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lundi 28 août 2023

Et maintenant chantons !


Suaves visiteurs, pour ce qui est peut-être, ou peut-être pas, notre dernière saga musicale de l'été (le suspense est à son comble, même nous n'avons pas la réponse à cette épineuse question), nous vous proposons de swinguer sévèrement en compagnie de "Happy together", tube interplanétaire que nous avons sans doute entendu pour la première fois crooné par Mel Tormé, alors qu'il n'est évidemment pas le créateur de la chose. 

Et si le choix de "Happy together" s'impose, c'est que l'histoire de cette chanson semble avoir été écrite pour nous : une chanson pop au succès surprise, devenant le hit de l'année, repris et détourné dès sa création par à peu près tout le monde, dans un effort parfois désespéré pour certains et certaines de faire jeune, alors qu'on ne l'était plus vraiment, en cette fin des années 60. 

Mais revenons à monsieur Tormé, enfant prodige de la musique et du chant, à la carrière exemplaire et dont l'influence s'étendra jusqu'aux Manhattan Transfert. Amoureux du jazz et du be-bop, Mel Tormé fera au cours de sa longue carrière (70 ans de show business avec un décès à 73 ans et donc des débuts sur scène à 3 ans !!!), y compris écrire un livre odieux sur le "Judy Garland Show" dont il était l'arrangeur jusqu'à ce que Judy lui montre la porte et qu'il publiera juste après la mort de celle-ci. Voilà pourquoi nous aimons Mel avec toujours un chouia de réserves. Car ce monsieur à la voix de velours n'était clairement pas totalement un gentleman. 




































Mais assez de Mel et revenons à "Happy together", tube pour les Turtles en janvier 1967 et qui restera le plus gros succès de leur carrière, pas si courte qu'on pourrait le croire puisque formé en 1963, le groupe, sous diverses combinaisons, continua jusqu'en 1970, puis devint un duo dont nous reparlerons cette semaine. Et il se produit toujours. 

Est-il besoin à ce stade d'expliquer pourquoi, en 1963, on trouvait cela plutôt fûté de s'appeler "Les Tortues" ? Et devons-nous rappeler qu'en Angleterre, des "Scarabées" renversaient tout sur leur passage et ont fortement contribué à la vagues des groupes aux noms d'animaux ? Les Byrds ? Les Monkees ? Les Animals ? T. Rex ? Les Yardbirds ? 

En tout cas, en enregistrant une composition du duo d'auteurs fraichement formé, Garry Bonner et Alan Gordon, qui venait d'être refusé par une dizaine d'artistes, les Turtles vont trouver en "Happy Together" la chanson qui va les accompagner tout au long de leur carrière. Et donner le titre à toutes leurs compilations... et à tous les documentaires... une signature en fait. 






Et non, nous ne parlerons pas de la cravate en laine noire sur le pull en laine moutarde, surmonté de grosses montures et d'un chapeau...

vendredi 24 juillet 2020

Et maintenant chantons !



































Si nous résumons ce que nous avons appris depuis lundi, la chanson "Don Cha Go Way Mad", tube en 1950, mais semblant déjà être d'une époque révolue, n'a réussi qu'aux big bands et à Ella Fitzgerald, cette dernière la reprenant régulièrement sur disque ou en concert pratiquement jusqu'à son dernier souffle. Les jeunes chanteuses s'y étant essayées n'ont mené la chanson nulle part et l'instrumental d'origine, "Black Velvet", est à peine devenu un standard de jazz. 

Ne manquaient à l'appel que les crooners et c'est pourquoi nous convoquons pour ce dernier épisode Frank Sinatra et Mel Tormé. De façon assez évidente, Mel Tormé avait la voix mais pas le physique. Frank Sinatra, lui, avait tout et surtout une carrière chancelante au début des années 60. "Stangers in the night" n'arrivera qu'en 1965, et les années qui y méneront seront un peu rudes. 

Deux chanteurs et finalement deux écoles : perdu en 1962, Sinatra va quitter sa maison mère Capitol et créer son label. Il va chanter Noël, Cole Porter, les chansons oscarisées, avec Count Basie, et revisiter ses années de chanteur d'orchestre sous la direction artistique de Neal Hefti, trop heureux de collaborer avec la légende, même sur le déclin.  





En 1986, Mel Tormé est une sorte de dinosaure du swing, un "Tony Bennett" sans "I left my heart in San Francisco" qui survit sur le circuit des salles de Jazz et passe une partie de son temps au Japon où on l'adore.

Il a toujours la voix. Il ressemble encore moins à quelque chose mais ce n'est pas un problème puisque cela ne s'entend pas sur disque.






Dans les deux cas, qu'on soit en recherche d'un second souffle ou qu'on tente juste de survivre, c'est apparemment judicieux de ressortir "Don Cha Go Way Mad", à condition d'avoir sous la main une énorme section de cuivres.

Seule Julie London, qui ne sera jamais en perte de vitesse et naviguera avec une aisance assez admirable du jazz à la variété à la pop, adoptera, mais c'est Julie London, une approche intimiste et choisira de susurrer l'hymne swing. Comme toujours, c'est formidable.





