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lundi 30 mars 2015

La fin du Quizz d'Ivan.
















Et c'est au moment où on s'y attend le moins que surgit soudain un anonyme, sûr de lui, au raisonnement imparable. Et donc oui, mystérieux visiteur, l'homme à l'imper dans sa gondole était bien Cliff Robertson dans "The honey pot", film ô combien suave de 1966 et de Mankiewicz. 

Alors même si cela claque moins qu'un patronyme déclaré, ami(e) Anonyme, vois ton nom en noir sur gris cette semaine sur Soyons-Suave et reçois nos plus chaleureuses félicitations. Nous te tutoyons. En fait nous ne savons pas pourquoi. 

















Si "The honey pot" alias "Guêpier pour trois abeilles" a, il faut le dire, un peu vieilli, certaines choses demeurent et lui confèrent encore aujourd'hui un charme particulier. Déjà il y a Venise, et nous pourrions pratiquement nous arrêter là, d'autant que nous avons déjà précisé qu'il s'agissait d'un film du divin Joseph. 

Mais comment ne pas évoquer ce casting étourdissant, ce "what a cast !" qui jaillit alors que défile le générique... Rex... Susan... Capu... (oui, nous l'appelons Capu)... Maggie... et Edie Adams, que nous aimons plus que de raison. 




































Edie est d'ailleurs plus grande que les autres, ce qui n'est que justice. 

Et Cliff donc, qu'on peut avoir tendance à oublier au milieu d'un tel firmament. Mais justement, n'est-ce pas là un trait caractéristique de la carrière de celui qui nous quittait en 2011, un jour seulement après son 88e anniversaire et après avoir ressuscité grâce à Spiderman ? Prenons un exemple à l'aide de "Love has many faces" que nous aimons presque autant qu'Edie Adams. 




















Dans "Love has many faces" donc, Cliff embrasse Lana Turner, il séduit Stephanie Powers, porte du blanc au soleil et arbore un bronzage en tout point parfait. Et ? 

Nous avons beau faire un effort, nous l'oublions systématiquement au profit de Lana, certes, mais également de Hugh O'Brian. 

































Une histoire de taille de ski sans doute...

vendredi 15 mars 2013

La question du jour : est-il suave d'être gigolo ?






















Malheureusement, notre connaissance médiocre du milieu ne nous permet pas de garantir le côté suave de la profession de gigolo. Deux choses sont cependant certaines : c'est très cinématographique et on y rencontre d'intéressantes personnes, bien que souffrant potentiellement de troubles nerveux divers. 

Rappelons simplement qu'une carrière de gigolo peut prendre fin prématurément. Aussi, au cas où vous soyez tentés, assurez-vous de travailler pour une cliente sans piscine. C'est évidemment moins agréable l'été mais c'est plus sûr. 


lundi 10 décembre 2012

La fin du Quizz de Marianne.













Lana Turner ! Il s'agissait bien de Lana Turner et ce fut comme une évidence pour Stéphane G. qui coiffa au poteau tous les amoureux de l'autre blonde hollywoodienne après... les autres blondes hollywoodiennes. Stéphane, votre victoire est éclatante et personne ne va songer à la contester. 

Notre Baron préféré vous a déjà félicité chaleureusement, à cela s'ajoute évidemment notre admiration sincère et totale. Et nous partons de ce pas construire un nouveau podium : l'ancien n'est pas assez large pour accueillir tous les nouveaux pourfendeurs de Quizz qui nous honorent depuis quelques semaines. 


















Comme le précisait si justement Renaud, le décolleté turquoise apparaît bien dans "L'amour a plusieurs visages", avant-dernière gâterie dont Lana nous gratifiera après "Peyton Place" et "Le mirage de la vie" et juste avant "Madame X" qui marquera la fin de la flamboyante carrière de miss Turner, "The big cube" étant plus une curiosité qu'autre chose. Et c'est sans parler des 4 productions qui suivirent. 

En 1965 Lana Turner était encore hot, suffisamment en tout cas pour incarner une énième femme de mauvaise vie qui, ici, promène sa nymphomanie sous le soleil d'Acapulco. Inutile de dire que Lana est tant assoiffée de sexe dans ce film d'Alexander Singer produit par la Columbia qu'elle meurt à la fin, embrochée par la corne d'un taureau sauvage. Et la symbolique est trop énorme pour que nous ajoutions quelque chose. 
























Parce qu'il fallait, en ce milieu des années 60, un peu plus que Lana Turner pour attirer les foule dans les salles, on jugea vendeur de promouvoir non le film, les décors ou la distribution mais les costumes portés par l'ange déchu blond, signés Edith Head et dont on vanta le fait qu'ils aient coûté un million de dollars. 

