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lundi 27 juillet 2020

Le Quizz de l'été volume 4

Comme chaque été, le Quizz du lundi prend sa forme estival c'est à dire qu'il n'est plus question de rendre son identité à un invité ou une invitée mystère mais d'identifier un film à partir de captures qui en sont issues.

Si au départ, il n'y a pas grand monde sur les photos, plus les jours passent, plus elles se peuplent. 

Vous identifiez le film dès lundi, vous remportez trois points, deux points si vous parvenez à cela grâce aux indices du mercredi et un seul grâce à ceux du vendredi. En fin d'été, nous faisons le compte et couronnons la triomphatrice ou le triomphateur de l'été.




















Souvenez-vous que cet été, nous explorons des films à tendance très musicale et allons jusqu'à des chefs d'oeuvre... en tout cas pour nous. Une idée ? Trois points quelqu'un ? A vos cellules grises !






















































Quant au Quizz de la semaine dernière, il s'agissait bien de "Haute Société" alias "High Society", film de Charles Walters sorti en 1956 et donc nous vous parlions et partagions la BO lors du centième numéro de "Soyons-Suave weekend" ici-même. Et nous venons d'ailleurs de recréer un lien zip puisque le précédent avait mystérieusement disparu...

Félicitations à Gatsby qui s'empare des 3 points ce qui donne comme classement provisoire alors que juillet se termine :
- Gatsby : 6 points
- Mikebench : 2 points

Un suspense à boucher un cornet de trompette, non ?





samedi 5 avril 2014

C'est samedi : soyons musical !

































Suaves visiteurs, vous nous pardonnerez l'épanchement qui va suivre mais il nous est impossible de ne pas présenter les mp3 de ce weekend festif (100 numéros, n'est-ce pas tout de même extraordinaire...) sans une légère émotion dans la voix et un imperceptible tremblement du menton. 

Pour ceux qui ne la connaissent pas, vous allez pouvoir découvrir la somptueuse bande originale de cette merveille qu'est "La Haute société", film de Charles Walters sorti en 1956, une des dernières grandes comédies musicales MGM et la dernière apparition sur un écran de Grace Kelly avant qu'elle ne vogue vers Monaco, mais ce qui n'a que peu de rapport avec les raisons qui font que ce disque est à jamais dans notre coeur. 


















Attention : séquence émotion. Il y a très très longtemps, nous découvrions dans la discothèque très Brassens/Brel/Bécaud de nos parents cet étrange vinyle qui ne ressemblait pas aux autres et sur lequel on voyait deux messieurs très chics entourant un dame encore plus chic. Etant sans doute déjà très suave sans le savoir vraiment, c'est vers ce disque que notre intérêt se porta et 4500 écoutes plus tard (les enfants se lassent assez lentement), nous le connaissions pas coeur, sans en comprendre un seul mot, bien évidemment, mais absolument fascinés. 

Il nous fallut sans doute un certain temps avant de réaliser que ce disque illustrait musicalement un film, divertissement auquel on n'est guère habitué lorsqu'on doit se coucher à 20h. D'où un problème existentiel lorsque ce dit-film passa un soir sur la troisième chaîne : allait-on avoir l'autorisation exceptionnelle de veiller ?  














Eh bien pas du tout ! "Haute société" ou pas "Haute société", à 20h, nous étions sous les couvertures (cette histoire se déroule avant l'invention de la couette) et à 20h30 en pyjama derrière la porte du salon, accroupi pour ne pas être découvert, suivant tant bien que mal l'intrigue sans voir l'écran de télévision. 

Si nous ne nous souvenons pas de la raison, une chose est certaine : à un moment, on nous découvrit mais voilà : au lieu de nous renvoyer dans les draps avec, en bonus, une fessée, on nous invita à rejoindre le canapé. "Haute société" est donc notre premier film,  le souvenir d'une transgression absolue et la première preuve que la suavitude triomphe de tout. 



Bien des années plus tard, nous comprenions ce que ce disque faisait chez nos parents très chansons à textes : un compromis entre un père fan de Bing Crosby et une mère chavirant devant Frank Sinatra. Nos parents, eux-aussi, étaient suaves et notre existence aurait peut-être été différente s'ils n'avaient pas, un jour, acheté ce pressage français qui vaut aujourd'hui, mais c'est un détail, une fortune.

