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vendredi 23 août 2024

Et maintenant chantons !


Depuis sa sortie en 1968, "You're all I need to get by" a été enregistrée des dizaines de fois, est apparue à de nombreuses occasions sur les écrans (elle est d'ailleurs au générique du nouvel opus Marvel "Deadpool & Wolverine" par Aretha) et est régulièrement massacrée dans tous les karaoké de la planète. 

Et pourtant, elle est parvenue, ce n'est évidemment que notre humble avis, à ne pas sombrer dans la terrible catégorie des "chansons tellement reprises que vraiment ce n'est plus possible", aux côtés, ce n'est une fois de plus que notre humble avis, de "Halleluja" de  Leonard Cohen, "Feeling good" ou "Creep" de Radiohead. 

Que lui faut-il de plus pour être définitivement une chanson digne de nos sagas ? Vous ne le savez que trop : une version disco, et nous vous en proposons 2, une version instrumentale et une reprise étrangère inattendue. 


La version tchèque proclame-t-elle : "Tu es mon tobogan" ? Nous comptons sur vous, suaves visiteurs, pour nous le confirmer mais si tel est le cas, voilà qui va nous faire le weekend. 

Et comme nous n'oublions pas que Soyons-Suave est lu dans des milieux parfois plus urbains, voire même périphériques, ajoutons pour terminer que "You're all I need to het by" se décline également en version rap. Oui, oui. Nous sommes dans le vent, vous savez... 


Il ne vous reste plus, au terme de cette nouvelle saga, qu'à télécharger, si le coeur vous en dit, tout ce que nous avons pu écouter depuis lundi. 








Normalement, vous savez comment faire :)

samedi 2 juillet 2022

C'est le weekend : soyons musical !

 


Il est difficile d'exprimer la joie intense que ressentent aujourd'hui les MP3 du weekend à l'idée de partager avec vous ce bijou intégral qu'est l'album de 1976 de Jaye P. Morgan, intitulé sobrement "Jaye P. Morgan", ce qui va immanquablement nécessiter d'expliquer qui fut et est encore (elle a aujourd'hui 91 ans) Jaye P.  Morgan. 

Alors que nous nous apprêtons à écrire pour la 4e fois en 3 lignes "Jaye P. Morgan", quelques explications : originaire du Colorado, la petite Mary Margaret commença à chanter avec ses frères (elle en avait 5) jusqu'à ce qu'elle soit repérée par le label RCA qui lui offrit un contrat et auquel, par reconnaissance, elle offrit quelques tubes. 

Chanteuse blonde des années 50 parmi des centaines de chanteuses blondes de la même époque, Jaye P. fit tranquillement son chemin des juke-box à la télévision en devenant la glotte officielle de plusieurs programmes, jusqu'à avoir en 1956 son propre show. Elle était sympathique, très inoffensive et un rien country. Parfaite pour l'époque, entre 1954 et 1962, elle enregistra 15 albums aux pochettes irrésistibles et fortement chargées en saccarose. 















Rien à voir pour le moment avec la vision fortement lissée qui ouvre ce billet et ce pourquoi les MP3  trépignent : le virage des années 70. Pendant 20 ans, Jaye P. va suivre la mode et faire ce qu'on attend d'elle, jouant des coudes avec Patti Page, bien plus populaire et Jane Morgan avec laquelle on ne manquait pas de la confondre. Jusqu'à ce qu'un beau matin (nous imaginons évidemment cette scène), elle dise "halte-là" et décide de montrer au monde qu'elle était drôle, bien plus moderne qu'on ne l'imaginait et finalement un peu punk. 

Et à partir notamment de 1976, Jaye P. va faire sa révolution : musicalement, elle décide de s'autoproduire pour chanter ce qu'elle aime vraiment, et entame à la télévision une carrière de guest ébouriffante dont on redoute un peu les sorties salaces. Accessoirement elle se coupe les cheveux : Carita nous voilà. 

Deux faits marquants vont sceller l'arrivée de cette nouvelle Jaye P. : jurée préférée des téléspectateurs d'une sorte de "L'Amérique a un incroyable talent", sans crier gare, elle expose sa poitrine en plein enregistrement. Imaginons, pour comprendre le choc, Charlotte Julian remontant sa jupe en pleine "Académie des neuf". Et il y a comme vous l'imaginez l'album qu'elle sort en 1976, qui sera pendant de longues années le disque autoproduit le plus cher du monde. 






















