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mercredi 24 juillet 2024

Et maintenant chantons !


Reprenons la saga musicale de la semaine exactement là où nous l'avons laissée hier, c'est à dire en 1958, lorsque Bing Crosby, en compagnie de Rosemary Clooney, va sortir "You came a long way from St Louis" de l'obscurité où elle sommeillait depuis 10 ans. En cette fin des années 60, Bing vend toujours beaucoup de disques et Rosemary, surtout elle, connait un succès miraculeux. 

En 5 ans, elle a enchainé "Come on-a my house",  "Half as much", "Hey there", la bo de "White Christman" avec Bing justement, "Mambo italiano" et "Mangos", une série invraisemblable de hits qui va d'ailleurs s'arrêter là mais qui la place en tête des hit-parade et dans tous les juke-box. Inutile de dire qu'avec ce brutal coup de projecteur, "You came a long way from St Louis" devient in et soudain une sérieuse concurrente du "St Louis Blues" qui jusqu'à présent représentait la célèbre ville du Missouri et qu'on peut justement entendre dans les premières mesures de la version de Perry Como. 

On raconte à l'époque que le succès d'un titre se mesure à deux critères : il a été chanté à la télévision par Perry Como et enregistré chez Capitol par Peggy Lee. Les deux cases sont cochées dès 1959 ce qui ne veut dire qu'une chose : "You came a long way from St Louis" sera LA chanson des années 60 !


Evidemment, Perry Como, Peggy Lee, Bing Crosby, c'est formidable mais ce n'est pas ce qu'on fait de plus frais dans la variété mondiale, qui va de plus connaître un séisme dont beaucoup ne se relèveront pas : la grande invasion britannique de 1964. Quatre jeunes garçons de Liverpool parviennent à placer en tête des hit-parade une chanson intitulée "I want to hold your hand" et c'est l'hystérie. En avril de la même année, ce sont les 5 premières places du top 100 qui sont occupées par les Beatles. Dorénavant, le cool vient d'Angleterre. 

Et si la jeune et capable parfois d'en faire parfois un peu trop Joanie Sommers inclut pour sa première série de concert "You come a long way from St Louis" à son répertoire, c'est bien l'Angleterre qui va montrer que notre chanson de la semaine n'est pas poussiéreuse mais bien suffisamment groovy pour plaire aux jeunes. 

Chanteuse et épouse de Tony Hatch le magnifique, Jackie Trent fut surtout responsable, en tant que compositrice, de dizaines de tubes pour Petula Clark dont le cartonesque "Don't sleep in the subway" et notre préféré absolu "One in a million". Tom Jones, lui, fut et continue d'être... Tom Jones, un trésor national pour les îles britanniques et évidemment le Pays de Galles. En 1965 et 1966, ils confirment l'exportation réussie de "You came a long way from St Louis". C'est la folie. 

vendredi 16 juillet 2021

Et maintenant chantons !


Version Broadway, version jazzy, version big band, nous ne savons pas très bien quand s'ajouta à cette intéressante liste la version latine de "I believe in you" mais nous supposons que le tournant Brazil se prit autour de 1963, nouvelle vague oblige. Et nous rappelons si cela est nécessaire que "nouvelle vague" est la traduction littérale de "bossa nova". 

En 1963, Jack Jones, incarnation parmi d'autres des nombreux apprentis Frank Sinatra qui fleuriront dans les années 50 et 60 se lançait comme tout le monde dans la nouvelle mode et proposait un album délicieux, très Rio, et très Broadway, "She loves me", et la chose mérite une écoute même distraite. 

De façon plus surprenante, de l'autre côté de de l'Atlantique ou de la Manche si vous êtes dans l'Hexagone, Madame Musique, alias Jackie Trent, offrait également, avec quelques mois de retard, une version bossa que nous aimons vraiment beaucoup, à peu près autant que l'interprète elle-même dont nous reparlerons prochainement, c'est inévitable. Chanteuse, compositrice, épouse de Tony Hatch, Jackie fut avec Petula Clark (dont elle composa plus d'un succès) la digne représentante du swinging London. Et cette voix, franchement, cette voix ! 


Nous sommes pratiquement dans l'obligation de terminer cette saga musicale par une curiosité presque comblée (vous allez comprendre) : la version française de "How to succeed in business without really trying", qui s'installa en 1964 au théâtre de Paris, bien décidé à conquérir la capitale. 

On confia à Pierre Mondy la mise en scène, à Jacques Duby le rôle de Robert Morse, au formidable André Luguet celui de Rudy Vallee et à la jeune Nadine Alary celui de Michèle Lee et on croisa les doigts. Et on les desserra quelques mois plus tard en comprenant que l'entreprise était un échec. 





 

Il nous a été impossible de mettre la main sur le rarissime 33t qu'on enregistra de l'entreprise chez Philips mais nous avons la version québécoise de "Je crois en toi", de 1965 et c'est déjà très bien. 


Puisque nous sommes vendredi, vous allez pouvoir, si le coeur vous en dit, télécharger toutes les merveilles entendues depuis lundi au format zip. Une fois encore, c'est trop chouette. 









Et nous supposons comme d'habitude que vous savez comment faire :)