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jeudi 23 juillet 2020

Et maintenant chantons !



































Vers la fin des années 50, l'instrumental "Black Velvet" composé en 48 par le saxophoniste Illinois Jacquet et dont Harry James a livré dès 1949 une version swing avec choeurs et paroles sous le titre "Don Cha Go Way Mad" est un titre relativement bien installé dans le répertoire swing et pourrait même déjà un peu sentir la poussière si on considère que c'est un big band qui l'a rendu célèbre et que les big bands, à l'orée des années 60, c'est quand même soooo 40's et donc assez loin de la hype. 

Et pourtant, il est amusant de découvrir que c'est précisément vers "Don Cha Go Way Mad" que vont se tourner trois jeunes femmes pleines de rêves et d'espoir entre 1957 et 1969,  des rêves qui dans les trois cas ne vont pas aller très loin.

Très blanche, très jeune et très douée, Lucy Ann Polk va être la révélation swing du début des années 50, aussitôt embauchée par l'orchestre de Les Brown, désespéré d'avoir perdu Doris Day. Mais peut-on dire que chanteuse de big band est un métier d'avenir dans les années 50 ? Non. Tentant une carrière solo, Lucy Ann va enregistrer deux albums et mettre fin à sa pourtant prometteuse carrière en 1960. 






Tout en étant très différentes, en 1965, Pat Bowie et Kathy Barr vont connaître une aventure assez similaire. Suscitant une certaine excitation (Pat est une solide chanteuse avec des influences R'n'B, Kathy est une solide jeune personne tout court), elles vont toutes deux enregistrer deux albums qui ne vont, en gros, aller nulle part.

Le monde est cruel mais surtout plein de jeunes chanteuses excitantes faisant la queue devant les maisons de disques en attendant qu'une place se libère. Pat et Kathy seront donc vite remplacées par d'autres jusqu'à ce que l'une d'elles, parce qu'elle est un peu plus exceptionnelle que ses camarades, ne décroche le gros lot.

En attendant, cela fait de jolis enregistrements un peu rares, de très belles pochettes et des histoires un peu tristes.









Seul un garçon parviendra à briser ce qui pouvait commencer à ressembler à une malédiction du type : "Enregistrez Don Cha Go Way Mad et vous ne ferez plus jamais de disques". Il faut dire que le jeune homme en question déborde d'énergie et fréquente le milieu du show business depuis qu'il a 3 ans.

En 1957, Sammy Davis Jr est encore loin du Rat Pack. Il vient quand même de triompher dans la comédie musicale "Mr Wonderful" écrite en gros pour lui et enchante les foules dans toutes les salles où il se produit. Sammy chante, Sammy danse, Sammy est swing. Pour son 4e album, "Don Cha Go Way Mad" est faite pour lui. Il ne la rechantera plus jamais après cela.

Mais il enregistrera BEAUCOUP d'autres disques...





Il semblerait que "Don Cha Go Way Mad" soit devenue la possession unique d'Ella, comme nous vous l'expliquions hier. Vraiment ? Nous vérifierons cela demain, juste pour en être certain.

samedi 6 février 2016

Et maintenant dansons !



La touche Brazil sans laquelle un weekend n'est pas totalement suave nous rappelle que si Frank et Antonio c'est bien, Sammy et Laurindo, c'est aussi formidable. 

dimanche 22 décembre 2013

Les très suaves heures de l'Histoire Contemporaine : le jour où ce fut mieux à deux.

















En 1956, un album va considérablement changer la carrière de trois individus et lancer une vague fort suave dans l'industrie du disque en général et du jazz en particulier, le très célèbre "Ella and Louis" produit par Norman Granz pour le label Verve. 

Vous aurez certainement compris que les trois individus en question ne sont autre que Ella Fitzgerald, Louis Armstrong et Norman Granz, et si les deux premiers n'ont plus besoin de présentation, le dernier mérite incontestablement quelques mots et une place de choix sur Soyons-Suave. Ce dimanche sera jazz, vocal et harmonique. 



















Si depuis quelques temps les choses commencent à changer, il aura fallu des années pour qu'on se décide à sortir de l'ombre l'homme qui démocratisa le jazz et fit sans doute autant pour les droits civiques des noirs américains que Martin Luther King. 

Né en 1918, Norman Granz pourrait être résumé en quelques mots et une poignée de chiffres : imprésario et producteur, directeur de maisons de disques, il produisit entre 1956 et 1959 sur son label Verve 500 disques c'est à dire la moitié de la production discographique jazz des Etats-Unis. Agent d'Ella Fitzgerald jusqu'à sa mort, il fit de la chanteuse une star mondiale et l'impératrice de la chanson. Mâtin ! Quel homme ! 
















Il est toujours amusant de réaliser que l'un des hommes les plus influents du jazz ne joua jamais une note et ne toucha jamais un instrument : Norman Granz n'était que l'amoureux d'une musique qu'il décida un jour de partager avec la terre entière. Il commença par produire pour 300 dollars un concert dans un lieu habitué au classique, le Philarmonic Auditorium de Los Angeles qui rencontra un tel succès que cela devint une entreprise. 