Pour comprendre le choc que fut l'album "Jaye P. Morgan" de 1976, peut-être est-il bon de se remémorer que dans les années 50, Jaye P., c'était ça :


En 1976, à l'âge de 45 ans, Jaye P., c'est à présent cela : 



Il nous est très difficile de n'écouter qu'une seule fois "I fall in love everyday" et à vrai dire, il nous est quasiment impossible de passer un mois sans retourner vers cet album que Jaye P. finança entièrement et dont elle confia la production au jeune David Foster, bien avant qu'il devienne Monsieur Tube (mais nous en reparlerons cet été) en produisant et en composant pour Céline Dion, Chaka Khan, Chicago, Donna Summer, Barbra Streisand ou Whitney Houston. "Bodyguard" par exemple, c'est lui. 

Et si nous devions définir l'ambiance de ce LP, nous dirions que c'est un peu Quincy Jones qui rencontre avant l'heure Jamiroquaï tout en serrant dans ses bras l'intégralité de la scène West Coast des années 70. On pouvait s'attendre à cela de la part de beaucoup de monde mais certainement pas de Jaye P., que beaucoup de stations de radio noires, qui ignoraient tout d'elle, se mirent à programmer en célébrant l'arrivée d'une nouvelle "soul sister", avant de réaliser qui elle était. 

Tiré à très peu d'exemplaires, une sorte de "vanity project" donc, destiné à l'origine à la presse et regroupant les meilleurs musiciens et compositeurs de l'époque, l'album ne fera pas grand chose auprès du public, ce n'était finalement pas le but, mais deviendra aussitôt fort recherché, d'autant qu'il attendra 2019 pour une sortie officielle en CD, vite épuisée et donc encore plus demandée.



















Il est grand temps de découvrir à votre tour cette merveille absolue, qui pourrait, soyez prévenus, devenir rapidement un de vos disques préférés, si vous aimez le groove, la crème des musiciens de studio, les voix chaudes et les résurrections. 

9 pistes, ce qui est bien trop peu évidemment, dont les titres se trouvent juste au-dessus de ces lignes. 









Et pour télécharger ce monument, normalement, vous savez comment faire... 

mercredi 14 août 2019

Et maintenant chantons !



Résumons en ce mercredi ce que nous savons déjà : en 1973, Skip Scarborough, futur monsieur tube de la soul des années 70 et 80 compose pour le nouveau groupe Creative Source "Can't hide love" qui devient leur premier single classé dans le top 100. Deux ans plus tard, Earth Wind and Fire reprend la chanson sur leur 7e album. C'est un succès, confirmé lorsque le groupe ressort "Can't hide love" sur leur premier best of en 1978, la faisant découvrir à tous ceux qui l'avait loupée trois ans plus tôt. 

Associée à deux formidables formations de musiciens expérimentés et respectés, il semble logique que "Can't hide love" ait résonné dans l'oreille de la plus musicienne justement des chanteuses de jazz, Carmen McRae, qui choisissait toujours les plages de ses albums avec un soin quasi obsessionnel. 

Une toute petite année après EWF, voici donc "Can't hide love" sur l'album... "Can't hide love", une merveille qui mêle reprises de Cole Porter ou Cy Coleman et compositions de Bill Withers ou Chick Corea. Peut-on faire plus chic et smooth ? Eh bien oui. 
























Lancée en pleine vague Doris Day, Patti Page et Dinah Shore, Jaye P. Morgan enregistra un nombre considérable d'albums dans les années 50 et 60, laissant transparaître l'image d'une énième vocaliste blonde et très lisse comme les Etats Unis en produisirent des wagons jusqu'en 1970. 

Mais là où les choses deviennent intéressantes est la métamorphose que personne n'avait vu venir de Jaye P. en bombe de la soul et en bombe tout court dans les années 70. Désireuse de montrer enfin au monde qui elle était, elle se lança dans la production d'un album qui est depuis devenu un classique, co-produit par le tout jeune David Foster ("Bodyguard" de Whitney, c'est lui, la mise en orbite américaine de Céline Dion également) avec le nec plus ultra des musiciens de studio de l'époque. 

Gros choc pour les jeunes gens de 1976 lorsqu'ils réalisèrent que la chanteuse était bien la même que celle qu'écoutaient leurs parents.  Ne serait-ce pas là notre version préférée de "Can't hide love" ? Peut-être, peut-être... Et bien entendu, cela n'a rien à voir avec notre goût pour les résurrections inattendues et les chanteuses matures se lançant brusquement dans la pop... et quand en plus elles se lancent dans la soul...