jeudi 16 juillet 2009

Les très suaves heures de l'histoire contemporaine : "la guerre des pin-ups en posters" !

Beaucoup moins médiatisée que la seconde guerre mondiale, la prise de Diên Biên Phù ou l'attaque de la Baie des Cochons, "la guerre des pin-ups en posters" fit pourtant de nombreuses victimes dans les premières lueurs des années 80. On en distingue les prémices en 1972 lorsque le magazine Cosmopolitain décida de consacrer sa page centrale à ça :


Burt Reynolds, nu, sur une peau de bête... c'était la première fois qu'un acteur de grande envergure exhibait la presque totalité de son anatomie. Les ventes du magazine et les esprits s'échauffèrent dans des proportions que personne n'avait imaginé. Et le poster se retrouva épinglé avec une frénésie qui fit frôler la pénurie de punaise.

Coup de pub pour Cosmo et Burt, le ver était cependant dans le fruit : un peu ou beaucoup de chair en poster pouvait donc rendre les gens fous. Après avoir longuement mûri son projet, en 1976, une compagnie du nom de ProArtsInc décide qu'il est temps de lancer une offensive posterienne de grande envergure sur la totalité du territoire américain. Elle contacte un agent hollywoodien qu'elle charge de trouver le leurre parfait et le résultat sera ceci :



La "jeune" Farrah Leni Fawcett de Corpus Christi, Texas, âgée tout de même de 29 ans et tentant depuis 10 ans de percer à Hollywood, allait se retrouver distribuée à 12 millions d'exemplaires et devenir la feuille pliante la plus vendue dans le monde.

Le doute n'était plus permis : l'avenir, c'était la pin-up en poster. Mais que pouvait-on faire de mieux qu'une blonde en maillot rouge et tétons pointés ? Pas grand chose, comme se rediront les producteurs d'Alerte à Malibu en 1989. La riposte devait prendre tout le monde par surprise : ce seront des garçons.



Jon-Erik Hexum et Gregory Harrison, aussi blond que l'autre était brun, avait des parcours similaires avant qu'on décide de les lancer en tant que subtitut au papier-peint. Tous deux possédaient des physiques agréables, une grande ambition et un talent dramatique relatif. Ils voulaient approcher les lumières du monde suave du show-business mais ne s'y prenaient visiblement pas comme il fallait. On leur en fit rapidement comprendre la raison : ils gardaient leurs vêtements ! Gregory fut le premier à s'engager en tournant en 1981 un téléfilm intitulé "For Ladies only" sur la difficile existence des stripteasers males (nous sommes alors en pleine vague Chippendales). Deux ans plus tard, Jon-Erik enfilait les très courts costumes d'un mannequin homme dans "the making of a male model" où il évolue essentiellement torse nu. Et ce fut l'avalanche de posters :



On trouva même judicieux de rendre hommage à la belle blonde à qui ils devaient tout :



Allait-il y avoir un vainqueur ? Jon-Erik ou Gregory ? Le blond ou le brun ?

La réponse fut très déconcertante : ce fut Farrah ! Car une femme peut poser en bikini et faire carrière, enfin un certain type de carrière, un homme ne le peut pas. Jon-Erik se vit après cela offrir le rôle d'un ex-mannequin devenu agent secret dans la série "Cover up". Il y apparaissait rarement habillé. En 1984, il s'amusa sur le tournage à la roulette russe avec une arme pourtant chargée à blanc, six jours plus tard il était déclaré cérébralement mort. Grégory lui tenta de se redonner une crédibilité en apparaissant dans toutes les séries télévisées qui voulaient bien de lui. L'année dernière il tournait aux Etats-Unis dans la comédie musicale Chicago : Poughkeepsie, DesMoines, Charlotteville...

De toutes les façons le combat était perdu d'avance. L'homme n'est pas fait pour être une pin-up. L'homme ne peut pas être une Barbie. L'homme est incapable de se transformer en tête à coiffer. Toutes ces choses si suaves qui arrivèrent à Farrah Fawcett.

mardi 14 juillet 2009

14 juillet : Soyons-Hexagonal !







Et si ça, ça ne vous donne pas envie de chanter La Marseillaise...




Que faire un jour férié ? Des sleevefaces !

Vous en avez entendu parlé, vous allez en entendre parler : le sleeveface est l'activité suave du moment, d'autant plus suave qu'elle ne sert à rien ! Il vous suffit pour la pratiquer de très peu de choses : un appareil photo, des vinyls 33T et un être humain (mais je pense que c'est envisageable avec un animal ou un enfant). Superposez le vinyl et l'être humain (ou l'animal ou l'enfant) en jouant sur l'effet de perspective et voilà : vous pouvez admirer le résultat. Attention cependant : n'importe qui peut réaliser un sleeveface sans intérêt. Un sleeveface renversant nécessite de la réflexion, beaucoup d'humour et un chouia de préparation. Ceux qui suivent atteignent un rare degré de suavité et ont odieusement été emprunté sur Flickr, une mine en la matière.



Soyons-Suave vous souhaite une joyeuse fête nationale.



Mais attention tout de même avec les explosifs.

lundi 13 juillet 2009

Qui suis-je ?


Une seule indication pour ce nouveau quizz dont la facilité est presque insultante : j'aime les cornets à une boule.

Bientôt le 14 juillet : et pourquoi pas un buffet ?




Entre nous : c'est beaucoup plus simple et ça fait toujours plaisir.

