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jeudi 3 août 2023

Et maintenant chantons !


Triomphe en Espagne et en France avec Jeanette, succès avec des interprètes du cru dans presque tous les pays du monde, il est logique de s'interroger : que manque-t-il à "Porque te vas" en 1977 ? Eh bien logiquement : des versions instrumentales, puisque nous sommes dans les années 70 et que les plus gros vendeurs de disques n'ont en fait pas de chanteurs. 

Nous avons déjà évoqué Caravelli, en fait Claude Vasori mais on était alors en pleine folie Caravelle d'Air France (véridique), formidable compositeur et chef d'orchestre qui inonda le monde d'albums orchestraux entre 1965 et 1985. Vous savez que collectionner ses disques uniquement pour ses pochettes a un jour été un conseil collection de "Soyons-Suave weekend". C'est un must. 


Vous n'ignorez rien non plus de Franck Pourcel, dont les pochettes sont tout autant intéressantes que celles de Caravelli avec en prime, parfois Franck lui-même sur la photo. Compositeur, chef d'orchestre, monsieur Eurovision pendant 25 ans, il a enregistré plus de 2000 titres et a, un temps, été le premier produit français à l'exportation. Et son "Porque te vas" groove méchamment. 

Un peu plus pointu, nous évoquons parfois Claude Borelly, monsieur Trompette et ses 25 disques d'or et rarement Henry Salomon, qui enregistra pourtant une trentaine d'albums entre 1972 et 1994, mais pour la bonne raison qu'il n'existe pas. Ainsi se nommait l'orchestre du label espagnol Belter, qui ne se produisit qu'en studio et dont les membres étaient anonymes et interchangeables. 


A ce stade, et lorsqu'on en vient à évoquer des groupes fantômes espagnols, il serait logique de vous écrier : et Paul Mauriat ? Et Francis Lai ? Et Michel Legrand ? Et James Last ? Et Ray Conniff ? Suaves visiteurs, nous sommes aussi surpris et déçus que vous : aucun d'eux ne grava "Porque te vas" et c'est incompréhensible. 

Heureusement, Raymond Lefevre le fit, lui, dès 1977 et cela est rassurant. Car sans Paul, sans Francis et en plus sans Raymond, comment savoir qu'un titre est réellement un tube ? Franchement ? 

lundi 9 août 2021

Et maintenant chantons !


Nouvelle semaine, nouvelle saga, et nous mesurons que celle-ci va peut-être en mettre certains sur les nerfs, tant la chanson choisie mérite pleinement sa place dans le top 10 des scies musicales, c'était en 1962 et Petula Clark, en français, nous invitait à monter à bord de son chariot, à l'assaut des grandes plaines, vraisemblablement du Far West et du ciel étoilé, sur des paroles de Jacques Plante et une musique de... mais nous allons y revenir dans un instant. 

Jacques Plante, au passage, gigantesque parolier français qui réussira à aligner les tubes pendant 30 ans, passant d'Yvette Giraud (qu'il épousera) aux yé-yé : à Sheila, Richard Anthony, Les Chaussettes noires. Ajoutons Line Renaud ou Aznavour. Jetez un œil à son œuvre, c'est ahurissant. 

Mais pour revenir à "Chariot", sans être une oeuvre que nous plaçons au sommet de notre Panthéon personnel, avouons qu'il nous arrive, un peu trop fréquemment d'ailleurs, et sans raison apparente, de nous lancer, en forçant dans les graves, dans "Si tu veux de moi...". Parfois nous n'allons pas plus loin. Mais c'est assez régulier pour accueillir "Chariot" au coeur de notre été.




































Evidemment, "Chariot", c'est Petula Clark, alors en pleine période française, découvrant les escargots, le Beaujolais et l'amour au sein des disques Vogue, ignorant que deux ans plus tard, "Downtown" et Tony Hatch allaient envoyer l'ancienne enfant prodige britannique en orbite internationale. 

Et "Chariot", c'est un tube imparable, celui de l'été 1962 (le disque sort en juillet) et son histoire est absolument formidable, ce que nous ignorions en partie. 

Car en 1962, ce n'est pas la première fois que qu'on peut entendre cette composition qui s'inscrit dans la lignée des chansons françaises à thème américain ("Le gros bill", "Dans les plaines du far west", "La fille du cowboy", "Davy Crockett") puisqu'elle date en fait de l'année précédente et se trouve, en instrumental, sur un album de Franck Pourcel. 





L'album est le 17e opus de la série de Franck Pourcel "Amour, danse et violons", "Chariot" se trouve en 3e plage de la face B, est annoncé comme un mambo-twist et est signé Stole et Del Roma, totalement inconnus au bataillon. 

Et pour cause, Stole et Del Roma sont deux pseudonymes, en l'occurrence de Franck Poucel himself et de son acolyte Paul Mauriat. Si nous ajoutons que les arrangements sont de Raymond Lefèvre, nous pouvons en conclure que "Chariot" est en fait la création de la Sainte Trinité de la variété française. 




