacharach qui la présenta à Marlène Dietrich qui la présenta au public parisien, Dionne tenta cependant de propulser "Any old time of the day" en se rendant à la télévision, en l'intégrant à son tour de chant à l'Olympia et en la promenant dans les clubs de la cousine germaine : la Belgique.

Cela donne des documents intéressants qui prouvent : 1) qu'il est important de ne montrer que son profil droit lorsqu'on a un bouton sur le gauche 2) que la version enregistrée était un chouia trop haute et qu'un ton au-dessous, la chanson devient encore plus jolie, bien que ressemblant toujours à un grand-huit mélodique mais on ne refait pas Burt Bacharach. 


Considérée comme une des chansons Warwick/Bacharach/David qui auraient pu être un tube mais ne le fut pas, "Any old time of the day" ou "Any old time of day", possède cependant son fan club, qui généralement, et comme Dionne d'ailleurs, déteste "Do you know the way to San Jose". 

On l'aime même tellement qu'on la trouve parfois trop courte. Partageons donc ce remix réalisé par un inconditionnel du titre qui parvint à allonger la chanson de presque 2 minutes. 

Et nous ne commencerons pas ici de débat sur la taille et la longueur...

lundi 4 novembre 2019

Et maintenant chantons !



Nous avons l'intégralité de cette soirée en VHS quelque part (les 60 ans de carrière de Sammy Davis Jr) et la tenons à disposition comme source d'inspiration potentielle pour l'organisation, un jour, de nos funérailles. Quelque chose de simple en fait...

lundi 14 octobre 2019

Le Brushing du jour.


































Parce qu'on n'a jamais assez de hauteur, de laque et d'anglaises, revisitons les plus suaves créations capillaires. Et pour cette neuf cent soixante dix-septième édition, Dionne Warwick présente le modèle intitulé "Le Blob". 

vendredi 27 septembre 2019

Le vendredi, c'est scarabées !

Parce que nous n'avons jamais été réellement convaincus de la suavitude des Fab Four, tentons, chaque vendredi, de remédier à cela en parcourant le monde sans pour autant trop nous éloigner de Liverpool. 



Et s'il y a une chose avec laquelle nous serons tous d'accord, c'est que Dionne's got soul !

jeudi 15 août 2019

Et maintenant chantons !



Qu'avait donc à prouver Dionne Warwick en 1977 ? Eh bien pas mal de choses à vrai dire et essentiellement à reconquérir sa place de princesse de la soul quelque peu malmenée depuis 1972. L'histoire est célèbre : après une décennie à chanter du Burt Bacharach, Dionne s'ennuyait un peu et entendant de la bouche d'une voyante qu'un avenir radieux s'offrirait à elle si elle ajoutait un "e" à Warwick, elle s'exécuta et c'est sous ce nouveau patronyme, Dionne Warwicke qu'elle enregistra une poignée d'albums qui n'alla nulle part. 

Revenant sur terre, Dionne rangea son "e" et tenta de reconquérir ce public qui ne savait plus exactement à qui il avait affaire. Et c'est ainsi qu'en 1977, elle se retrouva sur la scène d'un théâtre d'Atlanta, sous la houlette d'Isaac Hayes, afin de démontrer qu'elle n'avait pas perdu son essence. 

Idée intéressante : coupler "Love to love you baby" et "Can't hide love". Petit plus encore plus intéressant : ajouter quelques mugissements mais pas trop, on n'est pas non plus Donna Summer. 




































Sexy, un peu plus urbaine, reine de la scène, Dionne pouvait désormais aborder les années 80 qui se montreront assez sympathiques avec elle et se souviendra que "Can't hide love" est une valeur sûre : elle en proposera une version studio en 1982, plus sage et quelque peu plus funky. 

Mais s'il est une certitude, c'est que "Can't hide love" se révélera assez rapidement la botte secrète des chanteurs désireux de montrer à quel point ils sont cool dès lors qu'ils sont sur scène. 

Reprendre "Can't hide love", c'est montrer qu'on connait ses classiques et qu'on n'a pas peur de se confronter à la voix de Maurice White. Mais quand on est une bombe interplanétaire comme D'Angelo, a-t-on simplement peur de quoi que ce soit ? 


lundi 12 décembre 2016

lundi 4 janvier 2016

Et maintenant dansons !



Nous n'avions aucune idée que Dionne avait enregistré ce tube de Melba Moore qui lui valut un Tony. Et c'est bon de commencer l'année par une découverte, non ? 

jeudi 23 juillet 2015

Et maintenant dansons !



Le disco du jour n'est pas n'importe quoi, non parce qu'il s'agit d'une des centaines de reprises de "The Letter", enregistrée pour la première fois en 1967 par les Box Tops et dont Herbert Leonard fit même une version sobrement et assez pertinemment intitulée "La Lettre", mais parce qu'il est tiré de l'album "Dionne" qui, en 1979, permit à Dionne Warwick de renouer avec le succès après une décennie catastrophique. 

