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lundi 19 décembre 2022

La question suave du jour : est-il logique de confondre Teena Marie et Tania Maria ?



 












Profitant de cette reprise d'activités bienvenue, le service courrier de Soyons-Suave nous transmet depuis la semaine dernière de gros sacs de jute de questions qui étaient depuis de longues semaines sans réponse et sur lesquelles nous allons pouvoir enfin nous pencher. 

Et, surprise, il semblerait que de nombreux visiteurs partagent cette interrogation : Teena Marie et Tania Maria sont-elles la même personne et si non, est-il logique de les prendre l'une pour l'autre ? 

Voilà un dossier à notre portée et qui est, si nous anticipons, assez simple à gérer. 


 








Surnommée la "reine ivoire de la soul" car tout le monde pensait qu'elle était noire alors que pas du tout, Teena Marie fut la sensation funk des années 80, signée par Motown, participant, une première pour une artiste blanche, à l'émission Soul Train et enchaînant les tubes qu'elle composait généralement et produisait même parfois elle-même. Elle fut donc une pionnière, respectée encore aujourd'hui. 

Active jusqu'au début des années 2000, l'arrivée brutale sur son crâne d'un tableau se décrochant du mur alors qu'elle dormait juste en dessous dans une chambre d'hôtel lui causa des troubles à répétition jusqu'à une mort mystérieuse en 2010, en résultant probablement. 

Et si vous n'avez jamais entendu sa voix unique de soprano, voici l'un de ses morceaux de bravoure, le très long et très langoureux "Deja vu", une merveille. 























Née au Brésil, Tania Maria fut repérée par Claude Nougaro qui la ramena dans ses bagages, la présenta à Eddie Barclay qui la signa aussitôt et en fit, dans les années 70, la reine brésilienne des nuits parisiennes. Mais le talent de Maria ne pouvant se contenter de Paris, elle partit pour New York où elle se fit une place dans le monde du jazz puis de la fusion, s'écartant parfois vers la pop. 

Il est probable qu'il n'existe pas un seul festival au monde qui ne la mit pas un jour sur son affiche. Après une trentaine d'albums, elle est toujours bon pied bon oeil et doit savourer d'avoir un jour fait danser la terre entière. C'était en 1983 et cela donnait ceci : 


Récapitulons : nous avons d'un côté une chanteuse, compositrice, productrice américaine décédée qui oeuvrait dans le funk et de l'autre, une chanteuse, compositrice, musicienne brésilienne toujours vivante et toujours très bossa. Donc franchement, même si éventuellement les patronymes peuvent sembler similaires, non, on ne peut pas confondre Teena Marie et Tania Maria. 

Et puis il existe une astuce très simple pour les différencier : la première a vociféré aux côtés de Rick James dans le slow qui tue devançant tous les slows qui tuent de l'histoire de la musique. 


La seconde a appris le brésilien à Sacha Distel. Rien à voir donc. 

vendredi 26 août 2022

Sacha Distel était l'invité de la semaine...


Oui mais voilà, c'est fini. C'était en tout cas fort sympathique de sa part d'avoir accepté de passer cette semaine en notre compagnie, d'autant qu'il a fort à faire : de la guitare, des virées en voiture, quelques travaux dans son chalet. 

Et il est ravi d'apprendre qu'il sera remplacé dès lundi, pour notre dernière semaine de "Soyons-Suave en vacances", par Joan Crawford. Rien à voir donc. Inutile de vous dire qu'il va y avoir des tenues coordonnées et du sourcil. Suave weekend et à lundi. 


 


Le trio du jour.


 





































Parce qu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux, Soyons-Suave est heureux, cela faisait longtemps, de vous offrir trois Instant Maillots. 

Sacha Distel est l'invité de la semaine...


 


















Et il vous dit bonjour ! 

jeudi 25 août 2022

mardi 23 août 2022

Sacha Distel est l'invité de la semaine...


 


















Et il vous dit bonsoir. Et à demain. 

Le trio du jour.


Alors bien sûr, il y a Sacha et BB, Sacha et Joanna Schimkus, Sacha et Petula (et Sheila, Dalida, Sylvie, Joelle, Mireille...), mais puisqu'à trois, c'est aussi bien qu'à deux, sinon mieux, Soyons-Suave est heureux de vous offrir trois duos moins attendus et tout aussi suaves. 