 




















Nous pourrions vous parler pendant des heures de Franck Pourcel, Paul Mauriat et Raymond Lefèvre, cependant nous ne le ferons pas puisqu'il nous faut tenir une semaine mais si, par accident, ces trois hommes vous sont totalement inconnus, nous vous conseillons de prendre une heure ou deux et de partir à leur rencontre sur les internet, après vous être auto-flagellés avec des orties. 

Nous ne comprenons pas qu'on ne leur ait pas élevé quelques statues. Ou consacré au moins un boulevard et un établissement scolaire chacun. 

En tout cas et forcément, "Chariot" ne pouvait être qu'un tube. Encore fallait-il le trouver en face B.

samedi 13 juillet 2013

C'est samedi : soyons musical !





















Voilà bien longtemps que les mp3 du weekend ne s'étaient consacrés à un de ces disques que nous emporterions sur une île déserte, idée toujours aussi saugrenue puisqu'un tel projet n'est pas du tout à l'ordre du jour. Vous comprenez donc qu'il s'agit d'une image pour désigner ces galettes qui nous accompagnent depuis toujours et dont nous ne nous séparerions sous aucun prétexte. 

Numéro spécial tricolore oblige, l'occasion est donc trop belle aussi déclarons enfin notre amour pour Raymond Lefèvre et pour la bande originale qu'il composa en 1968 pour le film de Jean Girault "Le gendarme se marie" et non, nous n'avons pas bu. 














Dans les années 60 et 70, Raymond Lefèvre va faire partie, avec Franck Pourcel et Paul Mauriat, du triumvirat qui ferait passer la French Touch des années 90 pour de sympathiques amateurs et qui va vendre des millions d'albums à travers le monde. 

Que les trois compositeurs/arrangeurs/chefs d'orchestre aient été très amis rend d'ailleurs la chose encore plus suave : Raymond, Paul et Franck vont régner de façon magistrale sur la musique instrumentale, profitant de l'éclosion de la stéréophonie et de la démocratisation des système de son. Paul Mauriat aura son "L'amour est bleu", Franck Pourcel des hits en cascade et restera le compositeur de "Chariot" de Petula Clark. Raymond se fera un nom grâce à "Âme câline/Soul Coaxing" dont nous parlions la semaine dernière. 


Si les trois hommes peuvent parfois sembler interchangeables (ils ont tous dirigé l'orchestre de l'Eurovision, assuré l'accompagnement musical de nombreuses émissions de l'ORTF, ont accédé au statut de dieu vivant au Japon), chacun avait sa touche propre : les cuivres pour Paul, les harmonies pour Franck, les cordes pour Raymond.

Ils étaient en tout cas très français, comme ne manquaient de le rappeler les photos promotionnelles ou les pochettes de leurs disques. On fume, on aime son chien et on est très attaché à Paris, la capitale de l'amour.























Mais revenons à Raymond, notre héros. En 1964, il va travailler en collaboration avec Paul Mauriat sur la bande originale de ce qui deviendra le premier volet d'une inépuisable série qu'il n'est plus nécessaire de présenter : les Gendarmes avec Louis de Funes dont un titre, "Do you do you do you St Tropez", interprété par Geneviève Grad, est depuis légendaire.

C'est Raymond, seul cette fois-ci, qui assurera les bandes originales des Gendarmes suivants et donc, en 1968, de l'invraisemblablement groovy "Le gendarme se marie", c'est bien simple, un chef d'oeuvre.



Si vous venez de regarder la vidéo ci-dessus, vous devez normalement être à présent en bottes de cuir et mini-jupes. 

Et nous n'imaginons même pas votre tenue après avoir succombé au "Gendarme au Byblos", qui a, peut-être, entraîné la prise de LSD. 


En 1971, Raymond Lefèvre, fidèle à De Funes et à Jean Girault, va cette fois s'illustrer dans le thriller avec "Jo", sur lequel il va bénéficier de conditions de travail luxueuses, le film étant produit par la MGM encore un peu vaillante.

Le résultat est sidérant, c'est bien simple, on dirait du Lalo Schifrin, de toutes les façons, nous n'avons aucun recul avec Raymond et n'y voyez pas une nouvelle métaphore sexuelle.



Mais assez parlé : célébrons donc le 14 juillet avec Raymond, avec Louis, avec Jean et insistez même auprès des pompiers que vous fréquenterez forcément demain soir pour qu'on passe un Gendarme. C'est assez osé mais en demandant suavement... 

1. Le gendarme se marie : Générique
2. Le gendarme se marie : Le gendarme au Byblos
3. Le gendarme se marie : Valse de la séduction
4. Le gendarme se marie : Cha cha cha
5. Le gendarme se marie : Le gendarme pop
6. Le gendarme de St Tropez : Surf suprise party
7. Jo : Générique
8. Groovy
9. Hotel California
10. Melancolie
11. The sound of love
12. Let's dance (David Bowie)

Et pour télécharger ce Gendarme et quelques autres curiosités au format zip, vous savez comment faire.