De 1944 (date du premier "Jazz at the Philarmonic") à 1983, Norman Granz promena à la surface de la planète la crème du jazz pour des concerts magnifiquement produits et qui avaient ceci de révolutionnaire dans les années 40 que les artistes noirs recevaient la même paye que les musiciens blancs et que Granz refusait tout concert dans les salles séparant public blanc et public de couleur. Granz devint l'idole des jazzmen et, ce qui nous intéresse, l'agent d'Ella. 


















En 1955, Ella fitzgerald a 38 ans et, bien que reconnue dans le milieu des musiciens comme une interprète exceptionnelle, elle est essentiellement vue comme une chanteuse de be-bop, qui se produit dans des clubs où l'on aime le be-bop devant un public fan de be-bop. Approchée par Norman Granz lors d'un concert du "Jazz at the Philarmonique" auquel elle a participé plusieurs fois, elle accepte qu'il devienne son agent et décide de le suivre lorsqu'il lui annonce un projet qui tient de la vision : faire d'elle une missionnaire de la chanson. 

Dans un mouvement très "Berry Gordy décidant de faire de Diana Ross la première star noire de la pop", Norman fonde le label Verve et entreprend de faire enregistrer à Ella des succès populaires de compositeurs populaires mais avec son savoir-faire de producteur de jazz. Le premier disque sort au début 1956, il s'intitule "Ella Fitzgerald sings the Cole Porter songbook".























Entre 1956 et 1964, Norman va produire 8 songbooks pour Ella qui va revisiter le répertoire d'Irving Berlin, Duke Ellington, Jerome Kern, Gershwin, Rodgers and Hart, permettant donc, pour certains opus, à une chanteuse noire, de jazz, de s'attaquer à des compositions de musiciens juifs immigrés d'Europe de l'Est appréciés jusque là par un public blanc. 

La vision de Norman Granz se réalise : Ella, en 8 ans, va brouiller les frontières et s'imposer comme une chanteuse dont on ne voit plus la couleur ou les origines. Tout le monde achète, tout le monde écoute, Ella passe à la télévision et dans des salles prestigieuses. 






















La même année 1956, suivant un rythme effréné, Norman Granz choisit, pour asseoir sa protégée, 12 ballades qu'il fait enregistrer à Ella en compagnie de celui qu'elle a déjà de nombreuses fois accompagné durant les années où elle chantait pour le label Decca, Louis Armstrong. 

En gros, en 1956, Armstrong est dans la même situation que Ella en 1955. Musicien de jazz vénéré, il séduit les aficionados mais le marché blanc lui reste fermé. Cette association va être un coup de génie. A 55 ans, enfin, il brise lui-aussi les frontières, ce qui le mènera, en 1964, à décrocher son plus gros succès et la tête des charts, chassant même les Beatles avec "Hello Dolly". 



L'album "Ella and Louis" aura deux suites, "Ella and Louis again" et "Porgy and Bess" en 1957, tous trois immensément populaires et posant, sans le savoir, les bases d'une variété de qualité qui connaîtra son heure de gloire dans les années 60. C'est d'un chic absolu, d'une classe folle, d'un suave invraisemblable.

Ce qui est très drôle et nous conduit à la belle histoire du dimanche est que, comme on pouvait s'y attendre, l'industrie du disque va suivre les traces de Granz et lui emboîter le pas. Et puisqu'on ne peut décemment laisser ce qui marche ne marcher que pour un seul homme et un seul label, tout le monde va adapter le recette Norman. En deux ans, toutes les maisons de disques vont saisir leurs chanteuses de jazz et les enfermer en studio avec un confrère. Dorénavant, plus question de chanter seule.




























Si en 1960, la mode va quelque peu passer, tout le monde a désormais un disque de duo à son répertoire, bon souvenir pour certains, cauchemar pour d'autres comme l'improbable association de Dinah Washington et Brook Benton dont l'inimitié a l'avantage d'être gravée sur disque dans le délicieux "You've got what it takes" où, à très exactement 2m05, Brook se fait vertement envoyer balader par Dinah qui déclarera en sortant du studio qu'elle ne veut plus jamais le croiser et sera un peu surprise en découvrant que cette prise gâchée sera celle qui sera finalement retenue.



A l'inverse, jusqu'à très tard dans sa carrière, Sarah Vaughan retrouvera avec plaisir Billy Eckstine sur scène, le seul homme sans doute capable de rivaliser avec les graves de la Divine, juste parfois un peu proche du rôt comme le soulignait les orthophonistes impressionnés par son timbre. 


Depuis 2012, Norman Granz, comme nous le disions, est revenu dans l'actualité et s'est rappelé à notre bon souvenir avec la parution d'une biographie suivie d'une exposition et d'un documentaire. Décédé en 2001, il fut sans doute l'homme le plus pleuré par les joueurs de contrebasse ou de xylophone mais pas par Ella qui mourut, elle, en 1996. 

Sa contribution à la musique et à la suavitude méritait bien une belle histoire et un tag supplémentaire sur nos pages. Et une chanson ? Evidemment : et une chanson ! 



mercredi 16 mai 2012

La question du jour : Liza a-t-elle de suaves amis ?