Sacha Distel est l'invité de la semaine...


 


















Et il vous dit bonjour ! 

lundi 22 août 2022

Sacha Distel est l'invité de la semaine...


Et il vous dit bonsoir. Et à demain. 

Et maintenant chantons !


Evidemment, notre invité de la semaine n'est pas totalement étranger au choix de notre nouvelle saga musicale, cependant, voilà bien longtemps que nous souhaitions nous pencher sur l'histoire surprenante de "Scandale dans la famille", qui fut le tube de 1965 en France et un peu partout en Europe mais avec un enthousiasme bien moins tonitruant. Et un titre à la discrétion remarquable aux Etats Unis (pour une fois...).

Autant que nous nous en souvenons, nous avons rencontré pour la première fois cette presque comptine antillaise chantée par Les Surfs, dont nous n'avions jamais entendu parler et qui nous semblaient si mignons sur la pochette de leur album, un best-of sans aucun doute, puisqu'on pouvait y retrouver tous leurs tubes. Notons qu'en dépit du 1m48 moyen des membres du groupe, l'album en question était bien un 33t. 

Comme beaucoup pour ne pas dire la plupart des titres des Surfs, "Scandale dans la famille" était l'adaptation en français d'une chanson anglo-saxonne, dont nous parlerons demain, et dont les paroles furent écrites par Maurice Tézé, parolier et impresario qui, à partir de la fin des années 50, s'occupa de la carrière d'un jeune homme nommé Sacha Distel, et pour lequel il traduisit la chose. C'est donc bien notre invité de la semaine qui offrit à l'Hexagone ce scandale. 


Autre temps, autres moeurs, en 1965, on chanta donc à pleins poumons et on joua des coudes pour enregistrer cette horrible histoire d'adultère généralisé et familial, louchant vers l'inceste et à propos duquel on déclarait que c'était terriblement amusant et si typique des Antilles, de son insouciance et de sa légèreté. 

Mais l'histoire était un cha cha, le hip du hip en ce milieu des années 60, tellement populaire qu'on ne voyait pas pourquoi cela serait réservé aux interprètes un rien typique. Alors Dalida, bien sûr, mais Yvette Horner ? Evidemment. 


Et soudain l'envie de chanter aussi : "comme un garçon j'ai les cheveux longs, comme un garçon un gros ceinturon..."

Sacha Distel est l'invité de la semaine...



Et il vous dit bonjour ! 

vendredi 19 août 2022

Marie Dressler était l'invitée de la semaine...


Oui mais voilà, c'est fini. En tout cas c'était très sympathique de sa part d'accepter de passer cette semaine en notre compagnie et d'expérimenter ainsi, peut-être, un énième comeback, elle qui fut sans doute la star la plus improbable du cinéma hollywoodien. 

Quoi qu'il en soit, elle est ravie d'être remplacée dès lundi par... Sacha Distel, puisqu'elle aussi adore les scoubidous. Inutile de vous dire qu'il va y avoir des sourires éclatants et une vie assez belle. Suave weekend et à lundi :)

dimanche 29 avril 2012

Et maintenant dansons !



Cela fait peut-être beaucoup de Sacha Distel et Dionne Warwick pour la même journée mais la touche Brazil sans laquelle un dimanche n'est pas totalement suave est au-delà de ça, non ?

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : le jour où Dionne Warwick emprunta une chanson à Sacha Distel.


Au printemps 1966, Dionne Warwick est à Paris où elle doit se produire à l'Olympia en première partie de Sacha Distel. Les deux artistes se connaissent depuis le milieu des années 60 et la sympathie indéniable qui les unie est, d'après les rumeurs, en train de se transformer en quelque chose de plus romantique. Sacha est pourtant officiellement le compagnon de Brigitte Bardot, voilà sans doute pourquoi les deux chanteurs ne sont pas très bavards sur ce point.

Une chose en tout cas les réunit, Florence Greenberg. A l'origine simple femme au foyer s'ennuyant un peu au fin fond du New-Jersey, Florence Greenberg va, avec l'aide d'un époux très compréhensif, réaliser un de ses fantasmes : créer une maison de disques. Elle a presque 50 ans, elle ne connait absolument rien à l'industrie du disque mais cela ne l'empêche pas de fonder en 1958 Tiara Records, qui se fera connaître en lançant les Shirelles. Revendant Tiara, elle crée l'année suivante Scepter records et le conte de fée commence.