Ann Miller, une femme suavement entourée.

Imaginons. Nous sommes dans les années 50. Vous êtes jeune, vous êtes belle, vous êtes déjà formée... ah oui : et vous êtes de sexe féminin. Si en plus vous possédez une ébauche de talent dans un domaine artistique quelconque : chant, danse, comédie, natation, patinage artistique : vous pouvez prétendre à devenir une grande star à Hollywood. Il vous reste cependant quelques formalités à accomplir : changer chez vous ce qui n'est pas cinématographique (dents, cheveux, nez, oreilles...), passer un moment dans le bureau du directeur du studio prêt à vous prendre sous contrat et vous faire rebaptiser, si d'aventure vous êtes née avec un patronyme ridicule. Lucille leSueur ou Emilie Chauchouin, c'est tout de même moins suave sur une affiche que Joan Crawford ou Claudette Colbert, pour ne prendre que ces deux exemples.

Vous pensez, une fois tout cela fait, que vous allez enfin pouvoir passer devant les caméras : que nenni. La plus grande des épreuves vous attend : la séance de photo publicitaire ! C'est elle qui va créer le mythe, définir l'image dont vous allez parfois être prisonnière pendant des années, mais en tout cas faire de vous une déesse.

La petite Clara Collier va suivre ce parcours en arrivant de son Texas natal et c'est sous le nom d'Ann Miller qu'elle va devenir la reine incontestée des claquettes au féminin au sein de la Métro Goldwin Mayer. Elle va donc être photographiée inlassablement, à un détail prêt. Alors que la plupart de ses consoeurs vont avoir droit à des portraits impeccables, sublimement éclairées et parfaitement maquillées, Ann va devoir affronter, au cours de ses séances, divers objets et mises en scène dont le sens reste, encore aujourd'hui, un peu mystérieux. Ne lui faisait-on pas assez confiance ? Voulait-on faire d'elle l'impératrice de l'accessoire, quand une paire de chaussures aurait été suffisante ? Quoi qu'il en soit le résultat est là, et c'est ce qui distingue l'apprenti-starlette de la grande actrice, Ann est, en toute occasion, absolument suave.


Avec une grosse horloge posée à terre marquant bientôt minuit.


Avec non pas un mais deux violoncelles.


Entourée de portes battantes donnant sur un mur.


Avec un perroquet dessiné mais qui lui a aimablement offert quelques plumes qu'elle s'est empressée de transformer en chapeau.


En compagnie d'un militaire lisant un journal sur une plage assis sur une chaise neo-empire.


Entourée de fleurs en pot assoiffées mais blanches, symbole de pureté.


Entre deux obus qu'elle aura bien du mal à introduire dans sa mitraillette.


Heureusement, pour sa dernière apparition sur un écran en 2001, on offrit à Ann un dernier accessoire et il était pour une fois de bon goût. Il s'agissait de Naomi Watts, dans "Mulholland Drive" de David Lynch.

Il fait beau, c'est lundi : commençons par un sourire !

dimanche 12 juillet 2009

Est-il suave de s'oublier dans sa culotte de rire ?

A priori la réponse est simple : non ! Ce n'est pas suave. Sauf devant Craig Russel et sa version de "Fever" de Peggy Lee.


Vacances différentes : prenez un motel !

L'autre métier suave de Jayne Mansfield

Pour avoir vu sa photo apparaître de son vivant dans plus de 2500 magazines, il est inéluctable que peu de choses concernant Jayne Mansfield soit resté dans l'ombre. Oui, elle fut "miss Lampe au Magnésium" et "miss Semaine de prévention des incendies", oui, son QI était estimé à 163 et elle parlait 5 langues, oui encore elle fut la première actrice connue à apparaître nue dans un film hollywoodien et à poser pour Playboy. Si vous êtes de plus des fidèles de Soyons-Suave, vous avez pu visiter le palace rose qui faisait sa fierté avec son lit et sa piscine en forme de coeur. Donc vous n'ignorez rien de ses talents de décoratrice.

Mais en plus de ses presque 30 films en 13 ans de carrière, Jayne Mansfield exerça la très suave profession d'embellisseuse de pochettes de disques, essentiellement pour des albums de musique d'ambiance, à écouter tard le soir, avec relativement peu d'éclairage et si possible accompagné : la fréquentation en solitaire d'une peau de bête étant assez déconseillée, surtout en cas de dépression passagère due à un célibat non désiré.













Ces albums font aujourd'hui la joie des collectionneurs. Inutile sans doute de préciser que les disques en eux-mêmes sont assez rarement écoutés.

Comment ? Nous aurions oublié de parler de son tour de poitrine ?

La fin du quizz



Aussi incroyable qu'il puisse paraître, il s'agissait bien de Debbie Reynolds imitant Barbra Streisand, une petite fantaisie qu'elle effectue dans son tour de chant depuis les années 60 et qui n'a visiblement pas pris une ride puisqu'elle a enchanté le public du Carlyle Hotel de New York pendant presque trois semaines en juin dernier avec exactement le même numéro. C'est Music Man qui voit son nom s'afficher en blanc sur noir dans Soyons-Suave. Une envie particulière de cadeau suave ?

La question du jour : Dany est-il un prénom suave ?

Dany Saval
Dany Robin
Dany Carrel
Dany Boon

Il semblerait, mais cela va nécessiter de plus longues recherches et sans doute des années d'investigations, qu'à première vue, cela dépendrait du sexe...