C'est d'ailleurs, si vous avez de bons yeux, écrit sur l'affiche sous Lana, une surenchère par rapport au million de dollars également, mais qu'avaient coûtés costumes ET bijoux dans "Le mirage de la vie". Dans une interview, Hugh O'Brian précisa que son costume à lui devait à peine valoir 1 $. C'est pourtant l'un des intérêts du film et cela tombe bien puisqu'on le voit beaucoup. 


















Nos amis allemands ne s'y sont pas trompés en replaçant le petit short au centre de leur affiche (la seule version existante de "L'amour a plusieurs visages" sur Youtube est d'ailleurs dans la langue de Goethe) : Hugh O'Brian, bien plus que Cliff Robertson est la star masculine du film. C'est d'ailleurs lui qui repart avec Stephanie Powers toute de beige vêtue pour ne pas faire de l'ombre à Lana. 

Assez peu visible et pour ne pas dire pendant longtemps invisible, "Love has many faces" est aujourd'hui disponible en DVD ce qui permet, enfin, de se livrer à un jeu toujours divertissant : relever les sous-entendus qui émaillent cette production décidément fort suave. Sans vous gâcher le plaisir, annonçons plusieurs allusions à Oscar Wilde. Et des regards qui en disent longs. Il fait chaud à Acapulco. 


samedi 5 novembre 2011

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Rock Hudson et Tony Curtis se rendirent au sauna.


En octobre 1950, le magazine de cinéma Modern Screen, avec pourtant Ava Gardner en couverture, proposa à ses lecteurs l'article sans doute le plus ambigu et invraisemblable jamais paru dans ses pages. Si on cherche un jour un document permettant de comprendre la signification "d'entre les lignes", il ne faut pas aller chercher plus loin. Il illustre parfaitement la fausse naïveté, en fait totale hypocrisie des années 50.

Sur trois pages, on y apprenait qu'un journaliste de la revue avait été invité par le propriétaire d'un établissement de bain finlandais de Los Angeles, un sauna donc, à venir immortaliser une après-midi de détente entre garçons dans ses locaux. On le pria de venir accompagné d'un photographe. Et pour cause, les garçons en question n'étaient autres que l'écurie d'étalons de la Universal au grand complet : Rock Hudson, Tony Curtis, Hugh O'Brian, Scott Brady et John Broomfield.


Tony sous un angle méconnu

Hugh sous un angle familier

John identifiable par son monogramme fort chic

Scott ruisselant

L'établissement en question, le Finlandia Baths, tenu par le très finlandais Sam Amundsen, était une nouveauté à Los Angeles où il n'allait pas de soi, quand il fait déjà 40°, de s'enfermer dans une cabine surchauffée à des fins thérapeutiques. Mais en quelques mois, le sauna était devenu la coqueluche du tout Hollywood et il n'était pas rare d'y croiser Humpfrey Bogart jouant aux cartes avec Peter Lorre ou Rock Hudson, alors en pleine ascension.


Qu'après une certaine heure le lieu se transforme en lieu de rencontre pour messieurs en serviettes aimant les messieurs en serviettes n'a visiblement pas posé problème à l'attaché de presse de la Universal qui voyait sans doute là l'occasion, non seulement de faire un beau reportage sur son cheptel mais surtout de le faire en vantant le naturel, la vie saine et l'esprit de camaraderie de ces jeunes gens, heureux de passer une après-midi entre amis, nus, dans un environnement moite.

Les photos prises ce jour là sont irrésistibles, petites pour certaines mais les voici :








Les légendes étant peut-être même plus savoureuses que les clichés, nous ne pouvons que vous conseiller d'aller consulter l'article en entier ici, nous vous en proposons néanmoins, si vous êtes prêts à perdre quelques dixièmes aux deux yeux, un extrait.


Alors qu'il n'est question que de température dans le sauna, il est délicieux de lire cet échange entre John Broomfield, Tony Curtis et Rock Hudson : "Est-ce que c'est trop pour toi ?", "Non, pas du tout, j'adore", "Tu sais, je vais te faire fondre"...

En 1952, Rock Hudson, en voyage à Londres, sera arrêté par la police pour avoir "troublé l'ordre" et s'être livré à "des actes répréhensibles" dans un sauna dont le plus fidèle client était Alec Guiness, qui trouvait, d'après son journal, ce lieu "répugnant" mais s'y rendait cependant chaque semaine. L'affaire fut étouffée et ne resurgit qu'en 1985, quelques semaines seulement après le décès de l'acteur. Voilà ce qui se passe lorsqu'on est mal accompagné. Car visiblement, ce ne sont, ni Tony, ni John, ni Hugh ni Scott qui auraient porté plainte...