Evidemment certains sont en cessation d'activités, en franche retraite ou totalement décédés mais il n'empêche que Liza eut et a de vraiment très suaves amis. C'est l'un des avantages d'être une survivante.

mercredi 25 avril 2012

La pause nicotine de Lauren Bacall

Chaque semaine, Lauren Bacall vient suavement nous rappeler tout l'attrait d'une pause nicotine au milieu d'une journée bien chargée.



Ne craignez pas l'addiction, ce n'est qu'une cigarette par semaine.

mercredi 14 décembre 2011

La pause nicotine de Lauren Bacall.

Chaque semaine, Lauren Bacall vient suavement nous rappeler tout l'attrait d'une pause nicotine au milieu d'une journée bien chargée.


Ne craignez pas l'addiction, ce n'est qu'une cigarette par semaine.

samedi 26 novembre 2011

C'est samedi : soyons musical !


La semaine dernière, nous avons partagé avec vous, et avec un plaisir décuplé par celui qu'il vous a visiblement procuré, une pierre de notre panthéon musical. Permettez-nous, en ce samedi, de vous confier une de nos obsessions. Une de plus direz-vous et vous n'aurez pas tort.

Et accueillons pour cela Sammy Davis Jr qui en 1970 enregistra, dans l'indifférence générale, son seul et unique album pour la firme Motown (seul un maxi renouvellera l'expérience en 84, "Hello Detroit"), qui apprécia tant le résultat qu'elle le tua dans l'oeuf. Résultat : un album maudit, qui à ce jour attend toujours une réédition en cd. Un album rare donc, un album suave.


"Something for everyone" est un pur divertissement qui permet à Sammy Davis de reprendre quelques tubes imparables de l'époque dans son style inimitable c'est à dire très Harlem rencontre Las Vegas. C'est pop et soul, suffisamment accessible pour pouvoir même être joué dans un ascenseur et surtout, nous arrivons à l'obsessions sus-mentionnée, l'album propose une version groovy de "Wichita Lineman", énorme succès de Glen Campbell que, pour des raisons qui nous échappent, nous écoutons au moins une fois par mois alors qu'elle est assez déprimante.


"Something for everyone" est un album qui tient ses promesses : un petit quelque chose pour chacun, des fans d'Elvis à ceux de Stevie Wonder, sans oublier le rouet de Blood Sweat and Tears repris par à peu près tout le monde et le clin d'oeil à l'ami Frank dans la version la plus rapide que nous ayons entendu de "My way" avant Nina Hagen.

Idéal en fond sonore pour un BBQ entre amis par un beau jour d'été, il n'y a pas de raison pour que ce disque ne fasse pas le bonheur d'une soirée "Grillons des châtaignes dans l'âtre".

1. Spinning wheels
2. You'd better sit down kid
3. For once in my life
4. My way
5. Wichita Lineman
6. And when I die
7. In the ghetto
8. You've made me so very happy
9. Hi-heels sneakers

Et pour télécharger tout cela au format zip, vous savez comment faire.


mercredi 19 octobre 2011

La question du jour : Roddie Mac Dowall était-il un suave photographe ?


Si nous connaissons parfaitement Roddy McDowall l'acteur, l'ami des stars et depuis peu le cinéaste amateur plus suave que suave (si vous n'avez pas encore vu ses films super8, malgré l'affection que nous vous portons, nous allons vous demander de sortir et de revenir lorsque ce sera fait...), nous ne nous étions jamais réellement intéressés à Roddy McDowall le photographe, activité qui l'occupa suffisamment pour le faire publier 4 albums remarquables, la série des "Double exposure" et travailler en free lance pour d'obscure revues comme Life, Harper's Bazaar, Playboy ou Vogue.

Est-ce le point de départ : en 1956, il photographia à sa demande la jeune Elizabeth Taylor nue, cliché qu'elle destinait à l'usage exclusif de Mike Todd qui sera son troisième époux et qui, acheté par un collectionneur privé en 1980, demeura invisible jusqu'à la mort de l'actrice. En tout cas pendant près de 40 ans, Roddy consacrera ses objectifs aux riches et célèbres, ses amis. Le résultat est plutôt suave.






Il est impossible d'évoquer la passion photographique de Roddy sans parler, peut-être de son cliché le plus iconique, le portrait qu'il fit (encore) de Liz Taylor en 1964 pendant le tournage du "Chevalier des sables" de Minnelli. L'actrice y est à priori sans maquillage (un peu quand même) et la pose dura 5mn. A l'occasion du 60ème anniversaire de la star en 1992, elle demanda à Roddy de reproduire la photo. Cette fois-ci la séance dura 3 heures.


Toujours de Roddy, il existe en fait une troisième "Liz avec serviette". Elle est en noir et blanc et semble dater de la sombre période "Le miroir se brisa" c'est à dire de l'époque Betty Ford/John Warner/djellaba. Étrangement on la voit peu. Oui, étrange... Et c'est aussi pour cela que Soyons-Suave est là.