Souvenons-nous : en 1972, Burt Bacharach et Hal David arrêtaient leur collaboration après l'échec de "Lost Horizon", Dionne Warwick, arrivée chez Warner, se retrouvait sans ses mentors (elle leur fera un procès pour abandon) et son astrologue lui conseillait d'ajouter un "e" à "Warwick". D'autres se seraient mis la tête dans le four. Dionne patienta, enregistra des albums sans intérêt pour honorer son contrat, déménagea rapidement chez Arista dès que Warner la libéra et trouva en Barry Manilow, oui, "Copacabana", l'homme providentiel, prouvant que contre toute attente, Barry aimait finalement vraiment s'occuper des dames.

En 1979, l'album "Dionne" se vendit à plus d'un million d'exemplaires, il permit à son interprète de remporter deux Grammy et de se lancer dans le disco. Le disco du jour ressemble finalement presque à une belle histoire du weekend...





dimanche 16 juin 2013

dimanche 3 mars 2013

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où un échec fut un succès et un succès un échec.

















Le 25 avril avril 2010 débutaient à New York les représentations de ce qui était annoncé comme un évènement : la reprise de "Promises Promises", comédie musicale invisible depuis sa création en 1968. Il est fréquent que Broadway recycle ses anciens succès mais dans le cas présent, il s'agissait plus de donner une seconde chance à un spectacle qui, dans l'esprit de tous, avait été un échec. 

Pourtant, en 1968, "Promises Promises" était le show dont tout le monde parlait et cela pour deux raisons. Il s'agissait tout d'abord de l'adaptation sur scène du triomphe de Billy Wider, "La garçonnière", oscar du meilleur film en 1960 dont le livret avait été écrit par Neil Simon. Et surtout, pour la première fois, Burt Bacharach et son parolier Hal David s'aventuraient sur la 42e rue. Et il était difficile de faire plus hot que Bacharach en 1968. 





































Si certains prétendent que la popularité, immense, de Bacharach à la fin des années 60, tenait surtout au fait que, pour une fois, un compositeur ne ressemblait pas à un bibliothécaire, il est plus réaliste d'attribuer son succès à ses seuls talents de compositeur. 

Et à sa productivité : depuis 1957, pas une année sans qu'une chanson signée de sa main ne figure dans le top 10 des ventes. Et secondé par Dionne Warwick, ils devenaient plus dangereux pour les hit-parade qu'Attila et sa horde : "Don't make me over", "Walk on by", "I say a little prayer", plus les bandes originales de "What's new pussycat" et "Casino royale".























En 1968, Burt Bacharach et Hal David s'attellent donc à leur première comédie musicale dont les chansons sont écrites très rapidement, comme à leur habitude. Le show, produit par David Merrick (Gypsy, Oliver, Hello Dolly...) et chorégraphié par Michael Bennett (futur chorégraphe de Company, Follies et Chorus Line) s'annonce comme une énorme machine, avec tout de même une ambition : faire enfin entrer la musique contemporaine à Broadway. 

Après des essais à Boston et Washington, le spectacle est modifié, Bacharach et David suppriment certaines chansons, en écrivent de nouvelles et enfin, le 1 décembre 1968, "Promises Promises" ouvre au Shubert Theater de New York. Et c'est alors que débute notre belle histoire du dimanche. 



Si on se fie aux archives de Broadway, "Promises Promises" va se jouer pendant 4 ans et 1300 représentations, pendant que parallèlement, une troupe s'installera à Londres pendant presque deux ans. La comédie musicale remportera 2 Tony : meilleur acteur pour Jerry Orbach et meilleur second rôle féminin pour Marian Mercer. La bande originale héritera d'un Grammy. On est à priori assez loin de l'échec.

D'où vient donc cette idée fort répandue que "Promises promises" fut un four et que de reprendre le spectacle en 2010 était un suicide ? Aussi étrange que cela puisse paraître, cette sensation provint de la musique, c'est à dire des chansons de Bacharach et David, qui ne firent pas exactement sur le public l'effet escompté.





















En fait, la carrière de la bande originale de "Promises promises" est un magnifique exemple de ratés et de maladresses qui commence lorsque, Dionne Warwick enregistre des titres du show sur son nouvel album, qui sort quelques semaines avant que le spectacle n'arrive à Broadway.

Burt en souhaitait le plus grand nombre, seuls deux finalement sont retenus, la chanson "Promises promises" et "Whoever you are, I love you". La première va tout de suite se classer dans les charts à la 19e place mais rapidement suivi par un autre titre de l'album, "This girl's in love with you", qui monte aussitôt à la 7e, ce qui est formidable, sauf que cette chanson ne fait pas partie du show. Premier malentendu : les spectateurs de la comédie musicale l'attendent, en vain.






