En fin de compte, notre éducation musicale a donc débuté avec Cole Porter, chanté par les deux plus grands crooners de la planète, accompagné par la trompette de Louis Armstrong et orné de la seule fois où Grace Kelly fit entendre sa voix. On peut imaginer pire. Nous avons eu de la chance.






















C'est donc un peu de nous-mêmes que vous allez pouvoir télécharger, 10 titres signés Cole Porter qui forment une bande originale parfaite où l'on entend Celeste Holm, Louis Armstrong, des tubes comme "True love" ou "You're sensational" et l'incontournable de nos fins de dîners : "Mind if I make love to you". Et maintenant, si vous voulez bien nous excusez, nous allons ranger notre chambre. 

1. High Society ouverture
2. High Society calypso - Louis Armstrong
3. Little one - Bing Crosby
4. Who wants to be a millionaire - Sinatra/Celeste Holm
5. True love - Bing Crosby/Grace Kelly
6. You're sensational - Sinatra
7. I Love you Samantha - Bing Crosby
8. Now you has jazz - Bing Crosby/Louis Armstrong
9. Well did you evah ? - Bing Crosby/Sinatra
10. Mind if I make love to you - Sinatra









Et pour télécharger tout ceci au format zip, vous savez comment faire. 

dimanche 22 décembre 2013

Les très suaves heures de l'Histoire Contemporaine : le jour où ce fut mieux à deux.

















En 1956, un album va considérablement changer la carrière de trois individus et lancer une vague fort suave dans l'industrie du disque en général et du jazz en particulier, le très célèbre "Ella and Louis" produit par Norman Granz pour le label Verve. 

Vous aurez certainement compris que les trois individus en question ne sont autre que Ella Fitzgerald, Louis Armstrong et Norman Granz, et si les deux premiers n'ont plus besoin de présentation, le dernier mérite incontestablement quelques mots et une place de choix sur Soyons-Suave. Ce dimanche sera jazz, vocal et harmonique. 



















Si depuis quelques temps les choses commencent à changer, il aura fallu des années pour qu'on se décide à sortir de l'ombre l'homme qui démocratisa le jazz et fit sans doute autant pour les droits civiques des noirs américains que Martin Luther King. 

Né en 1918, Norman Granz pourrait être résumé en quelques mots et une poignée de chiffres : imprésario et producteur, directeur de maisons de disques, il produisit entre 1956 et 1959 sur son label Verve 500 disques c'est à dire la moitié de la production discographique jazz des Etats-Unis. Agent d'Ella Fitzgerald jusqu'à sa mort, il fit de la chanteuse une star mondiale et l'impératrice de la chanson. Mâtin ! Quel homme ! 
















Il est toujours amusant de réaliser que l'un des hommes les plus influents du jazz ne joua jamais une note et ne toucha jamais un instrument : Norman Granz n'était que l'amoureux d'une musique qu'il décida un jour de partager avec la terre entière. Il commença par produire pour 300 dollars un concert dans un lieu habitué au classique, le Philarmonic Auditorium de Los Angeles qui rencontra un tel succès que cela devint une entreprise. 

De 1944 (date du premier "Jazz at the Philarmonic") à 1983, Norman Granz promena à la surface de la planète la crème du jazz pour des concerts magnifiquement produits et qui avaient ceci de révolutionnaire dans les années 40 que les artistes noirs recevaient la même paye que les musiciens blancs et que Granz refusait tout concert dans les salles séparant public blanc et public de couleur. Granz devint l'idole des jazzmen et, ce qui nous intéresse, l'agent d'Ella. 


















En 1955, Ella fitzgerald a 38 ans et, bien que reconnue dans le milieu des musiciens comme une interprète exceptionnelle, elle est essentiellement vue comme une chanteuse de be-bop, qui se produit dans des clubs où l'on aime le be-bop devant un public fan de be-bop. Approchée par Norman Granz lors d'un concert du "Jazz at the Philarmonique" auquel elle a participé plusieurs fois, elle accepte qu'il devienne son agent et décide de le suivre lorsqu'il lui annonce un projet qui tient de la vision : faire d'elle une missionnaire de la chanson. 

