Version lente, très lente ou légèrement plus primesautière, "The End of a love affair" va étonnement traverser les décennies et même s'offrir une cure de jouvence à l'orée des années 70 grâce à de jeunes pousses qui vont lui offrir un radical lifting.
Radical, certes, mais doux et agréable : notre chanson de la semaine va parfois sentir bon les embruns californiens alors qu'attablé à Santa Monica, on sirote un Singapore Sling, se tinter d'une touche Brazil toujours appréciée ou d'un accent fort frenchie.
Vous n'aviez jamais entendu parler de Jean-Paul Vignon ? Rassurez-vous, nous non plus. Et pourtant : une belle carrière à Paris puis aux USA dans les années 60 et un duo avec Farrah Fawcett dont nous reparlerons forcément tant il est suave et inattendu.
Il manque forcément une version étrangère à notre saga et ce qui tombe bien, c'est que seuls les français s'y sont risqués. Dès 1953. Et avec Mademoiselle de Paris elle-même, the French chanteuse, la parisienne de plus d'1m40 (donc après Edith Piaf) la plus connue au monde : Jacqueline François.
Après une semaine d'amour qui s'achève, vous êtes peut-être un peu mélancolique et nous vous comprenons puisque cela nous gagne également. Mais point d'inquiétude : notre amour, à nous, est toujours aussi vif et voilà pourquoi, une fois encore, nous vous proposons de réunir d'un clic tout ce que nous avons entendu depuis lundi.
Et pour tout télécharger au format zip, normalement, vous savez comment faire. Sinon, c'est à désespérer.
L'histoire de la chanson "Spooky" est formidable parce qu'elle incarne à elle toute seule l'esprit des années 60 : nous avons à l'origine un instrumental jazzy louchant vers la musique d'ascenseur, qui devient un tube lorsqu'un groupe pop rock tendance garage lui ajoute des paroles. Et puisque cela fonctionne, le morceau, dans l'année même de sa consécration, va être mis à absolument toutes les sauces, de la plus pure variété à la pop un peu pointue.
Et personne n'ignore que dans les années 60 justement, lorsqu'un titre atterrit sur un album d'Andy Williams, c'est qu'il en passe d'entrer dans le patrimoine national. Quiconque voudrait d'ailleurs avoir un aperçu de ce qu'on écoutait lors de cette décennie n'a qu'à s'offrir l'intégrale 60's du bel Andy : avec 19 albums enregistrés entre 1961 et 1969 et plus de 250 chansons, on comprend que pas un seul tube n'ait pu lui échapper. Et n'oublions pas que tout est bon dans le Williams, à moins que ce ne soit dans le cochon. Et quand en plus il y a Gladys...
Sans parler de Michele Lee qui est une habituée de nos sagas musicales et estivales, Chris Montez est un autre cas représentatif puisque rockeur dans l'âme, il arrive sous les feux des projecteurs en pleine période twist et mashed potatoes, fait danser les foules avec "Let's dance" en 1962, tremble de n'être que le chanteur d'un seul tube et se réinvente en crooner nouvelle génération sous les conseils de son producteur Herb Alpert.
"Call me" et "The more I see you" seront des succès énormes, et Chris va devenir une sorte d'Andy Williams plus jeune, plus hispanique et surtout plus aigu. Et non, Chris n'est pas une demoiselle, comme on aura tendance à le penser, comme l'indique sa moustache, même si on nous signale que ce n'est pas forcément une preuve irréfutable.
Nous aurions été très tristes si nous avions eu vent de cette nouvelle au moment opportun : le 10 octobre 2022 est décédée à Genève où elle résidait depuis 50 ans Anita Kerr, âgée de 95 ans, bon d'accord, mais quand même. Et pour ceux qui n'auraient jamais croisé son nom sur nos pages, ce qui relève du surnaturel puisqu'elle est partout, Anita fut la femme derrière pratiquement tout ce qui s'enregistra à Memphis dans les années 50 jusqu'au milieu des années 60, réglant les arrangements et les choeurs de titres pour Elvis, Patsy Cline, Willie Nelson, Roy Orbison, Gene Autry ou Brenda Lee.
Et lorsqu'elle fut lasse de l'ombre, elle déménagea à Los Angeles, avec dans ses valises son groupe de choristes et devint la première dame des harmonies et des contrechants. En compagnie de son quartet ou de son choeur, elle enregistra plus d'une trentaine d'albums entre 1964 et 1977, remporta des Grammys, fut la première femme à composer une musique de film, tourna dans le monde entier et fonda à Montreux un studio d'enregistrement qui deviendra celui du groupe Queen. Et pour tout cela : reconnaissance éternelle.
Pour ajouter à son extrême suavitude, Anita jouait occasionnellement les mentor. En 1969, elle faisait découvrir au monde Teresa Bennett, alias Teresa, 18 ans, guitariste et compositrice dont elle pensait le plus grand bien. L'album qu'elle produisit pour elle n'alla nulle part mais en compensation, Anita l'engagea dans ses choeurs. Ce qui nous permet d'avoir un "Spooky" de plus, ce qui est toujours bien pratique. Et en plus c'est très frais.