"I'll never fall in love again", peut-être le seul véritable tube de "Promises promises" n'avait aucune chance de figurer sur l'album de Dionne Warwick puisque la chanson fut intégrée au spectacle lors des essais à Boston. Elle est par contre repérée par Bobbie Gentry, qui est une star depuis son "Ode to Billy Joe" alias la "Marie Jeanne" de Joe Dassin, qui l'enregistre et devient numéro 1... mais en Angleterre. Elle ne sera popularisé aux USA qu'en 1970 lorsque Dionne Warwick pourra cette fois mettre la main dessus.

De leurs côtés, Tony Bennett, Bobby Short ou les Enoch Light Singers reprennent "Whoever you are, I love you" mais sans jamais en faire un succès. D'autres tentent "Knowing when to leave" comme la jeune Sue Raney ou les Carpenters. Et c'est tout. Quatre chansons de "Promises Promises" se promènent sur les ondes et dans les magasins de disques mais sait-on seulement qu'elles sont extraites de la comédie musicale ? En fait non.
























Le problème des chansons de "Promises promises" peut être résumé de la façon suivante : trop stylisées pour Broadway et trop Broadway pour les radios. La carrière de la bande originale était en fait jouée d'avance lorsque David Merrick, le producteur, comprit qu'il était impossible aux spectateurs de sortir du théâtre en fredonnant un des airs entendus, pour la simple et bonne raison qu'ils étaient infredonnables après une seule écoute.

Essayez d'ailleurs, par exemple, en suivant "Knowing when to leave" par Dusty Springfield, que la chanteuse jugera plus sage de ne jamais graver sur disque. Où est le refrain ? Ah, il est déjà passé ! Mais non le voilà. C'est à devenir fou. Entre nous, essayer la perruque nous semble beaucoup accessible que la chanson.



En 1969, un peu déçu que ses chansons pour "Promises promises" n'aient pas occasionné le raz de marée qu'il espérait, Burt Bacharach va décider de lui-même s'en charger. L'album "make it easy on yourself" reprend donc les quatre titres qui ont déjà été exposés aux oreilles du public : "I'll never fall in love again", "Knowing when to leave", "Promises promises" et "Whoever you are I love you", plus une cinquième, le tout arrangé cette fois comme il l'entend.

La première se classera à la 18e position des charts et c'est tout. Burt Bacharach ne sera jamais Cole Porter, Irving Berlin ou Gerschwin. Il y a au moins 7 tubes imparables dans "Porgy and Bess". Il y en a à peine un dans "Promises promises".
























"Promises promises" sera la seule tentative de Burt Bacharach à Broadway, tout comme "Les Horizons perdus" sa seule participation à un film musical. Bacharach maîtrisait l'enregistrement des albums en studio, l'écriture d'une chanson pour la radio, il sera désolé de ne pas pouvoir faire plus.

Les producteurs du revival de "Promises promises" en 2010 en firent plus, eux, puisqu'ils jugèrent plus sage d'ajouter aux chansons originales deux immenses tubes de Bacharach, "I say a little prayer" et "A house is not a home", qui se retrouvèrent donc, alors qu'ils n'avaient rien à y faire, dans cette reprise. Les spectateurs furent contents, ils connaissaient maintenant au moins 6 chansons. Le show se joua pendant 300 représentations.

mercredi 16 mai 2012

Le Brushing du jour.


Parce qu'on n'a jamais assez de hauteur, de laque et d'anglaises, revisitons les plus suaves créations capillaires. Et pour cette trois cent quarante huitième édition, Dionne Warwick nous propose un modèle intitulé "Petite montgolfière".

dimanche 29 avril 2012

Et maintenant dansons !



Cela fait peut-être beaucoup de Sacha Distel et Dionne Warwick pour la même journée mais la touche Brazil sans laquelle un dimanche n'est pas totalement suave est au-delà de ça, non ?

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Dionne Warwick emprunta une chanson à Sacha Distel.


Au printemps 1966, Dionne Warwick est à Paris où elle doit se produire à l'Olympia en première partie de Sacha Distel. Les deux artistes se connaissent depuis le milieu des années 60 et la sympathie indéniable qui les unie est, d'après les rumeurs, en train de se transformer en quelque chose de plus romantique. Sacha est pourtant officiellement le compagnon de Brigitte Bardot, voilà sans doute pourquoi les deux chanteurs ne sont pas très bavards sur ce point.

Une chose en tout cas les réunit, Florence Greenberg. A l'origine simple femme au foyer s'ennuyant un peu au fin fond du New-Jersey, Florence Greenberg va, avec l'aide d'un époux très compréhensif, réaliser un de ses fantasmes : créer une maison de disques. Elle a presque 50 ans, elle ne connait absolument rien à l'industrie du disque mais cela ne l'empêche pas de fonder en 1958 Tiara Records, qui se fera connaître en lançant les Shirelles. Revendant Tiara, elle crée l'année suivante Scepter records et le conte de fée commence.