Finalement, pour un instrumental devenu très accidentellement l'une des chansons de notre enfance, "Don Cha Go Way Mad" nous montre, avec ses 50 ans de carrière, qu'en cas de problème de couple, en parler reste la meilleure solution, ce que vous prouveront ces 13 versions qui reprennent tout ce que nous avons pu écouter depuis lundi.









Et pour télécharger tout ceci au format zip, vous savez comment faire. 

jeudi 18 juillet 2019

Et maintenant chantons !



Disponible pour la première fois en 2012, la version de "You'd better love me" par Johnny Mathis figurait à l'origine sur l'album que le chanteur avait consacré en 1964 aux airs de Broadway et qu'il avait consciencieusement enregistré, ainsi que 5 (!) autres albums, lors des 10 (!!!) premiers mois suivant son arrivée chez Mercury après presque 10 ans chez Columbia Records. 

Seulement voilà, le précédent opus intitulé "Olé" et à sonorités... espagnoles (c'était facile pourtant), n'ayant pas attiré les foules (la pochette, peut-être...), Mercury décida momentanément de geler l'album Broadway, considéré trop remuant et trop éloigné de ce que le public de Johnny attendait de lui : des ballades déconseillées aux diabétiques. 
























La présence de "You'd better love me" sur l'album est assez logique et Johnny l'expliquera plus tard en racontant qu'il vivait alors à New York, allait beaucoup au théâtre et voulait graver sur disque toutes les mélodies qui restaient longtemps après le spectacle, gravées dans son cerveau sensible aux accords parfaits. 

Il expliquera aussi que l'aspect bondissant (pour lui en tout cas) de l'album, qui restera dans les tiroirs de sa maison de disques pendant 48 ans, correspondait à son admiration sans borne, à l'époque, pour Lena Horne, ce qui nous ramène à l'immortel surnom que lui donnait en privé Frank Sinatra : "The African Queen". Rappelons que Johnny fera son coming out accidentel en 1982. 

Si nous aimons presque tout de Johnny Mathis, parce que c'était lui et parce que c'était nous, reconnaissons tout de même que le swing n'était pas son rythme de prédilection, à l'inverse de Mel Tormé, chez qui nous n'aimons presque rien si ce n'est justement son swing. Mais on ne peut pas aimer tout le monde, n'est-ce pas ? 

mercredi 1 août 2018

Et maintenant chantons !



Si cela vous intéresse certainement d'apprendre que nous avons beaucoup, mais alors beaucoup écouté l'album "Back in town" de Mel Tormé et les Mel-Tones, cela ne vous apprend rien sur le groupe du jour, formé en 1943 par Mel Tormé qui enrageait alors de n'être pas Frank Sinatra et voulait un groupe vocal comme Frankie avait les Pied Pipers. 

Chanteur et musicien prodige, sur scène dès l'âge de 4 ans, Mel n'avait que 17 ans lorsqu'il créa les Mel-Tones qui étaient tous encore au lycée et rapidement, l'ensemble faisait des vocalises à la radio, derrière Bing Crosby ou au cinéma. Les Mel-Tones furent surtout un temps les chanteurs de l'orchestre d'Artie Shaw avec lequel ils eurent un tube, "What is this this called love ?" de Cole Porter, lançant sans le savoir la mode des groupes aux harmonies jazzy. 



























Se séparant en 1946 pour cause de service militaire de ces messieurs, les Mel-Tones se reformèrent cependant régulièrement, la dernière fois en 59 pour ce "Back in Town" absolument irrésistible, comme la voix de Mel. 

Pour le visuel, nous avons toujours trouvé que c'était autre chose. 

lundi 25 septembre 2017

Une chanson : trois possibilités.


































Chaque lundi, adonnons-nous à la joie de reprises et la félicité des réinterprétations. Une chanson, trois possibilités. Mais surtout du bon goût et de la suavitude. 



En 1965, le crooner à la voix de brouillard velouté ("The velvet fog") Mel Tormé décidait de plonger dans l'actualité et de donner à son répertoire jazzy une touche résolument pop. Se tournant vers Burt Bacharach, Bert Kaempfert ou Paul Simon. il enregistra donc l'album "Right now" dont le single fut "I'm coming home" et la face B ce fameux "Right now" qui nous intéresse aujourd'hui. 

Bon disons les choses clairement, l'album fut un échec, la tentative hip de Tormé risible et il revint vite aux standards.



En 1983, à la tête de sa nouvelle formation "The Creatures", l'énigmatique Siouxsie désormais sans ses Banshees se découvrait une passion pour le lounge et la musique exotica. Elle ressuscita à la surprise générale "Right now" qui devint à la surprise encore plus générale le plus gros tube des "Creatures".  



Danseuses vaguement burlesques et chanteuses à leurs heures perdues, les très californiennes Pussycat Dolls firent leur apparition en 2005 avec un album éponyme qui cherchait un son un peu Végas et tripot. Reprises diverses, compositions originales et l'inusable "Right now", qui semble donc resurgir environ tous les 20 ans.

Vivement 2025 !