Suivant un flair exceptionnel, Florence Greenberg va prendre sous contrat un triumvirat qui va faire sa fortune : Dionne Warwick, Burt Bacharach et Hal David, qui resteront les stars de son entreprise jusqu'à ce que Florence prenne sa retraite en 1976.

Pour revenir en 1966, Florence Greenberg envisage sérieusement de signer également Sacha Distel ce qui explique pourquoi Dionne, l'étoile de Scepter Records, se retrouve en sa compagnie sur la scène de l'Olympia. L'occasion également de sortir un album avec quelques titres en français ce qui est toujours suave.


Dionne Warwick est à l'époque peut-être la seule artiste internationale à pouvoir rivaliser en popularité avec les Beatles. Si les jeunes vénèrent les chevelus de Liverpool, les réfractaires au rock trouvent en Dionne une autre façon d'apprécier la musique moderne.

Dionne est donc, elle aussi, la chanteuse dans le vent, avec, déjà, d'immenses tubes à son actif : "Walk on by", "Don't make me over", "Anyone who had a heart", "A house is not a home", "Wives and lovers", "You'll never get to Heaven", "This empty place", tous signés Bacharach/David, donnant lieu parfois à d'étranges sorties en 45 tours sur lesquels Dionne Warwick ne ressemble pas vraiment à Dionne Warwick.


Sacha Distel est, lui, l'homme des "Scoubidou", de "L'incendie à Rio" et de "la belle vie" dont il n'a pas encore enregistré la version française mais qui, sous le titre "The Good life", est devenue en 1962 un succès mondial, chanté par Tony Bennett et en gros tous les gens sachant tenir un micro. Et pour son Olympia 66, il cherche une nouvelle chanson qui correspond à la tournure internationale qu'est en train de prendre sa carrière.

En bonne amie, c'est Dionne qui lui suggère une chanson écrite par, qui d'autres, Burt Bacharach et Hal David, intitulée "Message to Martha", dans laquelle un homme désespéré demande à un merle bleu du Kentucky de convaincre sa fiancée, partie chercher la gloire à la Nouvelle Orléans, de revenir auprès de lui. Composée en 1962, cette chanson a déjà été interprétée à de nombreuses reprises sans jamais devenir un véritable hit, si ce n'est en Australie par le britannique Adam Faith.


Nous ne saurons jamais pourquoi, interprétée en allemand par Marlène en 1964, le merle bleu du Kentucky s'est transformé en rossignol, Sacha en tout cas fait enregistrer un playback de "Message to Martha", pour finalement décider que cette chanson n'est pas pour lui. Il ne la chantera pas à l'Olympia.

Reste donc une bande orchestre réalisée avec soin par Jacques Denjean, compositeur, arrangeur et ancien membre des Double Six et surtout une chanson de Bacharach que Dionne ne peut pas chanter puisqu'elle adopte un point de vue masculin et s'adresse à une Martha. Dionne en fait tout de même part à Burt et Hal David, le premier s'opposant fermement à ce qu'elle chante cette composition déjà ancienne, le second expliquant que, dans l'hypothèse où elle se l'approprierait, la seule solution pour Dionne serait de changer Martha en Michael (métrique oblige) qu'il trouve un prénom atroce. Comme nous le savons tous, Dionne ne va pas vraiment tenir compte de ces remarques.


Enregistrée donc à partir d'une bande orchestre destinée à Sacha Distel, avec des choristes françaises qui auront un peu de mal à s'approprier la bonne prononciation de "Michael", la version féminine de "Message to Martha" ne sortira qu'en face B du nouveau 45 tours de Dionne Warwick et ne convaincra Bacharach et Florence Greenberg qu'elle peut devenir un hit qu'après un succès immédiat sur les radios de la Nouvelle Orléans.

"Message to Michael" marquera le retour de Dionne Warwick dans les charts, la chanson se classera à la 8ème place du classement général et à la 5ème de celui, plus spécialisé, du R&B, position que Dionne ne retrouvera que l'année d'après et pour la dernière fois avec sa version de "Alfie", titre également au départ sorti en face B.

Il est donc parfois suave d'être obstiné et toujours utile de savoir accommoder les restes. Et n'en voulons pas à Burt Bacharach d'avoir été un peu obtus : il a tant fait pour la suavitude que presque tout peut lui être pardonné.