Suivant un flair exceptionnel, Florence Greenberg va prendre sous contrat un triumvirat qui va faire sa fortune : Dionne Warwick, Burt Bacharach et Hal David, qui resteront les stars de son entreprise jusqu'à ce que Florence prenne sa retraite en 1976.

Pour revenir en 1966, Florence Greenberg envisage sérieusement de signer également Sacha Distel ce qui explique pourquoi Dionne, l'étoile de Scepter Records, se retrouve en sa compagnie sur la scène de l'Olympia. L'occasion également de sortir un album avec quelques titres en français ce qui est toujours suave.


Dionne Warwick est à l'époque peut-être la seule artiste internationale à pouvoir rivaliser en popularité avec les Beatles. Si les jeunes vénèrent les chevelus de Liverpool, les réfractaires au rock trouvent en Dionne une autre façon d'apprécier la musique moderne.

Dionne est donc, elle aussi, la chanteuse dans le vent, avec, déjà, d'immenses tubes à son actif : "Walk on by", "Don't make me over", "Anyone who had a heart", "A house is not a home", "Wives and lovers", "You'll never get to Heaven", "This empty place", tous signés Bacharach/David, donnant lieu parfois à d'étranges sorties en 45 tours sur lesquels Dionne Warwick ne ressemble pas vraiment à Dionne Warwick.


Sacha Distel est, lui, l'homme des "Scoubidou", de "L'incendie à Rio" et de "la belle vie" dont il n'a pas encore enregistré la version française mais qui, sous le titre "The Good life", est devenue en 1962 un succès mondial, chanté par Tony Bennett et en gros tous les gens sachant tenir un micro. Et pour son Olympia 66, il cherche une nouvelle chanson qui correspond à la tournure internationale qu'est en train de prendre sa carrière.

En bonne amie, c'est Dionne qui lui suggère une chanson écrite par, qui d'autres, Burt Bacharach et Hal David, intitulée "Message to Martha", dans laquelle un homme désespéré demande à un merle bleu du Kentucky de convaincre sa fiancée, partie chercher la gloire à la Nouvelle Orléans, de revenir auprès de lui. Composée en 1962, cette chanson a déjà été interprétée à de nombreuses reprises sans jamais devenir un véritable hit, si ce n'est en Australie par le britannique Adam Faith.


Nous ne saurons jamais pourquoi, interprétée en allemand par Marlène en 1964, le merle bleu du Kentucky s'est transformé en rossignol, Sacha en tout cas fait enregistrer un playback de "Message to Martha", pour finalement décider que cette chanson n'est pas pour lui. Il ne la chantera pas à l'Olympia.

Reste donc une bande orchestre réalisée avec soin par Jacques Denjean, compositeur, arrangeur et ancien membre des Double Six et surtout une chanson de Bacharach que Dionne ne peut pas chanter puisqu'elle adopte un point de vue masculin et s'adresse à une Martha. Dionne en fait tout de même part à Burt et Hal David, le premier s'opposant fermement à ce qu'elle chante cette composition déjà ancienne, le second expliquant que, dans l'hypothèse où elle se l'approprierait, la seule solution pour Dionne serait de changer Martha en Michael (métrique oblige) qu'il trouve un prénom atroce. Comme nous le savons tous, Dionne ne va pas vraiment tenir compte de ces remarques.


Enregistrée donc à partir d'une bande orchestre destinée à Sacha Distel, avec des choristes françaises qui auront un peu de mal à s'approprier la bonne prononciation de "Michael", la version féminine de "Message to Martha" ne sortira qu'en face B du nouveau 45 tours de Dionne Warwick et ne convaincra Bacharach et Florence Greenberg qu'elle peut devenir un hit qu'après un succès immédiat sur les radios de la Nouvelle Orléans.

"Message to Michael" marquera le retour de Dionne Warwick dans les charts, la chanson se classera à la 8ème place du classement général et à la 5ème de celui, plus spécialisé, du R&B, position que Dionne ne retrouvera que l'année d'après et pour la dernière fois avec sa version de "Alfie", titre également au départ sorti en face B.

Il est donc parfois suave d'être obstiné et toujours utile de savoir accommoder les restes. Et n'en voulons pas à Burt Bacharach d'avoir été un peu obtus : il a tant fait pour la suavitude que presque tout peut lui être pardonné.

samedi 21 avril 2012

Vous n'allez tout de même pas sortir en cheveux ?



Ce n'est pas parce que nous sommes samedi qu'il ne faut pas faire un effort. Dionne Warwick propose l'option "Turban blanc et blanc turban".