Dans un mouvement très "Berry Gordy décidant de faire de Diana Ross la première star noire de la pop", Norman fonde le label Verve et entreprend de faire enregistrer à Ella des succès populaires de compositeurs populaires mais avec son savoir-faire de producteur de jazz. Le premier disque sort au début 1956, il s'intitule "Ella Fitzgerald sings the Cole Porter songbook".























Entre 1956 et 1964, Norman va produire 8 songbooks pour Ella qui va revisiter le répertoire d'Irving Berlin, Duke Ellington, Jerome Kern, Gershwin, Rodgers and Hart, permettant donc, pour certains opus, à une chanteuse noire, de jazz, de s'attaquer à des compositions de musiciens juifs immigrés d'Europe de l'Est appréciés jusque là par un public blanc. 

La vision de Norman Granz se réalise : Ella, en 8 ans, va brouiller les frontières et s'imposer comme une chanteuse dont on ne voit plus la couleur ou les origines. Tout le monde achète, tout le monde écoute, Ella passe à la télévision et dans des salles prestigieuses. 






















La même année 1956, suivant un rythme effréné, Norman Granz choisit, pour asseoir sa protégée, 12 ballades qu'il fait enregistrer à Ella en compagnie de celui qu'elle a déjà de nombreuses fois accompagné durant les années où elle chantait pour le label Decca, Louis Armstrong. 

En gros, en 1956, Armstrong est dans la même situation que Ella en 1955. Musicien de jazz vénéré, il séduit les aficionados mais le marché blanc lui reste fermé. Cette association va être un coup de génie. A 55 ans, enfin, il brise lui-aussi les frontières, ce qui le mènera, en 1964, à décrocher son plus gros succès et la tête des charts, chassant même les Beatles avec "Hello Dolly". 



L'album "Ella and Louis" aura deux suites, "Ella and Louis again" et "Porgy and Bess" en 1957, tous trois immensément populaires et posant, sans le savoir, les bases d'une variété de qualité qui connaîtra son heure de gloire dans les années 60. C'est d'un chic absolu, d'une classe folle, d'un suave invraisemblable.

Ce qui est très drôle et nous conduit à la belle histoire du dimanche est que, comme on pouvait s'y attendre, l'industrie du disque va suivre les traces de Granz et lui emboîter le pas. Et puisqu'on ne peut décemment laisser ce qui marche ne marcher que pour un seul homme et un seul label, tout le monde va adapter le recette Norman. En deux ans, toutes les maisons de disques vont saisir leurs chanteuses de jazz et les enfermer en studio avec un confrère. Dorénavant, plus question de chanter seule.




























Si en 1960, la mode va quelque peu passer, tout le monde a désormais un disque de duo à son répertoire, bon souvenir pour certains, cauchemar pour d'autres comme l'improbable association de Dinah Washington et Brook Benton dont l'inimitié a l'avantage d'être gravée sur disque dans le délicieux "You've got what it takes" où, à très exactement 2m05, Brook se fait vertement envoyer balader par Dinah qui déclarera en sortant du studio qu'elle ne veut plus jamais le croiser et sera un peu surprise en découvrant que cette prise gâchée sera celle qui sera finalement retenue.



A l'inverse, jusqu'à très tard dans sa carrière, Sarah Vaughan retrouvera avec plaisir Billy Eckstine sur scène, le seul homme sans doute capable de rivaliser avec les graves de la Divine, juste parfois un peu proche du rôt comme le soulignait les orthophonistes impressionnés par son timbre. 


Depuis 2012, Norman Granz, comme nous le disions, est revenu dans l'actualité et s'est rappelé à notre bon souvenir avec la parution d'une biographie suivie d'une exposition et d'un documentaire. Décédé en 2001, il fut sans doute l'homme le plus pleuré par les joueurs de contrebasse ou de xylophone mais pas par Ella qui mourut, elle, en 1996. 

Sa contribution à la musique et à la suavitude méritait bien une belle histoire et un tag supplémentaire sur nos pages. Et une chanson ? Evidemment : et une chanson !