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lundi 1 août 2022

Et maintenant chantons !


Comme beaucoup de personnes qui n'étaient pas de ce monde en 1966 et qui, par conséquent, n'ont pu assister à la bataille qui eut alors lieu des deux côté de l'Atlantique, nous avons longtemps cru que "Alfie" était un de ces succès de Hal David et Burt Bacharach composé pour Dionne Warwick, alors qu'il n'en est rien. Et c'est encore plus intéressant que cela, puisque destiné évidemment à la bande originale du film du même nom, le titre devait être interprété par Sandy Shaw, qui le refusa, puis fut offert à Cilla Black qui le trouva inintéressant. 

Dans un délire très "Peau d'âne fait tout ce qu'elle peut pour décourager son père de l'épouser", Cilla, qui hésitait à répondre un franc "non", exigea que Bacharach écrive lui-même l'arrangement, qu'il vienne à Londres superviser l'enregistrement, l'accompagne au piano et dirige l'orchestre. A sa grande surprise, il accepta tout et en novembre 1965, la chanson était enfin en boite après des dizaines de prises, conformément au légendaire perfectionnisme de Burt. 

Le film de Lewis Gilbert, dont tout le monde ignorait forcément qu'il allait devenir le succès de l'année et lancer la carrière de notre invité de la semaine, sortit sur les écrans anglais en mars 1966. Depuis janvier, on entendait à la BBC la chanson éponyme. Aussi on fut un peu surpris de découvrir qu'on n'entendait pas Cilla Black dans le film et que sur la bande originale, vers laquelle on se rua dès qu'elle fut disponible, "Alfie" était interprété par... personne ! Du moins au Royaume-Uni. 


Ce qui se passe dans la tête des distributeurs et des producteurs est parfois très mystérieux : les seconds ne voulurent pas que la chanson soit une source de distraction pour les spectateurs, aussi ils optèrent pour une version instrumentale qu'on entend sur le générique de fin. Quant aux distributeurs, il jugèrent que Cilla Black n'était pas une assez grosse pointure pour faire de "Alfie" un tube planétaire, aussi on engagea la jeune Cher et on fit figurer sa version sur le pressage de la bande originale aux USA. 

Dans les deux cas, la manœuvre ne fut pas vraiment payante puisque le "Alfie" de Cher ne dépassa pas la 32e place des charts aux USA (et Cilla se hissa péniblement à la 95e). A Londres, Cilla, qui sortait d'un numéro 1 dut se contenter d'une 9e place dans les hit-parade, et il en fut ainsi partout dans le monde. De Sidney à Copenhagen, "Alfie" ne décolla pas. 

Fin 1966, Dionne Warwick accepta enfin d'enregistrer la chanson, pratiquement en dernière minute d'une session pour son nouvel album, qui comprenait déjà "What the world needs now", "I just don't know what to do with myself" ou encore "Trains and boats and planes". Ce n'est pas qu'elle était vexée de n'avoir pas eu la primeur de la chanson, c'est qu'entre janvier 1966 et ce mois de novembre, 42 "Alfie" avaient été enregistrés, dont un par sa propre soeur Dee Dee. Pourquoi donc un 43e ? 


Et en espérant que notre conseil ne vous parvienne pas trop tard, nous vous demandons de ne pas prêter attention aux images qui accompagnent la version de Dee Dee Warwick. 

Dionne Warwick, selon la légende, accepta finalement de se confronter à "Alfie" à la demande expresse de Burt Bacharach, désespéré que le titre ne soit pas un plus gros succès et réalisant un peu tard que seule Dionne pouvait sans doute en faire quelque chose de grandiose. Bon choix cette fois-ci, sortie pourtant après tout le monde, la version de Dionne Warwick fut celle qui grimpa le plus haut et est depuis devenue un classique de la chanteuse. Mais tout de même : 43 covers de la même chanson la même année (et cela ne s'arrêta pas, ni en 1967, ni en 1969), voilà de quoi nous occuper pendant 5 jours, facile. 

Car c'est bien avec "Alfie" que nous allons passer la semaine, "Alfie" qui court dans la famille Warwick puisque chanté par Dionne et sa soeur Dee Dee, il demeura l'un des titres préférés de la cousine, qu'elle interpréta régulièrement en concert et qui est même l'une des dernières choses qu'elle entonna avant de disparaitre en 2012 à l'âge de 48 ans. Vous la connaissez certainement, une certaine Whitney...

lundi 16 octobre 2017

Une chanson : trois possibilités.


































Chaque lundi, adonnons-nous à la joie des reprises et la félicité des réinterprétations. Une chanson, trois possibilité, mais surtout du bon goût et de la suavitude. 



En 1972, la jeune Valerie Simpson qui composait déjà depuis 8 ans pour la Motown, sortait son deuxième album solo, dans une certaine indifférence. Deux ans plus tard, elle deviendra avec son mari Nicholas Ashford le couple d'auteurs le plus recherché mais ce n'est que deux ans plus tard. "Silly wasn't I" est pourtant une merveille, qu'on se passera sous le manteau comme un divin secret. 



La chanson réussit tout de même à séduire la très britannique Cilla Black qui était d'ailleurs extérieurement très white mais intérieurement très noire et qui, la même année, en proposa une version... en fait littéralement calquée sur l'originale, en face B de son single "You you you" qui ne se classa nulle part. 



En 1974, "Silly Wasn't I" se retrouve en Jamaïque en dernière plage du premier album de la charmante Sharon Forrester âgée tout juste de 18 ans, Sharon qui connaîtra une longue traversée du désert jusqu'à une résurrection miraculeuse dans les années 90. Et vous avez là l'intégralité des enregistrements de cette merveille, qui en aucun cas peuvent nous faire oublier Valerie que nous aimons d'amour. 

lundi 22 septembre 2014

C'est lundi !

































Et même si après un début de semaine agréable, la fin risque d'être moins réjouissante, météorologiquement parlant bien sûr, la Girl du lundi nous permet de garder le sourire. C'est important. Nous le devons au public.