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lundi 22 juillet 2024

Et maintenant chantons !


Comme personne ne l'ignore, il existe dans le monde merveilleux du jazz vocal américain une sainte trinité formée par Ella, Sarah et Billie, miss Fitzgerald - Vaughan et Holiday, if you're nasty. Et si cette citation vous rend perplexe, vous êtes priés de rendre immédiatement votre abonnement au fan-club de Janet Jackson. 

Mais juste à côté de ces trois divinités se trouve un autre trio tout aussi suave : Anita, June et Chris, qui, et franchement les choses sont bien faites, ont toutes les 3 enregistré à un moment de leur carrière la chanson de la semaine : "You came a long way from St Louis", de John Benson Brooks et Bob Russell, sur lesquels nous reviendront demain. 

Et c'est grâce à June Christy que nous avons découvert cette petite chose qui est rapidement devenue un obsession, déjà le temps de comprendre de quoi exactement parlait cette chanson, mais surtout parce qu'elle est parfaite en toute occasion et accompagne moultes variations de martinis. Par June, Anita, ou Chris. 





 


















Suprêmement talentueuses, relativement endurantes avec des carrières couvrant plusieurs décennies et ayant toutes apporté leur pierre à l'histoire du jazz, Anita O'Day, June Christy et Chris Connor sont toutes les trois de très vieilles amies, si anciennes que pour certaines, comme miss O'Day par exemple, nous ne nous souvenons même plus comment nous les avons rencontrées. 

Une chose est certaine : nous avons toujours été fascinés par cette histoire, sans doute fausse mais si jubilatoire, qui veut qu'elles se soient à des moments clefs passé le flambeau, à savoir le poste très convoité de chanteuse principale de l'orchestre de Stan Kenton. Et ainsi lancé leurs carrières respectives.

Pianiste de formation et compositeur, Kenton fut surtout à la tête pendant près de 40 ans du big band le plus novateur de la scène US, pour des raisons qui sont parfaitement expliquées sur Internet et dans lesquelles nous n'allons même pas imaginer nous lancer car nous ne sommes pas certains d'avoir tout compris. 
























Quoi qu'il en soit, génie du son et des arrangements, Kenton mit d'abord sur orbite la jeune Anita O'Day à partir 1944, et lorsqu'elle souhaita voler de ses propres ailes, elle lui suggéra, semble-t-il, d'engager June Christy. Ce qu'il fit sans le regretter : c'est avec elle qu'il obtiendra ses plus gros succès commerciaux au tournant des années 50.  

Rêvant à son tour d'une carrière solo, June Christy aurait proposé à Stan d'aller vite écouter Chris Connor, qui deviendra son nouveau canari à partir de 1953. Voilà comment Anita lança June qui lança Chris. C'est beau. 


Lorsqu'on découvre pour la première fois "You came a long way from St Louis", on comprend aisément ce que les big bands et leurs chanteuses y virent de jubilatoire. Car ça swingue sévère et n'importe quelle section peut s'en donner à coeur joie. C'est à la fois taillé pour le studio avec orchestre monumental et parfait en live accompagné d'un agile trio. 

Mais si vous connaissez un peu Anita O'Day, la Sid Vicious du jazz, qui ne fit rien d'autre dans sa carrière que ce qu'elle souhaitait (et avec parfois de longues interruptions lorsque ce qu'elle souhaitait avant tout était de la cocaïne), vous savez qu'elle ne pouvait pas faire comme ses camarades. 

Non seulement elle chante le couplet généralement délaissé de la chanson mais en plus, elle l'aborde de façon très calme. Vous avez donc tout le loisir de plonger dans cette voix et ce phrasé inimitables. C'est Anita. C'est une très vieille amie. 

jeudi 28 juillet 2022

Et maintenant chantons !


Succès mondial des années 1938 et 1939, il était logique que la chanson de la semaine, "Bei mir bist du schön", cesse à un moment de fasciner les foules et c'est exactement ce qui se produisit dans l'intégralité des années 40 au cours desquelles on ne repère qu'un ou deux enregistrements du titre. Mais la guerre était finie, on pouvait donc passer à autre chose. En 1946 par exemple, la mode est clairement aux crooners, Perry Como et Frank Sinatra. En France, on voit la vie en rose avec Edith Piaf et on puffe avec Fernandel et Bourvil. Bref s'en est fini des cours de langues.

13 ou 14 années s'étant écoulées, au début des années 50, la chanson va commencer à revêtir un certain vernis rétro, qui ne sera rien en comparaison avec les années 60 où soudain, il redevient hip de chanter "Bei mir bist du schön". D'autant qu'on voit également refleurir un certain goût pour les groupes vocaux, si possibles familiaux. Et c'est une vague de soeurs chantantes qui se souviennent soudain des Andrews Sisters. Illustrations ! 



Les Lennon Sisters, les Clark Sisters, June Christy en ouverture de ce billet (peut-être notre version préférée) ou l'inusable Warren Kime : dans les années 60, "Bei mir bist du schön" se met à groover et devient presque soul lorsque nos soeurs chéries des années 70, les 4 Pointers, ont droit à un cours de la part de Patti Andews sur la meilleure façon d'interpréter la chose. 

Souvenons-nous qu'à leurs débuts, les Pointers Sisters vont déchaîner San Francisco d'où elles sont originaires en proposant un mélange inédit de soul et de retro, s'habillant dans les magasins de seconde main pour interpréter du Isaac Hays ou du Stevie Wonder. Donnant l'impression de sortir de Harlem dans les années 30, elles vont devenir le groupe vocal le plus excitant qu'on ait vu depuis des lustres. 

Et si "Bei mir bist du schön" arrive à 4mn et 20s dans la vidéo ci-dessous, il serait vraiment dommage de vous priver de "Little Pony", live. Une merveille. 

vendredi 7 octobre 2011

La question suave du jour : Soyons-Suave doit-il, lui aussi, parler d'apple ?


Shoo Fly Pie and Apple Pan Dowdy...


Don't sit under the Apple Tree...

Cherry Pink and Apple Blossom White...

D'accord mais c'est vraiment parce que la saison se termine...

samedi 1 août 2009

Est-il suave d'être blonde, derrière un micro et de ne posséder qu'un modeste vibrato ?





Anita O'Day, June Christy et Chris Connor ! Pour certains la Sainte Trinité du jazz ! Dans cet ordre les trois plus célèbres canaris de l'orchestre de Stan Kenton, ces jolies chanteuses qu'on laissait s'échapper de leur cage le temps d'un morceau avant qu'elles ne regagnent leur chaise. Et quand on sait qu'elles suggérèrent elles-mêmes le nom de leur remplaçante au moment de quitter l'orchestre et de voler vers une carrière solo, est-ce que cela ne les rend pas encore plus suaves ?